11 février 2001
POINTS PRINCIPAUX DE LA CAUSERIE
Sai Ram
Bienvenue au retour des séances du dimanche!
Mes humbles Salutations aux Pieds de Lotus de Bhagavan.
Chers Frères et Sœurs !
Nous nous rencontrons après un intervalle de temps assez long. Je pense que la dernière fois c’était avant le festival de Sankranti, avant le 11 janvier. (La dernière causerie d’Anil Kumar date du 7 janvier. Ensuite, Bhagavan est allé à Brindavan pour trois semaines. Il n’y eut donc pas de causerie le dimanche.) Beaucoup de choses se sont passées depuis lors. Vous les connaissez. Vers la fin de notre rencontre, je tenterai de partager avec vous tout ce qui s’est passé entre-temps.
De toute façon, je me sens poussé à partager avec vous le dialogue qui eut lieu hier soir avec Bhagavan Baba. Ce dialogue est spirituel, très instructif, plein de ressources et sert de ligne directrice, en particulier pour les chercheurs et les aspirants. J’ai pu rassembler quelques points principaux que je souhaite vous présenter.
La première réflexion que fit Baba hier soir, après avoir donné les interviews habituelles fut :
“Si vous agissez en accord avec ce que Je dis, vous serez heureux et Je serai heureux. Si vous suivez Mes commandements, vous serez heureux et Je serai heureux.”
Poursuivant sur la même longueur d’onde, Bhagavan dit encore :
“Certains d’entre vous se désolent parce que Je ne leur parle pas. Certains d’entre vous sont tristes parce que Je les évite. Quel intérêty a-t-il à vous parler si vous ne Me suivez pas ? Pourquoi devrais-Je vous parler alors que vous n’agissez pas selon la voie que Je vous indique ? Pourquoi devrais-Je gaspiller Mon temps ?”
Pour éclairer Ses paroles, Il donna l’exemple suivant :
“Un aimant attire le fer. L’aimant attire. De même, Je suis l’aimant, Je vous attire. Je vous attirerai de plus en plus près à condition que vous Me suiviez.”
Ceci nous amène à tirer certaines conclusions et à faire certaines observations sur ce que Bhagavan a dit à ce sujet.
Un jour, Bhagavan ajouta :
“Quel est le morceau de fer qui n’est pas attiré par un aimant puissant ? Dans le monde, un morceau de fer peut dire : “L’aimant n’a pu m’attirer ! Cet aimant était tellement minable qu’il n’a pu m’attirer !” Si un morceau de fer dit : “O aimant, tu as échoué !” l’aimant répondra : “Je n’ai pas échoué. C’est toi qui as échoué, misérable morceau de fer, et la raison en est que tu n’es pas pur ! Tu es plein de rouille et de poussière. Voilà pourquoi je ne peux t’attirer !”
Ainsi, certains morceaux de fer ne sont pas attirés. Non parce que l’aimant manque de puissance ou parce qu’il a perdu son effet magnétique, La raison en est que le fer est couvert de rouille et de poussière ! De même, si nous nous rapportons à l’enseignement donné hier par Bhagavan, certains d’entre nous ne peuvent se rapprocher davantage de Bhagavan, psychologiquement, physiologiquement, physiquement, intellectuellement ou spirituellement, en raison de leur rouille et de leur poussière.
Quelle est cette rouille ? Si je suis le fer et si Bhagavan est l’aimant, alors quelle est cette rouille ? Quelle est cette poussière ? La rouille est le désir tandis que la poussière est l’attachement. La rouille du désir et la poussière de l’attachement me recouvrent, moi, le fer. Par conséquent, Bhagavan, le plus puissant des aimants, ne peut m’attirer. Oui, l’attachement, je l’ai créé moi-même. Nous ne sommes pas nés avec l’attachement. Avec le temps, cet attachement a grandi, c’est tout. Nous ne sommes pas nés avec le désir. C’est sûr. Les désirs sont venus les uns à la suite des autres, au cours du temps. En grandissant, en avançant en âge, le désir et l’attachement se sont multipliés dans des proportions géométriques et arithmétiques. Et, par conséquent, nous avons échoué, pas l’aimant.
Voici un autre exemple donné par Bhagavan il y a longtemps. L’Enfant Krishna était un Enfant pas très sage et très espiègle, pour des raisons spirituelles. Nous pouvons nous permettre d’être malicieux mais pas spirituellement. Tandis que chaque espièglerie de Krishna n’est pas une espièglerie au sens ordinaire, elle est Son Leela, Son Jeu. Elle est un miracle. Elle est un Leela ou un Sport de Dieu. Toutes les actions de Krishna révèlent le Jeu de Dieu, représentent la Volonté de Dieu et sont un Enseignement pour l’humanité.
Enfant, Krishna Se courait ça et là. Mère Yasoda reçut des plaintes au sujet de ce vilain Enfant. A quel propos ? Tout le monde, dans le voisinage, vint se plaindre du vilain Enfant qu’était Krishna. Quelles étaient ces plaintes ? Il allait visiter chaque maison, buvait le lait sans qu’il ne Lui soit offert, prenait le beurre (bien qu’il ne soit pas prêt à être servi) et cassait les pots ! Il était un vrai fléau pour le voisinage ! Et par conséquent, ils dirent tous: “ Qui est celui qui casse les pots ? Il vole le beurre, le lait caillé et Il boit le lait ! Nous sommes embarrassés !” Telles étaient les doléances portées à la connaissance de Mère Yasoda.
Celle-ci prit la chose très au sérieux. “Il est temps de tenir ce garçon à l’oeil ! Il doit être surveillé, c’est entendu !” Elle prit une baguette (la baguette était déjà en usage en ce temps-là) et se mit à la recherche de Krishna pour Le corriger ! (Bien sûr, si cela se passait maintenant aux Etats-Unis, l’affaire serait portée devant les Tribunaux et elle serait accusée d’être un “bourreau d’enfants”, ou quelque chose du genre !) – (rires).
Toujours est-il qu’avec une baguette dans la main, elle se mit à la recherche de Krishna. Mais Krishna était plus intelligent, Il se cacha quelque part. Elle courait ci et là. Comme elle était âgée, elle courait toujours derrière Lui car elle ne pouvait courir aussi vite que Krishna ! Désespérée, frustrée, très contrariée par le comportement de Krishna, elle se disait, “Comment L’attraper désormais ? Si je ne L’attrape pas maintenant, ma colère risque de perdre sa force ! Ce malicieux garçon me fera un merveilleux sourire. Je serai emportée par la brise des sourires du Seigneur ! C’est maintenant qu’il me faut Le corriger !”
