POINTS PRINCIPAUX DE LA CAUSERIE

 

donnée le 25 février 2001 par

 

ANIL KUMAR

 

 

ATTENDRE EST SPIRITUEL

 

 

  OM…OM…OM…

 

Sai Ram,

 

Salutations aux Pieds de Lotus de Bhagavan,

 

Chers frères et sœurs !

 

 

De tous les maux, l’orgueil occupe la première place. L’orgueil est le premier ennemi de tout aspirant spirituel. L’orgueil mène le chercheur spirituel à la ruine, à la chute totale. De tous les ennemis, l’orgueil est le numéro un ! Les autres ennemis le suivent rapidement, les uns après les autres. Si nous ne tolérons pas le premier ennemi nous serons à l’abri des autres. Nous devons être particulièrement attentifs en ce qui concerne le premier, l’orgueil.

 

Mes amis, un miracle arrive dans notre vie pour nous donner accès à la Demeure de la Divinité. Nous en venons à connaître Dieu, nous faisons connaissance de Bhagavan grâce à un miracle. Lorsque nous sommes désespérés, lorsque nous sommes sans espoir, lorsque personne n’est prêt à nous aider – que nous sommes sans secours, sans refuge – à ce moment-là un miracle se produit.

 

Il y a toujours un but sous-jacent au miracle. Un miracle nous fait pénétrer au cœur de la Divinité. Un miracle est une porte, une porte cochère ; il n’est pas le but suprême. Nous ne pouvons espérer que des miracles arrivent tout au long de notre vie. Si cela se produisait, si chaque accident était empêché, si chaque mort était épargnée, si toutes les calamités étaient complètement enrayées, la Loi de la Nature ne serait pas strictement respectée. La Règle de la Création ne serait pas respectée par le Créateur Lui-même. Il interfèrerait. Il arrangerait ou manipulerait ou fausserait Sa propre Loi divine. Il ne le fera pas.

 

Ainsi donc, mes amis, soyons très clairs, un miracle est seulement la porte qui nous permet de pénétrer dans la Demeure de la Divinité. Toutes les autres choses, les choses précieuses, arrivent dans la vie lentement, quand nous suivons Ses Enseignements. Plus nous les suivrons, plus les autres choses arriveront. C’est pourquoi beaucoup de gens disent, “Monsieur, au début j’ai eu une merveilleuse expérience. A présent, je n’en ai plus aucune.” Au début, cela arrive par Sa Grâce. Plus tard, notre effort est requis. Notre effort est attendu. Par conséquent, les événements et les expériences ultérieurs sont basés sur notre effort.

 

Le plus grand miracle concerne notre attitude. Il n’est pas une manne tombée du ciel ni un coffre au trésor qui vient à nous. Beaucoup de gens obtiennent de l’argent. Ce n’est pas un miracle. Le miracle réside dans l’attitude que vous avez envers la vie, le genre de relation que vous établissez, la façon dont vous êtes équanimes, comment vous respectez les autres. C’est cela le plus grand miracle. Vous n’êtes pas troublés. Vous n’êtes pas confus. Vous n’êtes pas désorientés par certaines choses qui vous auraient vraiment frustrés si vous n’étiez pas un fidèle.

 

Je répète : une chose toute simple nous agiterait. Une situation inattendue troublerait à coup sûr notre paix mentale. Mais, étant venus à Bhagavan, nous avons appris comment accueillir ces choses-là. Nous avons appris comment les accepter. Nous ne nous rebellons pas. Nous n’usons pas de représailles. Nous ne réagissons pas. Nous ne sommes pas vindicatifs. Jour après jour, nous avons développé l’esprit ou l’attitude de l’acceptation. C’est le miracle le plus important ! Pouvoir accepter n’importe quelle situation avec joie, avec bonheur, avec bonne volonté et inconditionnellement, est le miracle le plus notable de Bhagavan Sri Sathya Sai Baba.

 

Avant d’entrer dans le détail de la causerie de ce matin, je voudrais attirer votre attention sur un autre point. Nous ne sommes pas certains que Bhagavan nous regardera. Il peut ne pas le faire. Nous ne sommes pas sûrs qu’Il prendra notre lettre. Nous ne sommes pas certains d’obtenir l’interview. Cependant nous sommes sûrs d’une chose – ATTENDRE et ATTENDRE ! -  (rires). Si je suis suffisamment astucieux et parviens à occuper le premier rang, à occuper une place avantageuse, si je tente de montrer ma lettre, le Bon Seigneur préfère dire, “Attends, Attends.” (rires). Quand nous avons désespérément besoin de Lui, quand nous avons besoin de Son conseil immédiat, si nous reprenons un peu courage et nous levons, la réponse divine est, “Attends, Attends !”

 

Qu’est-ce donc que cette attente ? Qu’appelez-vous “attente” ? Permettez-moi de dire quelques mots à ce sujet parce que c’est très important et intéressant. Lorsque Swami nous demande d’attendre, que veut-Il transmettre par ce mot “attends” ? S’agit-il de quelque chose comme attendre un travail ? S’agit-il d’attendre comme on attend le prochain vol à l’aéroport ? Oui, nous attendons aux aéroports pour prendre un vol. S’agit-il de ce genre d’attente ?

 

Pour prendre le train, j’attends sur le quai de la gare. Est-ce le genre d’attente dont il s’agit ? J’attends une promotion. J’attends un entretien avec vous. Est-ce quelque chose de semblable ? Qu’est-ce que l’attente ? Que signifie “attends” ? Pourquoi Bhagavan dit-Il “attends” à tout le monde ? S’Il ne vous le dit pas, quelque chose ne va pas chez vous ! (rires), mais il n’y a rien à redire en ce qui concerne Swami !

