LES PERLES DE SAGESSE DE SAI
NO. 3
ANIL KUMAR
20 octobre 2002
Om Sai Râm !
Ceci est notre troisième session des " Perles de Sagesse de Saï ". Par les
deux premières sessions, nous avons complété notre résumé des paroles que
Bhâgavan Baba échange avec les étudiants et le personnel enseignants sous la
véranda ici à Prashanti Nilayam.
9 octobre 2002
Ce jour-là, Swami fit distribuer des crèmes glacées à tous les étudiants. Il
appela ensuite quelques garçons et leur demanda : " Avez-vous donné une glace
à tout le monde ? "
- (Etudiants) " Oui, Swami ! Tout le monde est servi. "
- (Baba) " Non, trois étudiants n'en ont pas reçu. Vous déclarez être frères
et sœurs, mais vous oubliez vos frères ! Les frères oublient, mais la Mère
n'oublie jamais personne ! "
Souvent, Swami prend sur Lui des maladies de fidèles. Il expliqua : "
J'accepte et assume les maux des fidèles, en réponse à leurs prières. La
douleur leur est insupportable et ils prient pour être soulagés. C'est
pourquoi, Je prends sur Moi leurs douleurs. "
- (A.K.) " Swami, si le mal est insupportable, Vous souffrez terriblement Vous
aussi ! "
- (Baba) " C'est vrai, mais dans Mon cas, le temps de la souffrance est
fortement réduit. Vous êtes libérés de la douleur, après une longue période de
souffrance et Moi, Je la prends sur Moi et l'abrège radicalement. "
Avant cela, Swami avait pris en interview un élève de l'école primaire qui
souffrait d'asthme. Pendant la saison des pluies, les personnes souffrant
d'asthme ont des difficultés à respirer. La peine de cet enfant était grande
et Swami lui dit : " N'aie pas peur ! " Il prit immédiatement le mal sur Lui
et eut une crise d'asthme qui dura deux ou trois minutes et puis cessa. Swami
dit aux personnes de Son entourage : " Ne vous inquiétez pas, il n'y aura pas
d'autre crise. " Il avait prit le mal de l'enfant sur Lui-même.
16 octobre 2002
Je posais quelques questions à Swami, entre autres celle-ci : " Swami, à toute
action correspond une réaction. Donc, je dois affronter les effets, je ne peux
pas échapper aux conséquences de mes actes. C'est ce que Vous dites. Mais j'ai
un doute, Swami. "
- (Baba) " De quoi s'agit-il ? "
- (A.K.) " Selon l'Advaita, la philosophie de la non-dualité, il n'existe ni
agissant ni action ni objet de l'action ; tout est un. Il n'existe pas
d'agissant, car la vie est un simple rêve. Comment expliquer la question de
l'action et réaction, si l'on n'est pas celui qui agit ? "
- (Baba) " Va à la racine de l'action. Quelle est la cause de l'action ? C'est
la pensée. D'où émane la pensée ? Du mental. Donc le mental a créé la pensée
qui est la cause de l'action et celle-ci provoque une réaction. Aussi
longtemps que l'on œuvre au niveau mental, on ne peut pas être libre du
karmaphala - du fruit ou des conséquences de l'action - ; la réaction est
inéluctable. Toutefois, l'advaita de Shankara enseigne qu'il faut transcender
le mental et se fixer sur l'Atma. "
- (A.K.) " Oh ! Swami, comment transcender le mental ? C'est impossible !
Qu'en serait-il de moi ? "
- (Baba) " Transcender le mental, se situer au-delà du mental est possible. Il
suffit de savoir ce qu'est le mental. C'est un amas de pensées. Il est
constitué de pensées entre-nouées comme les fils d'un tissu. Si tu tires les
fils l'un après l'autre, il n'y a plus de tissu. Transcender le mental
signifie être libre de toute pensée ; sans pensée, le mental n'existe pas.
- (A.K.) " Comment faire, Swami ? "
- (Baba) " C'est très simple ! Tourne chacune de tes pensées vers Dieu.
Habituellement, tes pensées sont orientées vers le monde. Convertis-les,
tourne-les vers Dieu. Une fois que les pensées sont concentrées sur Dieu, ton
mental sera plein de divinité, il n'y aura plus de place pour les pensées
futiles et profanes ; il ne suscitera plus d'action et donc plus de réaction.
"
C'est agréable à entendre, mais plutôt ardu à mettre en pratique ! Je demandai
encore : " Swami, comment peut-on exercer la pensée positive ? Lorsqu'une
personne me harcèle ou m'insulte, lorsque les gens me blâment, comment puis-je
maintenir une attitude mentale positive ? Cela me semble impossible. "
- (Baba) " Si nous pensons que tout ce qui nous arrive est pour notre propre
bien, nous avons une pensée positive. Quoi que les gens disent ou fassent
contre vous, si vous prenez toute chose comme un don pour votre bien, c'est un
excellent exercice de pensée positive. C'est possible si l'on a une grande foi
en Dieu.