Elle commença à regarder partout et remarqua les empreintes des pieds de Krishna. Quelles étaient ces empreintes ? Pouvez-vous voir des empreintes de pieds ici ? Impossible. Mais Yasoda put voir les empreintes des pieds de Krishna sur un sol comme celui-ci ! (A.K. indiqua le pavement du Hall). Comment cela fut-il possible ? Comme Krishna buvait le lait du pot le plus élevé, pour Se maintenir en équilibre Il mit les deux pieds dans le pot qui se trouvait en-dessous ! (rires). Je crois être clair. Il buvait le lait, “glup, glup, glup”, avec les deux pieds dans le pot du bas pour Se maintenir en équilibre. Ensuite, il alla ailleurs. Allons-y ! Il Se mit à manger du beurre, les deux pieds dans le lait du pot le plus bas !
Voyant que la Mère venait armée d’une baguette, Il sauta immédiatement en bas et Se mit à courir ! Les pieds maculés de beurre et de lait laissèrent leurs empreintes tout le long du chemin. Suis-je clair ? Yasoda put alors comprendre. “Oh, ce sont les empreintes de beurre et de lait !” Nous aussi, nous laissons des empreintes de poussière et d’autres choses. Mais les empreintes de Krishna, de Bhagavan, étaient de beurre et de lait ! Les observant, Yasoda se dit, “Suivons les empreintes !”
Elle les suivit donc et put finalement attraper Krishna. Expliquant ceci, Bhagavan dit :
“Tout comme Yasoda put attraper Krishna en suivant les traces de Ses pas, par manque d’alternative pour Le saisir, ainsi un fidèle devrait lui aussi marcher sur les traces de Dieu.”
Les fidèles devraient marcher sur les traces du Seigneur !
Quelles sont les traces montrées par Bhagavan ? Du lait caillé ? Du beurre ? Du lait ? Quelles sont les traces ? Ce sont le lait caillé du Service, le beurre de l’Amour et le lait du Sacrifice. Ainsi, si je fais la comparaison avec le beurre, le lait caillé et le lait, je peux dire qu’ils sont l’équivalent de l’Amour, du Service et du Sacrifice. Que ceux d’entre nous qui souhaitent marcher sur les traces de Notre Seigneur Bhagavan Sri Sathya Sai Baba, observent le sacrifice, l’Amour et le Service, afin d’être proches de Lui. C’est comme cela que j’ai compris cette déclaration qu’Il fit hier soir.
Voici le second point. Quelqu’un a demandé (les noms sont sans importance, seuls les points sont importants) :
“Bhagavan, nous savons que Tu es Dieu, mais pourquoi ne Te suivons-nous pas ? Nous savons que Tu es Dieu ! Mais nous ne Te suivons pas. Pourquoi ? Nous n’arrivons pas à marcher sur Tes traces. Pourquoi cela arrive-t-il ? Pourquoi ?”
Et Bhagavan donna alors un magnifique exemple :
“Vous dites que vous aimez Dieu, mais vous n’avez pas foi en Moi. Vous savez ; savoir est une chose, la foi en la connaissance, la foi en ce qui est su, en est une autre.”
Nous savons que Baba est Dieu. Bien. Mais nous n’établissons pas notre foi en ce que nous savons. Ainsi Bhagavan dit,
“Vous savez cela. Vous êtes d’accord. Mais vous n’avez pas foi en ce qui est su.”
Ainsi, simplement savoir que Baba est Dieu ne suffit pas. On devrait avoir foi en Baba, avoir foi dans le fait qu’Il est Dieu. Alors, on sera capable de Le suivre.
Et Baba donne un autre exemple. La mère prépare beaucoup de mets délicats, des préparations telles que desserts, plats chauds et ainsi de suite. Elle est si heureuse avec son enfant, avec son fils ! Elle lui prépare tant de choses. Mais le garçon souhaite aller à l’Holiday Inn ! (rires). A l’Holiday Inn ou à l’Hôtel Oberoï, un hôtel cinq étoiles ! Le fils ne savoure pas les préparations très nourrissantes, saines, préparées à la maison dans une hygiène parfaite. Il veut acheter quelque chose à l’extérieur et en jouir. “Laisse-moi aller dans un hôtel cinq étoiles ! Pourquoi manger ici ?” Ainsi, alors que la Grâce de Dieu est là en abondance, alors que l’Amour de Dieu est infini, les gens les recherchent toujours loin de Dieu, en raison de leur manque de foi.
Ainsi, mes amis, rappelons encore une fois ceci : nous ne parvenons pas à suivre les traces de Dieu parce que nous manquons de foi, comme dans le premier exemple. Et, comme le fils qui ne connaît pas la valeur des biscuits, des beignets et des gâteaux faits par la mère à la maison, et court à l’extérieur vers les cafétérias et les restaurants, nous aussi, nous avons oublié la valeur de la Divinité. Nous aussi avons oublié le prix de la Divinité. Et nous courons çà et là. C’est ce que Bhagavan a dit.
Voici le troisième point. (Tous les points sont inter-reliés). Qu’a-t-Il dit ? Nous voulons fuir Dieu, nous ne voulons pas Le suivre, pourquoi ? Il a déjà donné deux raisons, à présent Il nous donne la troisième. Quelle est cette troisième raison qui fait que nous soyons impuissants, qui nous éloigne de Sa proximité ?
Swami a donné un exemple. La mère prépare beaucoup de choses. Ici, vous savez sans doute ce qu’est le payasam, le riz au lait. D’accord ? C’est une chose qui ressemble à du gâteau, une préparation sucrée comme les laddus que Bhagavan distribue. Les laddus vous sont familiers n’est-ce pas ? D’accord. La mère prépare donc ces sucreries à la maison. Mais, parfois elle n’en sert pas à son fils. La mère a des laddus, des sucreries, mais n’en sert pas à son fils. Pourquoi ?
Le fils souffre du diabète. Le fils est diabétique. Mais le fils ne comprend pas l’attitude de sa mère. “Pourquoi ne me donne-t-elle pas de laddu ? Pourquoi ? Elle sert des laddus à tout le monde, pourquoi pas à moi ? Elle en a tantt. Elle en sert deux ou trois à chacun ! Mais à moi, elle ne donne même pas le quart d’un laddu ! Que signifie cela ? C’est un non-sens ! Est-elle une mère ? M’aime-t-elle ? Non ! Il est temps de m’enfuir de la maison !”
De même, certains de nos désirs ne sont pas exaucés. Certaines de nos ambitions ne sont pas réalisées. Certains de nos efforts rencontrent un échec total, allant totalement à l’encontre de ce que nous espérions – une perte totale dans les affaires ou un échec dans nos tentatives. Cela nous frustre ! “Je penserai à Dieu plus tard. Maintenant, laissez-moi pleurer !”