 

Nous devrions donc être heureux d’entendre cette parole “Attends, Attends.” Nous devrions être si heureux. Nous devrions prendre cette attente comme une chose positive. L’attente est positive. L’attente n’est pas négative. Parfois nous sommes déprimés. Parfois nous sommes mécontents. Parfois nous sommes écoeurés, davantage encore quand notre voisin obtient une interview ! (rires). Le plus souvent, quand une personne que nous n’aimons pas obtient une interview, notre pression sanguine monte en flèche ! (rires).

 

Ainsi, cette attitude, cette attente est un miracle. Quand Bhagavan dit, “Attends, attends !” C’est positif. Bhagavan est positif. Notre corps est négatif. Nos sens sont négatifs. Le Mental est négatif. L’Intellect est négatif. Mais la Divinité en nous est positive. Cette Divinité positive en nous est Bhagavan Lui-même. Et ce Bhagavan, cette Divinité en moi qui est entièrement positive me dit d’attendre. Dès lors, comment cette attente peut-elle être négative ? Impossible ! Un bijou, un ornement fabriqué à partir de l’or est obligatoirement en or. Un pot fait à partir de terre glaise est nécessairement un pot en terre glaise. Leur matière de base sera présente. Ainsi, notre Dieu positif nous dit d’attendre. Cela signifie qu’attendre est positif. Je pense être clair.

 

Nous nous sentons tellement mal parce que notre mental est négatif ; comme notre mental est négatif, il voit l’attente comme étant négative et endure la peine et la souffrance. Apprenons dès maintenant qu’attendre est une chose positive.

 

Second point : attendre est spirituel. Nous ne voulons pas attendre parce que nous avons de la nourriture dite à ‘préparation rapide’ : 10 minutes, 5 minutes, de la nourriture quasi instantanée ! Café soluble instantané, interview instantanée, libération instantanée (qui s’en irait aussi instantanément !) (rires). Tout ce qui s’obtient sur le champ, s’en va aussi immédiatement ! Toute chose qui vient facilement s’en va beaucoup plus facilement qu’une autre. Ainsi, mes amis, sachons qu’attendre est spirituel. Ce n’est pas quelque chose de spontané ni quelque chose d’instantané. Ce n’est pas comme cela. Attendre est spirituel.

 

Troisième point : Attendre est discipline. La plupart d’entre nous ne sont pas habitués à la discipline et sont agités. “Laissez-moi me lever, que j’aille m’asseoir là parce que Swami viendra probablement de ce côté”. Ou bien “Laissez-moi venir ici et parler à une personne qui a eu une interview afin qu’elle me donne quelque secret, quelque processus, quelque dynamique ou quelque technique sur la manière d’obtenir une interview !”  Nous parlons aux gens et allons d’un endroit à l’autre lorsque nous sommes incapables d’attendre. Ainsi, attendre est la discipline qui veut que nous nous asseyons là, qui demande que nous restions là où nous sommes, paisibles, imperturbables.

Attendre est positif. Attendre est spirituel. Attendre est discipline.

 

Quatrième point : Comment devrions-nous attendre ? Combien de temps devrions-nous attendre ? “J’ai attendu 20 ans”. Je l’ai dit à maintes reprises et néanmoins je n’ai pas honte de le redire plusieurs fois. J’ai attendu sept longues années. Au cours de ces sept années, Bhagavan ne m’a jamais regardé. J’étais non-existant, (rires), un vacuum, un vide. C’est tout. J’étais ‘évité’. Je fus non-existant pendant sept ans. Swami demandait à tout le monde, “Toi, lève-toi ! Toi, lève-toi !” comme si je n’étais pas là (rires). Par ailleurs, pendant quatre ans Il a évité toute la rangée où j’avais l’habitude de m’asseoir. (rires). Tous mes voisins, tous mes amis furent favorisés ! Ceci dura sept ans.

 

Cette sorte d’attente ne doit pas se calculer en termes de temps. Nous ne devrions pas calculer l’attente en termes de temps parce que certains disent, “J’ai attendu six mois !” “Oh !” D’autres disent, “J’ai attendu deux ans !” ou “Je viens ici depuis sept ans, attendant ici, chaque fois pendant un mois.” Ceci veut dire que nous calculons, que nous mesurons. Nous estimons l’attente en termes de temps. Par conséquent, nous souffrons, nous sommes frustrés.

 

L’attente ne doit pas être considérée ni mesurée en termes de temps parce que Dieu est au-delà du temps. Dieu est sans temps. Le temps n’est relié qu’au mental. C’est seulement le mental qui vous dit qu’il est 10h30. C’est le mental qui vous dit qu’il est 11h. C’est le mental qui évalue le facteur temps, vous dit l’heure à laquelle vous partez, combien de temps vous devriez consacrer à quelque chose, quand vous devriez être là, quand vous devriez quitter les lieux. C’est le temps qui dit. Le mental est le temps. Le temps est le mental. Mais Dieu est au-delà du mental. Ainsi, Dieu est appelé Acinta : cinta = la pensée, acinta = au-delà de la pensée. Dieu est Acinta, au-delà de la pensée, au-delà du mental. Ce qui veut dire que Dieu est sans temps. Dieu est au-delà du temps. Par conséquent, calculer, “pensez donc, j’ai attendu ici depuis midi sous le soleil brûlant… j’ai attendu ici jusqu’à six heures du soir…” n’est pas d’application.

 

Tout comme les roupies n’ont pas de valeur en Amérique où les dollars en ont, de même, dans ce “compte-courant d’échange spirituel”, le temps évolue à travers les jours, les mois et les années. Mais ceci n’est pas valable dans le monde spirituel. Non. Ici, il y a deux comptes : le compte du monde pour tous les immigrants et le compte qui mène à Dieu. Porte 1 et Porte 2 peut-on dire. Ainsi, la Porte 1 (le monde), requiert votre “temps”, mais à la Porte 2 (le Divin), il n’y a pas de “facteur temps”. Soyons convaincus qu’attendre n’a rien à voir avec le temps. Pourquoi ? Parce que le temps c’est le mental. Dieu est au-dessus du temps. Dieu est sans temps. Dieu est le Maître du Temps.

 

Alors qu’est-ce que l’attente ? En d’autres circonstances, du point de vue terrestre (Porte 1), si l’attente se prolonge, elle agace. Supposons que je dise, “Je voudrais vous rencontrer à 10h.”. Vous attendez : 10h30, 11h., 11h30… vous attendez. A 12h vous dites, “Ca ne vaut pas la peine d’attendre Anil Kumar plus longtemps !” Vous n’avez pas envie de m’attendre davantage parce que l’attente prolongée révolte. Nous sommes contrariés s’il nous faut attendre longtemps quand cela concerne les choses du monde.

 

Mais, en spiritualité, une période d’attente prolongée apaise. Elle stimule. Elle élève. Elle est sublime. Elle est extase. Cette attente est une danse. Cette attente est un chant. Cette attente est une mélodie car elle contient de la joie. Cette attente contient la béatitude. Cette attente contient l’aspiration, l’espoir – quelque chose comme l’attente du Bien-Aimé.

 

Le mari est parti ailleurs pour six ans, loin de sa femme. Elle attend et attend, attend et attend, jusqu’à ce qu’il revienne. Elle n’attend pas avec un sentiment de révolte. Une femme qui attend avec un sentiment de révolte n’est pas en attente. Quelque chose ne va pas. Vous devez vous interroger sur le motif sous-jacent à son sentiment. La Bien-Aimée attend celui qui lui est cher. Nous attendons dans la joie ceux qui nous sont proches. Lorsque Bhagavan est attendu à 10h. nous arrivons à 6h. du matin. Nous connaissons le “Pûrnâhuti”(l’offrande complète), les gens  arrivent sur place dès 5h30. Nous voyons des gens assis là dès 6h ou même 4h30 !

 

Mais je n’ai vu personne qui soit agacé ou fâché, avec une mine de buveur d’huile de ricin ou  le visage fatigué. Non ! Nous sommes très heureux d’attendre Bhagavan ! Pourquoi ? Attendez-vous un vol de cette façon ? Voyons ! Personne ne le fait ! Si vous devez attendre une heure, vous portez l’affaire en cour de justice parce que vous risquez de perdre votre travail ! (rires). Par ailleurs, vous mettrez sur Internet, “Il vaut mieux que vous ne preniez pas cette compagnie aérienne parce vous aurez une éternité de retard !” (rires).

 

Ainsi, ailleurs nous nous révoltons. Nous nous inquiétons. Nous nous fatiguons à attendre. Mais quand il s’agit d’attendre Dieu, nous frissonons de joie ! Il naît en nous une excitation ! L’attente est joie. L’attente est bonheur. L’attente est une danse. L’attente est une musique mélodieuse. Ailleurs, quand nous attendons, que faisons-nous ? A l’aéroport ou sur le quai de la gare que faisons-nous quand nous sommes censés attendre ? Nous cherchons le kiosque à journaux, nous cherchons la cafétéria. Nous cherchons le cireur de chaussures. Aux USA, j’ai vu des gens assis, détendus sur la chaise, se faisant cirer les chaussures. Bien. C’est une bonne façon d’attendre. Ainsi, on peut attendre comme ça, en allant à la cafétéria boire un “Sprite” ou un “7-Up”, quelque chose qui nous convient.

 

Mais, dans ce processus d’attente spirituelle, vous n’allez nulle part. Vous ne parlez à personne. Vous n’avez pas besoin d’une boisson non-alcoolisée ou chaude. Vous n’avez besoin de rien. Vous fermez les yeux. Vous vous intériorisez. En attendant, vous réfléchissez sur vous-même. Cela signifie que l’attente est méditation ! Dès lors, qui dira, “Je ne veux pas attendre !” Personne ne peut le dire car attendre est méditation. Vous rentrez en vous-même. Vous fermez les yeux. Vous souhaitez être seul avec vous-même. Vous ne souhaitez pas être dans la foule. Vous ne voulez pas être au milieu de beaucoup de gens. Vous ne voulez pas être dérangé. Vous voulez être seul. Vous voulez réfléchir. Vous désirez vous concentrer. Vous voulez penser à Dieu. Vous souhaitez lire la Littérature Sai. Ceci est méditation. Ainsi, attendre est méditation. Attendre est bonheur. Attendre est spirituel. Attendre est discipline. Attendre est joie. Dieu souhaite que nous attendions dans la joie. Dieu souhaite que nous attendions dans l’extase afin de pouvoir Se manifester. Dieu Se manifeste lorsque nous attendons dans la joie.

 

Ainsi, vint un jour où, absolument contrarié, de très méchante humeur, un peu frustré, je suis arrivé avec une longue mine car je me sentais très mal. Swami parlait à tout le monde, Anil Kumar excepté, comme si j’étais un gangster. (rires). Je me sentais si mal que j’avais une mine de carême. Soudain, Bhagavan me demanda, “Lève-toi ! Traduis !”

 

D’accord ! Qu’a-t-Il dit ? Il donna une conférence générale. Maintenant vous savez à qui celle-ci était destinée ! (rires). Qu’a-t-Il dit ?

 

“Dieu ne regardera pas ces mines sérieuses !  (rires) Dieu déteste les mines de buveurs d’huile de ricin ! (rires) Dieu ne Se dirigera pas du côté où il y a des mines graves !”