En temps de perte, en temps de souffrance, en temps de dommages, de calamité ou de tragédie, il est impératif que nous nous cramponnions à Dieu. Il est plus que nécessaire que nous nous accrochions à Dieu. Pourquoi ? Bhagavan donne un exemple : une mère se met à frapper son enfant, le petit enfant insupportable qui court dans les lignes du Darshan, gâchant l’humeur de tout le monde (ce que font certains enfants) lorsque Swami marche dans cette direction. Bien sûr, comme il ne peut plus circuler librement, il commence à pleurer ! Quand un enfant court comme cela, la mère est impuissante. Que fait-elle ? Elle l’attrape et le frappe. Cet enfant pleure mais il ne s’éloignera plus de sa mère, ce qui est naturel chez un enfant. Lorsqu’il est frappé, l’enfant se réfugie tout naturellement dans les bras de la mère, il l’embrasse et se serre de plus en plus contre elle, il la tient bien serrée. L’enfant tiendra la mère, se serrera contre sa mère bien plus qu’avant !
De même, tout comme l’enfant se cramponne, se serre et embrasse fort sa mère, la personne qui souffre, la personne en proie à la tristesse, la personne qui se trouve dans la misère, les ennuis, l’agitation ou dans des situations de défi, devrait se cramponner bien plus à Dieu que lorsqu’elle passe par une période favorable, confortable, de souhait accompli, de “lune de miel” !
La vie n’est pas une “lune de miel”. Les gens ont donné ce nom seulement à la première période de la vie, un joli nom pour que l’on prenne goût à la vie. (Ils ont eu peur de donner un nom à la période suivante car ils auraient dû faire face aux conséquences). Pour la période suivante et bien, par précaution, ils n’ont pas donné de nom parce qu’elle doit être réalisée et expérimentée plutôt que nommée !
Ainsi, comme l’enfant devrait comprendre, “mère ne m’a pas donné de laddu, mère ne m’a pas offert de bonbon non parce qu’elle ne m’aime pas, non parce qu’elle n’a pas d’affection pour moi, mais elle ne m’en a pas donné dans mon propre intérêt. Je suis diabétique. Elle désire que je vive longtemps. C’est son amour pour moi qui fait qu’elle se refuse, qu’elle se prive du plaisir de m’offrir un laddu !” Ceci devrait être la compréhension correcte.
Ainsi, mes amis, comme le dit Bhagavan :
“Pourquoi vos désirs ne sont-ils pas réalisés ? Parce qu’il y va de votre propre intérêt.”
Certains de nos plans ne réussissent pas – dans notre propre intérêt ! Certains rêves ne se sont pas réalisés – pour notre propre amélioration ! Si nous considérons les choses de cette manière, nous ne nous éloignerons jamais des Mains de Dieu. Bhagavan a dit ces choses.
Ensuite, j’ai posé cette question : “Swami, pourquoi le chemin spirituel est-il si dur ? J’entends par là, pourquoi est-il si dur du fait que Tu m’ignores, que Tu ne me regardes pas, que Tu ne me parles pas et aussi du fait que je rencontre des heurts et des obstacles dans la vie. Les gens pensent que je suis un fidèle, mais ma souffrance et ma peine sont connues de ceux qui m’entourent. Pourquoi le chemin spirituel est-il si pénible ? Pourquoi ?”
Alors Bhagavan dit :
“Le chemin spirituel n’est jamais dur. Il n’est jamais dur. Il n’est jamais rude s’il est réellement spirituel.”
“Oh, je vois. Ainsi, le chemin que je suis n’est pas spirituel à présent !” (rires) Le vrai chemin est devenu une chose discutable à présent !
Nous suivons le chemin spirituel pour obtenir des avantages terrestres. Nous désirons emprunter le chemin spirituel pour obtenir les choses de ce monde. Ainsi, la motivation secrète, l’arrière-pensée, l’objectif pour lequel nous suivons le chemin spirituel n’est pas une fin spirituelle. Ce n’est pas un objectif spirituel. Le chemin est spirituel mais le but est matérialiste. Le chemin est spirituel mais la fin est éphémère, transitoire, le plaisir des sens. Ainsi, les biens, la situation, l’influence, le nom et la renommée sont les cibles, la fin et le but, la finalité et l’objectif, même si le chemin est spirituel.
Ceci est vrai pour chacun d’entre nous. Ainsi, nous trouvons le chemin spirituel dur et rude pour la simple raison qu’il n’est pas authentiquement spirituel. Il est orienté, il est basé sur le besoin. Il est guidé par le monde. Il est physique, motivé par le monde. C’est tout. Voilà pourquoi nous trouvons le chemin spirituel rude et dur.
Autre question :
“Bhagavan, pourquoi trouvons-nous des obstacles et des ennuis sur le chemin spirituel ? Pourquoi ? Il devrait être un agréable trajet en voiture sur la grand-route nationale, une ligne droite, un vol direct ! Pourquoi des obstacles ? Pourquoi ?”
Savez-vous ce qu’a dit Swami ?
« Il n’y a pas d’obstacle sur le chemin spirituel. Les obstacles, c’est vous qui les créez. Les obstacles sont le développement, la manifestation, l’expression, ou la pierre d’achoppement du mental. Le mental est le plus gros obstacle.”
Ainsi, sur le chemin spirituel je trouve des obstacles. Pourquoi ? Mon propre mental est le plus gros obstacle. Lorsque les freins de mon automobile, de mon véhicule, de ma voiture ne fonctionnent pas, je ne peux blâmer la route ! La grand-route nationale est excellente. Mais quelque chose ne va avec mon accélérateur, quelque chose ne va pas avec mon moteur, quelque chose ne va pas avec mes freins. Le véhicule n’est pas en parfaite condition. Par conséquent, il ne roule pas facilement. Aussi, je condamne la route, “La route n’est pas bonne.” Les gens diront, “ Tu ne vas pas bien ! Ton véhicule n’est pas bon.”
Ainsi mes amis, une fois sur le chemin spirituel, les obstacles qui se présentent sur le chemin ne viennent pas de l’extérieur. Ils ne sont pas à l’extérieur. Ils ne sont pas imposés. Ils ne sont pas apportés par quelqu’un, par une animosité, par une hostilité, par rien. La plus grosse pierre d’achoppement, la pire des entraves, le plus gros fauteur de troubles, c’est notre propre mental !