 

Je pensais en moi-même, “O bon Seigneur, Tu peux me parler directement. Pourquoi généralises-Tu les choses ? (rires). Pourquoi ? Tu peux me dire directement : ‘Riez Mr Anil’”. Ensuite, je me suis dit, “Certains de mes représentants se trouvent là aussi, dans l’assemblée. (rires). Certains peuvent entrer dans cette zone dangereuse de la gravité, de la tension et de la colère. C’est peut-être pour empêcher cela, que Swami a fait cette déclaration en public.”

 

Ainsi, lorsque nous attendons sans conditions, lorsque nous attendons dans la joie, lorsque nous attendons tranquillement, au moment où vous ne ressentez pas que vous attendez, l’expérience arrive ! Au moment où vous ne savez pas, au moment où vous oubliez que vous attendez, l’expérience arrive, l’expérience se produit. Toutes ces expériences spirituelles sont les événements, non nos faits et gestes. Toutes les choses humaines sont des faits et gestes. Aller au Collège est un acte, ce que je fais. Entrer dans la cuisine et manger est un acte. Je fais. Ainsi, toutes les activités humaines sont “faites”, sont nos “faits et gestes”. Mais les choses spirituelles ne sont pas faites, elles se produisent, simplement.

 

Ainsi, les expériences spirituelles arrivent une fois que nous oublions, lorsque nous sommes inconscients, lorsque nous sommes oublieux de cette attente. Soudain, hier… je vais vous raconter la dernière de ces expériences ! Un de mes collèges, un très jeune homme, a rejoint le collège il y a huit ans. Swami ne lui a pas parlé durant ces huit années. Il ne s’agit pas d’une courte période. Nous avons quelques aînés qui ont attendu pendant quatorze ans ! Au cours de ces huit ans, il n’a pas parlé à Swami ! Mais, néanmoins, cet homme est tout à fait heureux. Pour une raison quelconque, il vint s’asseoir parmi nous ces deux derniers jours. J’encourage toujours les garçons à venir aussi près que possible. Je ne souhaite pas être un obstacle, ni faire obstruction à quiconque. Je sais quelle souffrance c’est du point de vue terrestre ! Je lui dis simplement, “Viens, viens !”

 

Hier, subitement, Bhagavan dit, “Viens ici,, comment vas-tu ?” Mon collège pensait, “Est-ce moi qu’Il appelle ou est-ce quelqu’un d’autre ?” Parce que bien sûr il ressentait, “O Dieu, que T’arriva-t-il pendant ces huit années !” (rires). Il regardait de tous côtés. “Hé ! Je t’appelle. Viens, viens” dit Bhagavan. Il le bénit et matérialisa pour ce garçon un diamant serti sur une bague. C’est un exemple, une illustration de ce que je viens de dire. L’expérience spirituelle se produit, la Divinité Se manifeste au moment où nous oublions le temps, ou moment où nous oublions que nous attendons, quand nous n’espérons rien.

 

Voici un simple exemple. Vous avez peut-être entendu parler de la philosophie Zen et des saints Sufi. Une femme faisait partie de cette association philosophique, c’était une grande philosophe. Elle ramenait l’eau du puits dans deux pots. Ce matin-là, alors qu’elle ramenait l’eau, par malchance les deux pots tombèrent sur le sol et se brisèrent. L’eau était là, répandue sur le sol. La femme voulait la ramener à la maison, mais elle se répandit sur le sol quand les deux pots se brisèrent. Cette femme se mit à danser et à chanter. Tout le monde se dit que quelque chose n’allait pas. (rires). Les gens pensaient, “Les deux pots cassés l’ont rendue folle.” Quelqu’un osa lui demander, “Ecoute, nous ne savons pas pourquoi tu danses. Les deux pots sont cassés, c’est une raison suffisante pour te sentir mal. Alors, pourquoi danses-tu ? Pourquoi chantes-tu ?”

 

Cette moniale Zen, cette femme dit, “Les deux pots cassés, cela signifie pour moi que ce pot, mon corps, devrait aussi se briser. Mon corps est un pot qui devrait également se casser. Cette eau se met à couler dans toutes les directions, alors que jusqu’à présent elle était conditionnée à être dans le pot. L’eau était contrainte dans le pot. L’eau était limitée par la forme et la taille du pot. Maintenant, elle s’écoule librement dans toutes les directions ! Lorsque le récipient de mon corps se casse, le Soi Suprême en moi S’en va librement dans l’atmosphère. L’Etre Suprême Se fond avec l’environnement tout entier. Je suis heureuse,voilà pourquoi je danse.”

 

Elle ramenait l’eau chaque jour. Comment l’illumination est-elle arrivée à ce moment-là ? Les choses arrivent toujours comme cela. Une expérience spirituelle, un éveil spirituel, une illumination spirituelle ne se signaleront pas, ne donneront aucun coup de téléphone. Il ne s’agit pas d’un appel téléphonique ni d’une cloche de gare. Il ne s’agit pas d’une sorte d’annonce comme, “A l’aéroport, le vol partira dans 10 minutes. Excusez-nous pour le retard.” Il n’y a rien de semblable en ce qui concerne l’expérience spirituelle. Il n’y a ni annonces ni bulletins. Soudain, l’illumination spirituelle arrive. La même chose s’est produite pour Guru Nanak, pour Kabir et pour Tulsidas. Pour tous ces saints, elle arriva au moment où ils n’étaient pas conscients. Ainsi, mes amis, attendre est un processus où nous devrions oublier que nous attendons. Vous attendez et oubliez que vous attendez. Parce que si vous avez conscience que vous attendez, vous vous révoltez

 

Pourquoi luttons-nous contre cette attente ? Bon nombre de gens ne veulent pas attendre. Pourquoi ? Qu’est-ce qui fait que nous éprouvons tant de mal à attendre ? Analysons. C’est le mental qui en est la cause car le mental nous dit, “Tu as attendu 4h. – c’est un gaspillage de temps ! Lève-toi !”, ou “Tu as attendu quatre mois. Swami ne t’a pas regardé. Viens, pars !” Ainsi, c’est le mental qui se bat. C’est le mental qui s’agite. Il s’agit de quelque chose comme un caillou tombé dans le puits. Un caillou tombé dans le puits produit ondes après ondes qui finissent par recouvrir le puits tout entier.

 

De même, le mental perturbe. Le mental questionne. Le mental n’accepte pas d’attendre. C’est la raison pour laquelle notre mental s’efforce toujours de découvrir la méthode facile. Par exemple : Comment se faire de l’argent en un mois ? Avoir une imprimerie, fabriquer des billets de banque de 500 roupies et devenir un homme riche. Oui. Comment passer facilement l’examen ? Inscrivez les réponses à la maison. Donnez-les dans le hall d’examen. Vous serez reçus.

 

Ainsi, nous remarquons que beaucoup de choses se passent de cette façon – le marché noir, la corruption, même au moment des élections, oui, des votes sont truqués. Cela m’est arrivé il y a déjà plusieurs années. Quand je vins dans l’isoloir pour voter, ils m’ont dit, “Tu as déjà voté. Pourquoi viens-tu ?” (rires).

“Non, je viens ici seulement maintenant.”

Non, non, regarde, c’est marqué.”

Ainsi, un bon ami a dû voter pour moi ! (rires) Si je l’avais su, je serais resté à la maison !

 

Ainsi, mes amis, nous voulons gagner les élections. Nous voulons devenir riches très vite ou avoir notre nourriture très rapidement. Mais ceci n’est rien d’autre que le jeu de notre mental de singe. Quand le mental de singe arrêtera son activité, quand il n’interférera plus, alors seulement nous serons heureux d’attendre plus longtemps. Je ne suis pas capable d’attendre parce que mon mental continue à travailler. Quand mon mental est au repos, je peux attendre.

 

Ensuite, le cœur fonctionne. Quand le mental est au repos, le cœur se met à fonctionner. Le cœur a attendu. Ce mental de singe parvient à faire de cet homme un singe. Il bondit de tous côtés ! Bien, observons cet homme. Il est très fatigué, complètement épuisé. Il s’assied et le mental s’apaise, le mental se stabilise. Le mental n’est plus en mesure de commander parce qu’il est très fatigué. A ce moment, le cœur assume la responsabilité de toute l’activité. Quand le Président est hors de la ville, le Vice-Président assure la gestion de la ville. Cela arrive. Quand le Principal est en congé, le Vice-Principal prend la gestion en mains. Parfois, le Vice-Principal administre mieux que le Principal ! (rires). Le Principal s’en trouve aidé ! (rires).

 

Ainsi, quand ce mental de singe se tient tranquille, cela nous aide beaucoup. Un mental qui se calme est la plus grande aide car, ensuite, le cœur assume la direction. A ce moment-là, le cœur prend le commandement. Une fois que le cœur assume la responsabilité, nous sommes vraiment très heureux d’attendre. Le mental ne nous aide pas à attendre. Le cœur vous incite à attendre de plus en plus.

 

Le mental est extraverti, il est du monde. Le cœur est intérieur, Nivritti. Le cœur est intérieur tandis que le mental est extérieur. Le mental tourné vers l’extérieur se précipite toujours, il se hâte toujours. Mais le cœur qui est tourné vers l’intérieur, accueille l’attente. Il n’est pas pressé car il se réjouit en sa propre compagnie. Il ne veut personne. Le cœur souhaite être seul. C’est le mental qui désire la compagnie. Le cœur désire la solitude. Le cœur préfère être seul. Le mental se complaît dans la foule. Ainsi, quand ce mental s’arrête, le cœur jouit de cette tranquillité qui est solitude, qui est méditation ; ensuite, il nous emmène vers l’état de Samadhi.

 

L’état de Samadhi est possible seulement si le cœur assure le commandement, pas si le mental dirige. Personne ne peut expérimenter le Samadhi avec le mental car le mental est duel. Le mental est division. Le mental est conditionné. Le mental est rempli de préjugés. Le mental est plein de partis pris. Le mental est égoïste.

 

“Ainsi, Anil Kumar, tu parles de toutes sortes de choses négatives au sujet du mental. Maintenant, pourrais-je être un homme sans mental ?”

Non, non, non. Je ne suis pas contre le mental. La philosophie n’est pas contre le mental. Il faut faire en sorte que le mental soit utile aux buts qu’il est censé servir. Un exemple simple : l’ECG, l’électrocardiogramme, est utile pour connaître la pulsation et la condition du cœur. Vous ne pouvez pas l’utiliser pour connaître la température du corps. D’accord ? On doit utiliser un thermomètre pour connaître la température du corps ; mais il ne comptera pas la pulsation cardiaque. Ainsi, chaque instrument a un but défini. Mais si nous voulons que chaque instrument soit polyvalent, multi-dimentionnel, aucun ne pourra être utile.

 

Ainsi, le mental est utile aussi longtemps que notre vie est concernée. Pour notre vie quotidienne, le mental est utile. Pour la connaissance, le mental est utile. Pour la science et la technologie, le mental est utile. Pour les affaires, le mental est très, très, très utile ! (rires). Pour la politique, le mental est un héros. Mais pour la Compassion, pour la Vérité, la Justice, le Sacrifice, la Béatitude, l’Amour, la Divinité, le mental est inutile. Le cœur devrait prendre le commandement. Parce que nous voulons utiliser le mental pour les deux, nous vivons à moitié.