En apparence, cela semble ne pas être juste parce que nous passons principalement notre temps dans l’état du mental. Je parle à partir de cet état du mental. Si je ne parle pas en utilisant mon mental, et bien je suis sûr que la semaine prochaine tout ce Hall sera vide ! (rires) J’accomplis mon travail au bureau avec un mental très vigilant. Si mon mental n’est pas vigilant quand je travaille au bureau, je me mets dans un beau pétrin ! Aux USA, ils vous licencieront : “Je vous remercie pour vos services, ceux-ci ne sont plus nécessaires.” Avant le weekend vous recevrez un petit mot : “Merci pour vos services, salut !” Ils veulent dire, “Nous ne voulons plus de vous ici !”
Ainsi, le mental doit être alerte. Au laboratoire on doit être alerte mentalement, si l’on ne l’est pas on ne sera pas capable de saisir les données de l’expérimentation. D’autre part, on pourrait être en danger à cause de la combinaison des divers produits chimiques qui se trouvent dans le laboratoire. Certains peuvent se renverser sur le corps au lieu de rester dans l’éprouvette. Cela arrive parfois.
Ainsi, nous fonctionnons toujours au niveau du mental – au bureau, à la maison, avec les autres, sur la grand-route. C’est le mental qui est entièrement actif. Mais le mental est un “médiateur”, il revêt deux aspects : il est le meilleur des amis et le pire des ennemis ! Où est-il le meilleur ami ? Il l’est dans le monde. En ce monde objectif, un mental alerte est nécessaire pour réussir au mieux. Pourquoi ? Parce que le mental est toujours extraverti, il se tourne toujours vers l’extérieur, il suit toujours la voie extérieure appellée Pravritti marga.
Pravritti marga signifie “mental tourné vers l’extérieur”. Voici un exemple simple : Je peux être seul, mais je pense à mon collège. Le mental pense au collège qui est à l’extérieur. Je ferme les yeux mais je n’ai pas fermé mon mental. C’est pourquoi, bien souvent, la méditation ne nous donne pas de résultats positifs. Nous réussissons à nous tenir assis bien droit. Pourquoi ? A cause des douleurs dans la colonne vertébrale, c’est tout ! (rires) C’est un exercice physique ! On peut fermer les yeux, on peut maintenir le corps assis, bien droit, raide, jambes croisées (et avoir des difficultés à se lever plus tard), (rires), mais ce n’est pas la méditation. C’est juste un exercice physique, de la gymnastique, un cours d’éducation physique, un cours d’entraînement. Je ne dégrade pas et ne sous-estime pas la procédure. Non. Il est nécessaire de commencer par là. Il est nécessaire de commencer la méditation quelque part. Au début cela peut nous aider. Mais ce n’est pas le but suprême.
Qu’est-ce que la méditation véritable ? Quel est l’état de vraie méditation ? C’est le retrait du mental. Où est le mental ? Comment le retirer ? Si je dis, “Cette main est un obstacle”, je peux la couper. Bien. Si la jambe est un obstacle, je peux l’amputer. Bien . Je sais où est la main et où est la jambe. Ainsi, je peux les couper tout simplement. Mais le mental, où est-il ? Qu’est-ce que le mental ? Où est-il ? Peut-être ne réussirai-je pas à vous donner une définition correcte du mental. Peut-être ne pourrai-je pas vous montrer où est le mental. Mais je peux exprimer quelque chose à son sujet.
Le mental n’est rien d’autre que la pensée. Quand il n’y a pas de pensées, c’est l’état sans mental, sans pensées, le retrait du mental ou l’annihilation du mental. C’est le véritable état de méditation.
Par conséquent, le plus gros obstacle n’est pas imposé par quelqu’un, ni apporté par quelqu’un, ni importé, ni exporté, ni généré ni fabriqué. Il est construit de l’intérieur ! Le plus grand et le pire des obstacles construit de l’intérieur est le mental ; le mental est vous. Une fois que le mental est retiré, lorsqu’il est aboli en étant totalement libéré des pensées, vous n’avez plus d’obstacles et êtes sur le chemin spirituel !
Voici un merveilleux exemple, une merveilleuse illustration, une merveilleuse explication données par Bhagavan ! Cet exemple est si simple : Vous connaissez l’araignée. Une araignée tisse sa toile, une toile qui la retient elle-même. La toile est la prison ou l’emprisonnement. Personne n’a retenu l’araignée. Personne ne l’a enchaînée et ensuite gardée derrière les barreaux ! L’araignée a construit d’elle-même cette toile, en devenant prisonnière, et ne pouvant en sortir. Un beau jour, elle finira par mourir.
De même, nous fabriquons nous-même ce processus de pensée. Le flot continu de pensées est créé par nous. Le retrait des pensées est entre nos mains. N’étant pas capables d’opérer ce retrait et autorisant le flot continu des pensées qui surgissent les unes après les autres, nous tissons une toile autour de nous, nous devenons une araignée ! Finalement, nous n’avons pas d’autre option que celle d’être emprisonnés, enfermés ou mis en cage.
Ainsi mes amis, pour retirer le mental, que devrions-nous faire ? Pour être sans pensées que devrions-nous faire ? C’est la prochaine question. Il est facile de dire, “Retirez le mental !”, plus facile encore de dire “N’ayez pas de pensées !” (rires), mais comment y arriver ? (Indiquant l’auditoire) Vous êtes si gentils, si bons et généreux envers moi. Vous ne me défiez pas ! Vous ne me posez pas de questions provocatrices. Je vous remercie ! (rires).
Je vais maintenant me poser une question : Comment retirer le mental ? Comment être sans pensées. Comment transcender le royaume de la pensée ? Comment aller au-delà du firmament du mental ? Comment traverser les horizons du mental ? Comment aller au-delà des frontières du mental ? Comment ne pas être affecté par les aberrations psychologiques ?
Bhagavan donne quelques exemples, des techniques faciles. Bien. Une réponse absolument spirituelle : une pensée me vient à l’esprit maintenant. Qui remarque cette pensée ? Cette pensée m’est venue à l’esprit. Ceci veut dire que je suis l’observateur. J’observe ma pensée. Les pensées surgissent les unes après les autres, particulièrement en méditation (parce que personne ne me dérangera), (rires). Pendant la méditation, il est commode d’avoir un bon nombre de pensées, parce que personne ne vous dérangera ! (rires).