 

Bhagavan donne un simple exemple. Il s’est trouvé qu’un rat entre dans le tambour d’un musicien. Le rat est à l’intérieur et le musicien joue du tambour. Le rat va d’un côté. Le musicien joue à nouveau, Da-Da, et le rat court de l’autre côté. Ainsi, quand le musicien joue rapidement, Da-da-da-da-, le rat va de ce côté-ci et de ce côté-là ; il fait des allées et venues continuelles.

 

C’est ce que nous faisons ! (rires). C’est ce qui nous arrive à tous ! Pourquoi ? Notre vie est un tambour : ce côté-ci est la spiritualité ; ce côté-là est le monde. Du côté du monde on peut subir quelques pertes, pertes en affaires, revers dans notre travail, retard dans la promotion ou une maladie. Un problème familial quelconque donnera un gros Da-da ! Lorsqu’un gros Da-da-da-da, vient, “nous allons vers Dieu.”. Le rat vient de ce côté-ci ! (rires). Mais quand finalement nous nous tournons vers Dieu, Il ne nous regarde pas. Il ne prend pas notre lettre ! Da-da ! Le rat va de l’autre côté. Le mental dit alors, “allons à la maison !” Ainsi, nous sommes comme des rats, ce côté-ci, ce côté-là, ce côté-ci, ce côté-là, Da-da-da-da ! (rires) Il n’y a aucun endroit où l’on puisse vivre ! Par conséquent, mes amis, utilisons un seul côté. Faisons usage du mental pour le monde. Faisons usage du cœur pour Dieu et la Spiritualité.

 

L’étape la plus élevée se situe au-delà du cœur et est présente en tant qu’Atma, le Soi, l’Âme, la Conscience ou l’Esprit. Les noms sont multiples. Appelez-la Âme, Esprit, Conscience ou Atma, comme vous le voulez. Lorsque vous allez vers la troisième étape, celle de la Conscience, le mental et le cœur n’ont plus d’importance parce que la Conscience a pris la position de Commandant Suprême. Une fois que le Commandant Suprême assume la direction, le cœur et le mental se situent au rang inférieur. Ils doivent se taire : “D’accord, faisons ce que Tu dis”. Le cœur consultera, “O Conscience, dis-moi ce que je devrais faire ?” Le mental est déjà rendu silencieux par le cœur. Le mental est un officier subalterne. Il a déjà fait silence parce que le cœur domine. Une fois que la Conscience gouverne, le cœur doit lui aussi rester silencieux et l’Atma assume le commandement. A présent, la Conscience assume le commandement.

 

Ensuite, qu’arrive-t-il ? Examinons ce qui arrive. Quand le mental commande, bonheur et malheur, profits et pertes, tout relève de l’égoïsme. Tout est égocentrique. Tout est intérêt personnel. Telle est la cible, tel est le but lorsque le mental dirige. Il rend notre vie misérable parce que le matin je suis heureux et le soir je suis malheureux. Je suis heureux le matin parce que j’ai obtenu une interview. Le soir je suis malheureux parce que tu as obtenu une interview ! (rires). Le mental me rend comme cela. Le mental me fait atterrir dans les difficultés.

 

A présent, je me tourne vers le cœur. Comment me rend-il heureux ? Le cœur me donne certaines valeurs comme la Vérité, le sacrifice, la discipline spirituelle, la compassion et l’Amour. Avec lui, je suis heureux. Mais quelquefois, je me sens comme perdu. J’ai fait des sacrifices, mais qu’ai-je obtenu ? J’ai été très vrai, mais en quoi suis-je supérieur à celui qui ne l’est pas ? J’aime et je suis bon. Mais en quoi suis-je meilleur qu’un individu cruel ? Ainsi, à un moment donné, le cœur aussi se posera des questions, que nous soyons vraiment avantagés par le cœur ou non.

 

Mais une fois que vous allez vers l’homme le plus élevé, vers le Général Major, l’Atma, la Conscience, ces deux officiers subalternes que sont le mental et le cœur se taisent car, à présent, ils sont sous le contrôle de l’Armée, c’est-à-dire de la Conscience. Dès que la Conscience s’empare du contrôle, elle assume tout le commandement. Elle se met à dicter Sa Volonté. Que dit-elle ? “Le même Esprit est présent en chacun. Comprends-le !”

 

Oh, je vois. Le mental me dit qu’ils sont mon peuple, qu’ils appartiennent à mon groupe. Qu’ils parlent ma langue. Tchi ! Mon mental dit des choses aussi mesquines que celles-là : les gens de mon district, mon peuple, ma famille, mon, mon, mon… Swami dit :

 

“Si vous répétez “ mon, mon, mon”, cela devient “Maya”, l’illusion. Ainsi, le mental et Maya sont synonymes.”

 

A présent l’Atma dit : “Arrête ce non-sens ! Il n’existe rien de semblable à ce “mien” et “tien”. Tais-toi. Oh cœur, ne doute pas. Je te dis que le même Esprit est présent en chacun. Je suis la graine de toute la Création. Je suis la graine de l’arbre entier de la Création. Vous M’appartenez. Vous existez par Moi. Vous êtes en Moi.” C’est tout. Telle est la saveur de l’Atma. Le mental ne dit pas cela.

 

Par conséquent, mes amis, lorsque nous nous élevons au niveau de l’Atma, il n’y a ni ce mental ni le cœur. Il y a le Super Mental, Super Mind ou le Mental Supérieur Over Mind. C’est ce dont Bhagavan nous a parlé au cours de la fête d’anniversaire. La Conscience ou la Connaissance préside.

 

Une question fut posée à Bhagavan : Où est cette Conscience ou Connaissance ? La Conscience est présente partout. Comment se fait-il que je ne la voie pas ? L’air est présent partout. Le voyez-vous ? Je ne le vois pas. Mais où est l’air ? Partout. Comment le savez-vous ? Je vis. Je suis en vie. Je respire, ainsi, l’air est partout. Par conséquent, la présence de l’air est prouvée par notre processus respiratoire. Le fait que je sois en vie suffit à affirmer qu’il y a de l’air, bien que je ne le voie pas. De même, on ne voit pas la Conscience. Mais le fait que toute chose fonctionne, que toute chose agisse, que toute chose soit pleine d’énergie, que toute chose vibre est entièrement dû à la Conscience.

 

Swami donne un exemple simple : le corps tout entier est matérialisation. Ceci signifie qu’il est composé de matière. Il  est fait des cinq éléments. Il est inerte. Il est passif. Ainsi, le corps est fabriqué à partir de la matière – matérialisé. Et ce corps agit : les mains se secouent. La tête pense. Les jambes marchent. Pourquoi ? En raison de la vibration. Sans la vibration, le corps ne peut agir.

 

Voici un petit exemple : la paralysie. Quand le corps est paralysé, il n’y a plus de vibration ; la personne n’est donc plus capable de soulever son corps librement. De même, pour que la matérialisation agisse, fonctionne, bouge, travaille, la vibration est nécessaire. Cette vibration existe en raison de la Conscience qui est Radiation (Rayonnement). Ainsi, la Conscience est Radiation. La Conscience est Connaissance. La Conscience est Illumination. La Conscience est Eveil. La Conscience est l’Esprit, l’Atma, la Béatitude. Cette Conscience (qui est radiation) se manifeste par la vibration, permettant à ce corps (qui est matérialisation) d’agir.

 

Bhagavan Baba exprime ces choses d’une façon séquentielle, mathématique et merveilleuse ! Les discours de Bhagavan n’ont jamais embrouillé personne. Ils sont tellement clairs : la Conscience est la Radiation qui traverse notre corps (en tant que vibration) et permet à ce corps (les organes et les membres) d’agir et de fonctionner (en tant que matérialisation). Radiation – Vibration – Matérialisation. Suis-je clair ?

 

Maintenant, grâce à cette vibration, le corps est conscient. Le conscient se rapporte au corps – matérialisation. Nous employons ce mot “conscient” de bien des manières. Si nous nous coiffons, si nous nous mettons du rouge à lèvres à l’aéroport ou si, partout où il y a un miroir, nous aimons nous y regarder pour vérifier si nous sommes “bien” (alors qu’en réalité nous sommes affreux !) (rires), nous sommes conscients de notre personnalité. Supposons que je vous regarde soudainement, vous penserez, “Est-ce que j’ai quelque chose qui ne va pas ? Pourquoi me dévisage-t-il ?” Tout-à-coup, vous devenez conscient de vous. Si je vous regarde sans discontinuer, vous devenez conscient de vous-même. Ainsi, conscient se rapporte au corps. Conscient signifie le corps, ou la matérialisation.

 

L’état suivant est la conscience.  La conscience est l’état supérieur, la vibration. La conscience est vibration. Et au-dessus de celle-ci, il y a la Conscience qui est Radiation (Rayonnement). Ainsi, Radiation, Conscience, Esprit, Soi ou Atma est l’état le plus élevé.

 

Ce n’est pas hors du contexte si je vous dis quelle est ma prière d’abandon. Je vous en prie, croyez-moi, je parle du fond de mon cœur. Quand Swami me demande, “Que veux-tu ?” Je ne Lui demande rien car il n’y a qu’une seule chose que je souhaite, c’est de naître encore et encore et encore et parler de Son Message comme ceci. C’est tout. (applaudissements). Naître encore et encore pour parler comme ceci, pour apprécier le frisson, l’excitation, l’extase et la danse dans la mélodie du Message de l’Avatar. Danser sur la mélodie de l’Avatar ! C’est ce que je souhaite. Rien d’autre, car je sais ce que c’est. J’en connais la saveur, parce que nous en jouissons !

Ainsi, depuis le rang le plus haut de l’Atma, l’Esprit, l’Âme, la Conscience, (la Radiation), nous descendons au niveau de la conscience (vibration) et fonctionnons au niveau plus bas du conscient ou de la matérialisation.

 

Toutes ces choses nous amènent à réfléchir au processus de l’attente. Si nous sommes pressés, nous ne pensons pas à la Conscience. Si nous nous hâtons, nous ne pensons pas à la Conscience. Au cours du processus de l’attente, à partir de la matérialisation, nous nous tournons vers l’intérieur, vers la Conscience. Ce processus qui consiste à pénétrer la Radiation arrive au cours du processus de l’attente. Nous pouvons aller de la Conscience à la conscience et au conscient (matérialisation) de la même manière que nous pouvons aller de New York jusqu’à Chicago, de San Francisco jusqu’à Indianapolis. Nous pouvons aller dans n’importe quelle direction.

 

Ainsi, aller de l’intérieur vers l’extérieur est un signe de hâte. C’est le signe que l’on est dans un état d’empressement. Aller du conscient vers la Conscience est un processus qui arrive en cette expérience spirituelle, sacrée, sainte de l’attente. Ainsi, l’attente signifie Contemplation. L’attente signifie Concentration. L’attente signifie Méditation. L’attente signifie désir ardent. L’attente signifie Solitude. L’attente signifie être en prière. C’est en prière que nous L’attendons.