Ainsi, je devrais être conscient de mes pensées. Je devrais me rendre compte de mes pensées. Quelle pensée me vient à l’esprit, juste maintenant ? “Le réfectoire des étrangers !” D’accord. Hummm. Je ne m’arrête pas là. La pensée suivante arrive, “ Le Darshan du soir, obtiendrai-je une première ligne ? Ferai-je un tour près de la statue de Ganesh pour obtenir rapidement une place réservée?” Oh, attrapé ! A chaque instant, je pense à une pensée… “Quand Swami va-t-Il partir ? Va-t-Il rester ici jusqu’à la fête de Sivaratri, quittera-t-Il avant, après, ou pas du tout ?” (rires). Pensée après pensée ! Et la pensée ne vous permettra pas de décider ! C’est la tragédie ! Voyez cela : “une pensée m’est venue à l’esprit. Permettez que je la finisse, que j’y réfléchisse, que je solutionne le problème.” Non, non, non ! Avant que vous puissiez réfléchir sur une pensée, une autre pensée arrive ! C’est un peu comme des grenouilles prises dans un panier. Vous rassemblez des grenouilles dans un panier. Qu’arrive-t-il ? Une grenouille bondit dehors. Si vous voulez la rattraper une autre grenouille bondit à son tour hors du panier ! Lorsque vous essayez de reprendre cette grenouille, trois autres bondissent en même temps au-dehors ! C’est ainsi que cela se passe. Vous ne parviendrez pas à rassembler toutes les grenouilles et à les remettre dans le panier.
De même, pensée après pensée, elles arrivent en séquence régulière, à une vitesse effroyable, afin que nous n’ayons même pas le temps de réfléchir sur une seule d’entre elles et de nous y faire. A présent, où en sommes-nous ? Notre situation, est de comprendre quelle pensée est venue maintenant. D’accord. La prochaine arrive ensuite. Bien.. Observez simplement vos pensées. Soyez conscient du flot des pensées. Soyez vigilant quant à vos pensées. Cette conscience du flot de pensées vous maintient dans la position d’un observateur. Vous n’êtes pas participant. Vous n’êtes pas impliqué dans la pensée. Vous ne devenez pas un avec la pensée. Vous voyez seulement le flot des pensées. Vous observez simplement le flot des pensées. Vous êtes conscient de vos pensées, tout en vous tenant éloigné d’elles. Il me semble être clair.
Ainsi cet état dans lequel vous êtes un observateur est appelé en sanskrit Sakshi ou, en langage védântique, témoin. “Observateur” est une expression verbale courante, normale, habituelle. Si vous êtes un observateur, ou un témoin du flot des pensées, qu’arrive-t-il ? Les pensées s’arrêtent ! Pour arrêter les pensées, vous devriez être un observateur. Voici un exemple simple : Les garçons parlent, parlent, parlent, parlent. Si je leur tourne le dos, regarde vers le tableau et commence à écrire, ils se mettent à parler sans arrêt. Je n’y peux rien. Supposons que je me tourne vers eux et que je les observe tout simplement, ils deviennent soudain de très bons garçons ! (rires). Je me dis : “Ah-ah ! Je n’ai pas vu un tel groupe de garçons auparavant !” Pourquoi ? Vous les regardez ! Tournez-leur le dos, vous les connaîtrez sous leurs vraies couleurs ! (rires). Les garçons sont des garçons après tout ! Vous devez comprendre. Il fut un temps où nous aussi étions des garçons ! Maintenant nous sommes de grands garçons, c’est tout ! Nous sommes de grands garçons !
Ainsi, il se fait qu’au moment où le professeur regarde les élèves, et bien il n’y a plus de bruit, plus de son, plus de mouvement, plus d’espiègleries, ils deviennent très attentifs ! De même, jusqu’à ce que Swami vienne, jusqu’à ce que Swami circule, jusqu’à ce que la musique démarre pour annoncer Son entrée, notre “musique intérieure” bat son plein ! (rires). Notre musique se déploie à fond ! Abba ! Même si l’autre personne souhaite fermer les yeux, je ne le lui permets pas parce qu’elle doit écouter ma musique de la vie ! (rires).
Ainsi, notre musique continue et cela jusqu’à ce que la vraie musique commence et que Bhagavan circule dans les lignes du Darshan. Dès que Swami commence à circuler, nous mettons un stop à notre musique et Le regardons. Il n’y a plus de pensées par la suite ! Seulement une pensée : “Viendra-t-Il vers cette ligne-ci ou vers celle-là ?” (rires) “Prendra-t-Il ma lettre ou ta lettre ?” (rires) “Quel groupe va-t-Il appeler en interview ?” (rires). C’est la seule pensée. Nous ne nous inquiétons pas au sujet de notre visa, de notre passeport ou de notre réservation d’avion, British Airways ou Air France. Nous ne nous inquiétons pas au sujet de notre travail, pour la nouvelle mission que nous devons probablement entreprendre à notre retour aux USA. Nous ne nous occupons pas d’une mission, des affaires, de transactions ou de parts de marché, nous ne nous occupons de rien. Pourquoi ? Notre seul intérêt se porte sur le déplacement de Swami. Notre seule pensée est : “Swami, viens de ce côté !”
Ensuite, qu’arrive-t-il ? Il interroge quelques personnes, les appelle en interview. Et soudain, Swami entre dans la pièce d’interview. Et le bruit de notre musique recommence ! (rires). Immédiatement Swami sort. Il se retourne – Fini ! plus de pensées ! (rires). Ceux qui sont debout se retrouvent assis sans qu’on le leur ai demandé, sans qu’on le leur ai dit. Le miracle de Baba est la discipline que l’on s’impose à soi-même. Il n’y a pas d’annonce officielle : “Ne parlez pas.” Nos lèvres ou la langue trouvent leurs limites en regardant Swami. Nous sommes incapables de parler ! Au moment où Il s’en va – Abba ! – nous redémarrons ! Au moment où Il sort et nous regarde, plus personne ne parle !
De même, au moment où vous êtes conscients du flot de vos pensées, au moment où vous êtes conscients des pensées qui se succèdent dans un ordre séquentiel, les pensées s’arrêtent ! Les pensées se bloquent complètement ! C’est l’état réel de l’expérience, l’état sans mental, l’état libéré du mental. C’est ce que vous appelez Samadhi.
Samadhi : Sama, équanimité, plus dhi, intellect. Il maintient l’état d’équanimité. Il maintient l’état d’équilibre parfait parce que les pensées ne sont plus présentes ! Nous sommes agités. Nous sommes perturbés. Nous exultons de joie. Nous sommes frustrés. Nous sommes fiers. Nous sommes égoïstes. Nous sommes parfois déprimés uniquement en raison de nos pensées. Quand la pensée entre, “Tu es ceci et cela. Tu es un homme âgé”, et bien vous ne ressentez pas que vous parlez à quelqu’un. Vous ne ressentez pas que vous regardez quelqu’un. Il s’agit d’une pensée égoïste. Quand vous ressentez que d’autres personnes ont plus de chance que vous, il s’agit d’une pensée de jalousie.
Ainsi, les pensées possèdent ces attributs ou Gunas. Les Gunas sont des attributs. Ainsi, les pensées amènent les Gunas ou attributs. Telle pensée, telle expression. Telle pensée, telle action. Telle action, tel résultat. Par conséquent, dans un état sans pensées, lorsque les pensées se sont retirées, lorsque le mental s’arrête totalement, en adoptant cette position de sakshi, de témoin ou d’observateur, vous pouvez vous dire que vous êtes une âme réalisée. Vous pouvez dire que vous avez réalisé votre âme.
Bien sûr, ici, il faut y apporter une correction : il n’y a pas de “vous” réel pour vous appeler vous-même. “Vous” n’existe pas. Je pense être clair. Quand vous dites “je” et “vous”, ce n’est rien d’autre que le mental. C’est le mental qui dit, “Je suis comme ceci et comme cela. Vous êtes comme ceci et comme cela.” Quand le mental est retiré “je” n’existe pas. Ainsi, si quelqu’un commence à décrire sa méditation, si quelqu’un se met à expliquer ses réalisations et ses résultats au cours de la méditation, entendez-le simplement mais ne l’écoutez pas. (rires). Vous pouvez l’entendre, mais ne l’écoutez pas. Entendre signifie : “Vous pouvez parler comme vous le voulez. Je penserai à ce que j’ai en mon mental.” (rires) (Certains étudiants entendent comme cela. Par conséquent, ils échouent à l’examen !) Nous n’avons pas suffisamment de patience pour écouter les autres. Entendre ne vaut pas l’écoute. Vous pouvez entendre n’importe qui.
Ainsi, la méditation ou Samadhi n’est pas une réalisation. Si quelqu’un dit, “en méditation, j’ai obtenu ceci”, il semble bien qu’il la croit une réalisation ; il la ressent comme un but. Alors, entendez-le mais ne l’écoutez jamais. Pourquoi ? Parce que le “je” n’existe pas, la “qualité du je” n’existe pas. La séparation n’existe pas. L’identité personnelle est totalement perdue parce que le mental n’est plus présent. Le mental libéré de la pensée, l’état de retrait du mental fait qu’on n’a pas droit à l’ego. Ainsi, pour en revenir à la question, le plus gros obstacle sur le chemin spirituel est celui que nous créons nous-même, le mental et le flot des pensées.
Question suivante : Comment connaître le progrès spirituel ? Très bien. Comment connaître votre progrès dans les affaires ? Un bilan régulier montre les “profits et pertes”. Il comporte des soustractions et des additions. Ensuite vous pouvez établir une colonne définitive. Oh bien. Comment connaître votre progrès dans les affaires ? Cinq millions de bénéfices ! Bien. Comment connaître votre progrès scolaire ? “J’ai obtenu un doctorat.” Très bien. Comment connaître votre progrès physique ? “J’ai encore pris du poids.” Très bien. Je vous en prie arrêtons-nous ici ! Ceci n’est plus un progrès ! (rires). Si vous dépassez le poids normal et bien ce n’est plus un progrès. Le docteur vous le dira.
Le progrès peut être mesuré. Le progrès peut être exprimé. Le progrès peut être accessible. Le progrès peut être évalué dans les divers domaines de la vie. En spiritualité, il n’y a ni progrès ni échec parce qu’en spiritualité il n’y a rien qui soit le progrès, qui soit évolution, qui soit révolution, qui soit régression. Pourquoi ? La Spiritualité n’est pas un but. La Religion n’est pas une réalisation. Dieu n’est pas une œuvre accomplie. Dieu n’est pas une personne. Dieu est PRESENCE.
Je vous supplie gentiment de comprendre ceci :
DIEU N’EST PAS UNE PERSONNE. DIEU EST UNE PRESENCE. IL EST UNE PRESENCE. DIEU EST EXISTENCE. DIEU EST EXISTENTIEL.
Dieu n’est pas un objet. Si Dieu est un objet vous pouvez L’acquérir. Si Dieu est une personne, vous pouvez gagner Ses faveurs. Si Dieu est une personne, vous pouvez être près de Lui. Dieu n’est pas un objet. Il est “Sujet”. Il n’est pas dans l’objectivité. Il est dans la subjectivité que vous réalisez. Il n’est pas une personne. Il est une Présence. Il est Existence. Il est Béatitude. Dieu est une danse, Il est musique, extase, existentiel. Parce que nous Le considérons d’un point de vue objectif, nous sommes incapables d’apprécier les fruits de nos efforts. Nous sommes incapables de réaliser nos rêves d’accomplissement. Tous nos plans ne deviennent pas réels parce que nous considérons Dieu comme une personne. Si nous Le ressentons comme une Présence, notre attitude sera complètement différente.
Parce que vous considérez Dieu comme une personne, vous recherchez l’exaltation. L’exaltation – “Swami a matérialisé la vibhuti ici ! Ah! J’en suis tout excité !” (rires). “J’ai reçu une interview !” Je suis l’image même de l’exaltation !” Swami m’a regardé !” Ah, je suis au comble de l’exaltation !
Mais la spiritualité n’est pas l’exaltation. La spiritualité est l’extase et non l’exaltation. L’extase est différente de l’exaltation. L’exaltation est momentanée. L’exaltation est orientée vers la raison. Une certaine raison est à la base de votre exaltation. Si l’on est exalté en permanence, quelque chose ne va pas ! (rires) Il s’agit peut-être d’une expression de la pression sanguine qui, un jour ou l’autre, conduira à l’arrêt cardiaque ! Vous ne pouvez vous offrir le luxe d’être exalté tout le temps. Ainsi la spiritualité n’est pas exaltation parce que l’exaltation est l’expression d’une émotion qui, parfois, indique un déséquilibre émotionnel.
Ainsi, le déséquilibre émotionnel s’exprime par le biais de l’exaltation. Dieu n’est pas exaltation. Dieu est extase. L’extase signifie l’état non-duel de Béatitude. L’extase signifie la véritable expression, la vraie façon de vivre – pleine de gaîté et d’espiègleries, la joie, le rayonnement cosmique, la vibration divine. C’est cela l’extase. L’extase amène avec elle les vibrations divines, l’Etat de Béatitude Suprême, à la différence de l’exaltation qui, elle, s’affaisse.
L’exaltation n’est pas permanente tandis que l’extase pourrait devenir permanente. On peut vivre continuellement dans l’extase, sans mettre sa santé en péril. On peut être en meilleure santé en étant en extase, pas en étant exalté. L’exaltation est rendue possible par une bouteille de Scotch Whisky, mais pas l’extase ! (rires). L’extase n’est possible que par la méditation, pas autrement. C’est la méditation, la prière totale, ou penser à Dieu avec un mental concentré, contemplatif ou méditatif qui nous apportera l’expérience, l’extase.