 

Ainsi, mes amis, la période d’attente se raccourcit quand nous attendons avec bonheur, quand nous attendons dans la joie. Lorsque nous accueillons cette attente, la période d’attente se raccourcit tout naturellement. Plus nous nous révoltons, plus l’attente se prolongera. C’est quelque chose qui peut se comparer à un nœud. Vous devriez défaire le nœud lentement mais si vous êtes pressés ce nœud se resserre. Vous devez alors le couper car vous n’arrivez pas à le dénouer. Le nœud se resserre si vous devez l’enlever dans la hâte. Vous pourrez le dénouer seulement si vous allez lentement.

 

Ainsi, cette attente est ce qu’on appelle la pénitence. Pourquoi ? Les Yogis et les Sages ont attendu et attendu que le Seigneur Se manifeste et les bénisse. C’est cela la pénitence. L’attente est Tapas. L’attente est Dhyana. L’attente est Prathana. Bien qu’au niveau du monde l’attente soit négative, sur la voie spirituelle l’attente est totalement positive.

 

Un homme rempli d’ego et d’orgueil n’attendra pas. Voici un exemple : Un Ministre du Gouvernement Central vint pour le Darshan de Bhagavan. Swami avait déjà quitté le mandir et était monté à l’étage, c’était là, à Brindavan. Ce Ministre du Gouvernement central, ainsi que d’autres VIPs comme le Percepteur, un Ambassadeur, de hauts fonctionnaires et tout l’attirail, s’étaient réunis.

Ce Ministre regardait de tous côtés.

 

Il demanda à quelqu’un, “Où est Swami ?

 

“Swami est monté”, dit cette personne.

 

“Pourrai-je monter ?” demanda le Ministre.

 

“Non, désolé, vous ne pouvez y aller.”

 

Quand viendra-t-Il ?”

 

“Je ne sais pas.”

 

Le Ministre s’adressa alors au percepteur et au Ministre d’Etat parce qu’il est Ministre du Gouvernement Central : “A quelle heure est le vol ? Je voudrais rencontrer Baba.”

 

Ils demandèrent à tout le monde dans l’Ashram: “Où est Baba ? Quand viendra-t-Il ?”

 

“Nous ne savons pas.” La réponse est classique ! (rires).

 

J’observais toute la scène, bien qu’il soit l’heure pour moi de me rendre au Collège. L’heure était passée, mais cela valait la peine d’attendre – derrière le buisson, bien sûr ! (rires). Brindavan nous donne l’ombre de certains arbres dans laquelle nous pouvons nous cacher, passer inaperçus. Prenons avantage de tout ce qui se présente ! (rires).

 

Swami ne descendit pas. Ce Ministre regarda partout pendant dix minutes, très agité et ensuite s’en alla. Tout le convoi quitta avec lui.

 

Le soir, à la réunion au Trayee Brindavan, Swami me demanda :

 

“Pourquoi étais-tu en retard au collège ?” (rires)

 

Je dis, “Moi, Swami ? En retard au collège ?”

 

“Oui, tu t’es caché derrière les buissons ! Ainsi tu étais en retard !” (rires)

 

Oh ! la mèche est vendue à présent ! (rires)

 

“Pourquoi étais-tu là ?”

 

“Swami, le Ministre du Gouvernement Central est venu.”

 

“Il n’est pas venu pour toi ! (rires). Il n’est pas venu pour te voir ! Pourquoi étais-tu là ?”

 

“Swami, je voulais voir ce qui arriverait !” (rires).

 

“Qu’est-il arrivé ? Qu’est-il arrivé ?”

 

“Swami, rien n’est arrivé. C’est pourquoi cela m’a bouleversé. Rien n’est arrivé. C’est un choc. Si quelque chose était arrivé, j’en aurais été heureux.”

 

“Pourquoi ?”

 

Swami, j’espérais que Tu descendes. J’espérais que Tu parles au Ministre du Gouvernement Central.”

 

Il dit alors :

N’importe qui doit M’attendre. Je n’attendrai personne. Mais (ceci est important) tous les officiers, tous les Ministres, tous sont importants. Tous ces gens de haut niveau doivent M’attendre. J’attends seulement Mes fidèles. J’attends Mes fidèles. (applaudissements). Si vous êtes pressés, vous pouvez partir. Qu’il s’en aille. Je ne fais pas attention à cela.”

 

Et plus tard Il dit encore :

 

“Je ne suis pas descendu pour lui. Je ne viens pas pour ces individus.”

 

Qu’a-t-Il dit ?

 

 “Si c’est à Mon choix, Je ne descends pas. Non, Je ne descends pour personne. Mais les fidèles peuvent Me faire descendre (rires et applaudissements). Les fourmis se rassemblent et transportent d’un endroit à l’autre le miel et le sucre qu’elles ont récoltés. Je suis le sucre, Mes fidèles sont les fourmis. Ils peuvent M’emporter partout !”

 

Tel est Bhagavan Sri Sathya Sai Baba ! (applaudissements).

 

Ainsi, mes amis, ce processus de l’attente est essentiellement Divin. J’ai souhaité vous parler tout particulièrement ce matin de ce processus, pour que nous puissions apprécier l’attente de Dieu. Jouissons de cette attente pour le Seigneur parce que si nous le faisons, nous entrons dans le chant de la Béatitude infinie. Cela peut arriver soudainement, inopinément !

 

Puisse Sai vous bénir ! Sai Ram

 

 

Om

 

Asato Mâ Sad Gamaya

Tamaso Mâ Jyotir Gamaya

Mrityor Mâ Amritam Gamaya

 

 

Om Loka Samasta Sukhino Bhavantu

Om Loka Samasta Sukhino Bhavantu

Om Loka Samasta Sukhino Bhavantu

 

Om Sânti, Sânti, Sânti