Swami a ri quand cette question Lui fut posée, “Qu’est-ce que le progrès spirituel ?” Il ne s’agit pas d’être inférieur ou supérieur. Bien, mon tempérament veut que je ne reste pas silencieux et que je pose une autre question jusqu’à ce que je tombe dans le pétrin ! (rires)
“Swami, qu’en est-il des différents niveaux de compréhension ? Qu’en est-il des différents niveaux d’expérience ? Sur le chemin spirituel, on a un niveau d’expérience. Une autre personne a un autre niveau de perception, un autre niveau d’expérience? Qu’en est-il Swami ?
Alors Il dit :
“En spiritualité, il n’y a pas de niveaux. Se considérer à un niveau supérieur n’est pas la spiritualité. C’est l’ego qui fait dire cela ! La religion est sans ego. L’ego, de par sa nature, est l’expérience matérielle. Ainsi, si c’est l’ego qui est à l’origine, il s’agit de l’expérience terrestre, matérielle.”
“Le progrès spirituel ne doit pas être mesuré parce qu’il est “aprameya”, incommensurable. Il est “nirupamana”, incomparable. Il est “avyaktha”, non exprimable, “acinta, impensable. On ne peut y penser, il est inexprimable, au-delà de l’expression et de l’imagination. Ceci étant, comment pouvez-vous parler de “progrès” ou “d’échec” ? Comment pouvez-vous dire cela ?
C’est ce qu’a dit Bhagavan hier.
Dans le même message, Il dit encore autre chose, Il ajouta un avertissement spécial pour nous tous, parce que cela s’applique également à nous tous. (quoi que je dise, cela me concerne d’abord. Je vous en prie comprenez-le. Je ne suis en aucune manière supérieur à qui que ce soit. Non, non, non, non. Je suis le moins de tous et en suis pleinement conscient. Tout ce que je dis me concerne d’abord. C’est tout.) Il dit en Telugu :
“Si vous agissez selon Mes instructions, vous serez libérés de toute accusation. Vous serez libérés de tout blâme. Vous serez libérés de toute punition. Vous serez à l’aise. Vous serez heureux.”
C’est ce que Bhagavan a dit.
**************************
Il me reste encore deux minutes. Je sais que beaucoup d’entre vous sont impatients d’avoir quelques détails en plus au sujet de la conversation que nous avons eue avec Bhagavan. En raison du manque de temps, je rapporterai juste quelques points les plus marquants.
Lorsque Bhagavan a annoncé le genre de service apporté aux victimes du tremblement de terre dans l’état du Gujarat, rendu à une si grande échelle, dans une si grande mesure, nous en fûmes tous émerveillés ! Je ne peux imaginer 70 camions de riz, de blé, d’huile, en plus de certains ustensiles pour faire des chapatis, des vêtements et des centaines (1300) de tentes habitables ! Des tentes pour s’abriter, des chapatis pour manger, du riz pour cuisiner, des ustensiles ménagers, de l’huile pour la santé ! Que souhaitez de plus dans la vie ?
Swami a fourni toutes ces choses dans une large mesure – 70 camions avec des milliers de sacs, des centaines de plats, des milliers d’articles de cette sorte. Swami expliquait, mais je ne peux me souvenir du nombre exact parce que je suis un étudiant en biologie que les nombres et les statistiques effraient ! (rires). Le nombre même suffit pour me faire peur ! Aussi, je ne me souviens pas du nombre exact – mais je peux dire que c’était dans les centaines pour certaines choses, dans les milliers aussi et même un peu plus. Swami expliquait, “1500 tentes pour s’abriter et 2000 sacs de riz.” Je ne pus résister à la tentation de dire,
“Swami, quelle aide Tu as apportée !”
Swami se retourna et dit : “Que dis-tu ?” (rires)
Il n’entend pas à dessein, pour vous faire répéter et pour que moi, je reçoive une réprimande ! Lorsqu’Il dit, “Quoi ?” Cela veut dire que vous vous trompez totalement. C’est pourquoi Il me fait répéter afin que les autres se divertissent à mes dépends ! (rires)
“Que dis-tu ?”
“Swami, quelle aide Tu as apportée !”
“Pourquoi dis-tu cela ? Je n’aide personne. Tu sais que tu aides quelqu’un parce que tu penses que tu sers le public. Je ne sers pas le public. Je n’aide personne. Je ressens que chacun de vous M’appartient. Je ressens que tous les fidèles M’appartiennent. Je ressens que vous êtes tous Miens, Mon bien, Mon peuple, ainsi, pourquoi dis-tu que J’ “aide” ?
Fini ! Je me tais. Chut.
*************************
Quelqu’un a dit, “Bhagavan, Tu es resté si longtemps parti. Maintenant que Tu es revenu, nous sommes si heureux.”
Bonne déclaration ! Quelqu’un peut-il dire que cela est faux ? (rires). “Swami, Tu n’étais pas ici depuis un certain temps. A présent que Tu es ici, nous sommes heureux !” Est-ce faux de dire cela ? (rires) Il ne s’agit pas d’une déclaration négative. Je sais que vous (l’auditoire) ne dites rien parce que vous connaissez le risque que l’on court ! (rires).
Alors Bhagavan dit : “Je peux ne pas être ici. Mais tu es ici. Tu es ici, n’est-ce pas ? Tu es ici. Alors, pourquoi dis-tu cela ?”
Je voulus alors améliorer cette question croyant que cet homme ne l’avait pas posée correctement. (rires). Je dis : “Swami, depuis que Tu es ici nos visages rayonnent. Nous sommes très heureux depuis que Tu es revenu près de nous !” Alors Il dit,
“Tu es dans l’erreur ! (rires) Pourquoi ? Tu es la Béatitude. La Béatitude est en toi.”
Je ne pouvais accepter la défaite. Combien de fois devrai-je me permettre d’abandonner mon argument ? (rires). Aucun avocat ou mandataire, n’aimerait perdre la cause chaque fois qu’il se présente devant la cour. Il voudrait gagner une cause au moins une fois dans sa vie ! (rires). Ainsi, je dis :
“Swami, si la Béatitude est en moi, comment se fait-il que je L’expérimente maintenant, après que Tu sois revenu ? Pourquoi pas avant ? (rires) Tu dis que la Béatitude est en moi. Je L’expérimente maintenant, pourquoi pas avant ?”
Après tout, notre Dieu, peut-Il ne pas répondre à un individu comme moi ? Il se retourna et dit,
“Non, non, non. La pensée que Je ne suis pas ici, la pensée que J’étais séparé de toi, la pensée de la séparation a recouvert la Béatitude intérieure. La Béatitude en toi est recouverte par la pensée de la séparation, par la pensée que Je suis loin de toi. Sinon, la Béatitude est en toi.”
Fini ! Cela met fin à l’argument. (rires)
**************************
Autre question :
“Bhagavan, Tu ne veux pas me dire que Tu as aidé l’Atma qui est ici. Je peux comprendre parce que nous sommes ton peuple. Mais…”
“Mais quoi ?” (rires).
“Tu devrais m’assurer que Tu ne me comprendras pas mal parce que j’ai besoin d’un certain temps pour faire mes bagages s’il m’est demandé de m’en aller ! (rires) Parce qu’il y a un risque, je le sais !”
“Quoi ? Aucune importance. Demande, demande !”
“Pourquoi n’as-Tu pas prévenu le tremblement de terre ? (rires) Tu aurais pu le faire. Au lieu de prévenir, Tu envoies des centaines de camions. Pourquoi ? Ou pourquoi devrais-Tu me faire pleurer et m’embrasser après ? Pourquoi ?”
Alors Swami dit : “Je vois.”
Il me regarda sérieusement. J’avais posé cette question d’une voix tâtonnante, les jambes tremblantes ! (rires). Il dit :
“Les calamités naturelles de ce type – tremblements de terre, inondations, - tout cela est la Loi de la Nature.”
“Alors, Swami, qu’en est-il des camions et tout cela ?”
“Ceci, c’est l’Amour de l’Homme !”
Ainsi, les calamités naturelles sont la Loi de la Nature. Le sacrifice, l’aide, les secours apportés au pauvre, à l’indigent et à l’opprimé qui se manifestent à l’occasion, quand cela est requis, c’est l’Amour de l’Homme ! La Loi de la Nature est ce que vous découvrez. L’Amour de l’Homme est la réponse. C’est ce que Bhagavan a dit à ce sujet.
************************
Swami souligna encore un autre point que je désire partager parce je crois que vous l’aimerez. Je sais que le temps tire à sa fin. Je vais donc conclure.
Swami regardait juste comme ceci. Nous tous, nous Le regardions parce que chacun veut capter tout ce qu’Il fait.
Soudain, Swami appela un jeune garçon qui termine le troisième cycle universitaire en M.Sc. et qui se trouvait à une certaine distance :
“Toi, Mon garçon, viens ici !”
Le garçon vint pensant qu’il obtiendrait de la “vibhuti prasadam” (rires). Il l’appela donc et dit :
“Que fais-tu ?”
“Ah, Swami, qu’est-ce que je fais ?” (rires).
“Non, non, non. Tu es physiquement ici à Me regarder, mais mentalement tu penses à autre chose. Etant ici, néanmoins tu penses à autre chose. Tu es physiquement présent et mentalement absent ! Tu ne devrais pas faire cela ! En ce moment, tu penses à ta sœur, d’accord ?”
Le garçon était tout tremblant.
Alors, tout bas, je dis : “Tombe à Ses pieds ! Cela solutionne le problème.” (rires).
Le garçon était suffisamment malin, il put entendre mon chuchotement et tomba à Ses pieds.
“Là, c’est sans importance, Mon garçon. Bien. Bien.”
Baba est si bon. Il ne vous regarde pas jusqu’à ce que vous versiez une larme et Il ne peut vous voir verser des larmes continuellement. Il ne peut supporter votre souffrance et vos larmes. Jusqu’à ce que vous vous mettiez à pleurer, Il ne vous regarde pas ! Mais Il ne vous permettra pas de pleurer longtemps. Il se met à fondre. Ainsi, nous connaissons la Formule Divine. Nous devons Le suivre et tomber à Ses pieds.
Le garçon se releva et Swami dit :
Dans une assemblée telle que celle-ci, lorsque nous parlons de spiritualité, lorsque Swami est ici et vous parle dans une assemblée, donne un discours ou un Satsang, durant les Bhajans, vous devriez être vigilants. Vous devriez être ici, pleinement concentrés. Vous ne pouvez pas être absents mentalement, vous permettant des diversions. Non, non, non.”
Et Il donna un exemple par lequel je terminerai la causerie de ce matin. Il donna l’exemple de Sri Ramakrishna Paramahamsa, un très grand sage de ce pays, une âme réalisée, celui qui témoigna de ce sentiment de rassemblement des cultes, celui qui propagea le principe de la communion de foi, de l’unité des religions en le pratiquant C’était un grand homme !
Un jour, il parlait à ses fidèles. Dans l’assemblée arriva une femme du nom de Rasamani. Elle avait engagé le Paramahamsa pour servir en tant que prêtre dans le Temple de la Mère Divine. Oui, cette femme riche, une dame très respectée, se trouvait aussi dans l’assemblée.
Le Paramahamsa se mit à parler aux gens. Soudain, il se leva, fit quelques pas en direction de cette femme et la frappa sur la joue ! Il la frappa ! Tous les gens se sentirent très très embarrassés! Ils étaient mal à l’aise. Nous ne nous attendions pas à ce qu’un Précepteur se lève et frappe une femme en public ! se disaient-ils. Est-ce cela la “sagesse” ? Est-ce cela la qualité d’une âme réalisée ? Quelle sorte de prêtre est-ce donc ? Les gens avaient grande honte.
Alors, le Paramahamsa dit à la femme : “Ecoute ! Lorsque tu es ici, tu ne dois pas penser à tes affaires ni à quoi que ce soit d’autre ! Tu penses à tes litiges, à des questions judiciaires, aux documents de ton avocat. Tu ne devrais pas faire cela. Si tu es tellement occupée par tes affaires en cours de justice, il vaudrait mieux que tu restes à la maison. Etant ici, tu ne devrais entretenir aucune autre pensée !”
Sur ce mes amis, je prends congé de vous ce matin. A la semaine prochaine, même jour, même heure. Je vous remercie. Sai Ram.
Le professeur Anil Kumar mit fin à sa causerie du dimanche en chantant, “Bhaja Mana Narayana, Narayana, Narayana.”
ASATO MAA SAD GAMAYA
TAMASO MAA JYOTIR GAMAYA
MRITYORMAA AMRITAM GAMAYA
OM, SANTI, SANTI, SANTI.
De l’irréel, conduis-moi au Réel,
De l’obscurité, conduis-moi à la Lumière,
De la mort, conduis-moi à l’Immortalité.
Om, Paix, Paix, Paix.
LOKA SAMASTA SUKINO BHAVANTU
LOKA SAMASTA SUKINO BHAVANTU
LOKA SAMASTA SUKINO BHAVANTU
OM, SANTI, SANTI, SANTI.
“Que tous les mondes soient heureux.
Om, Paix, Paix, Paix.”