- (A.K.) " Swami, quelle différence y a t-il entre le mental individuel et le
mental cosmique ? "
- (Baba) " Le mental cosmique est Divinité, tandis que le mental individuel
est une entité et une identité avec nom et forme. Le mental cosmique est
universel, dépourvu de nom et de forme. "
- (A.K.) " Swami, existe-il une relation entre ces deux types de mental ? "
- (Baba) " Une fois que l'individu oublie son identité, lorsqu'il se détache
des noms et des formes, il n'est plus un individu, mais entre dans le mental
cosmique. Lorsque les noms et les formes sont transcendés, le mental
individuel et le mental cosmique sont un et identiques. Prenez par exemple un
ballon. L'air autour de ballon est le mental cosmique et l'air à l'intérieur
du ballon est le mental individuel. Si le ballon éclate, l'air de l'intérieur
se fond avec l'air de l'extérieur et devient un seul air. C'est cela le mental
cosmique. Il n'y a aucune différence entre les deux, si ce n'est que le mental
individuel est limité par un nom et une forme. "
- (A.K.) " Swami, quel est le but de l'existence ? "
- (Baba) " Le but de l'existence consiste à réaliser l'unité avec Dieu, à
savoir que vous êtes Dieu. Aussi longtemps que vous pensez être différents de
Dieu, vous êtes encore en chemin. "
18 octobre 2002
Par un lapsus linguae, je dis : " Swami, les journaux reportent des faits
violents qui se déroulent dans le Nord du pays. Tant de personnes ont été
tuées là-bas ! " Swami me répondit : " Tu es toujours friand de nouvelles !
Que sont les " nouvelles ", sinon des " nuisances " ? Parles-tu des actes de
violence dans le monde ? Beh ! Il n'y a rien de grand à tuer les gens. Les
cobras, les lions, les tigres peuvent en faire autant. La grandeur réside dans
l'aide et le service aux autres, la noblesse consiste à rendre les autres
heureux. "
Bhâgavan fit encore une autre affirmation. Je voudrais d'abord ouvrir une
parenthèse. Il faut reconnaître que plusieurs étrangers en savent plus long
sur les textes tels que les puranas, la Bhâgavadgîta, la Tripura Rahasyam,
etc. Beaucoup d'Indiens n'ont pas lu ces textes, je suis navré de le dire. La
famille Saï est aujourd'hui dans une condition telle que les distances ne
comptent absolument plus. Par exemple, un groupe d'Argentins connaissaient
tous ces textes.
Il s'agit ici d'une illustration tirée du Mahabharata, le fait que la
naissance de Karna n'avait pas été annoncée publiquement. Pourquoi ? Parce que
la reine Kunti avait eu cet enfant du dieu Soleil, avant qu'elle ne soit
mariée avec le roi Pandu, et comme cette circonstance aurait jeté un voile de
honte sur la réputation de la famille, elle abandonna l'enfant qui fut
recueilli et élevé par le chef d'une tribut de basse caste. Plus tard, pendant
la guerre du Mahabharata, les Pandavas étaient prêts à tuer tous leurs ennemis.
Karna était devenu le chef du camp adverse. Kunti s'approcha de lui et lui dit
: " Les Pandavas sont tes frères ; ne les tue pas ! " Karna s'en prit à sa
mère et lui dit : " Pourquoi ne m'as-tu pas annoncé ce lien de sang avant la
bataille ? A présent, c'est trop tard.! Je ne manquerai pas de loyauté envers
mon roi. Je ne toucherai pas à quatre des cinq frères, mais je veux tuer
Arjuna, car il est mon ennemi. "
Lorsque Bhâgavan raconta cet épisode, je Lui demandai : " Swami, était-il
correct de la part de Kunti d'avoir caché la vérité aux yeux de ces cinq fils
Pandavas, sur l'existence de leur frère aîné Karna ? "
Bhâgavan est vraiment sublime ; Il n'humilie jamais aucun personnage des
récits. Il dit : " Kunti avait raison ; elle ne pouvait pas révéler
l'existence de son premier fils, en raison du prestige de la famille. Elle
avait eu cet enfant avant d'être mariée et si cette circonstance avait été
sue, la famille royale aurait perdu tout prestige et serait devenue très basse
aux yeux du peuple. " Il ajouta : " A cette époque, il n 'y avait pas de peine
capitale. La punition consistait à avoir la tête rasée et à être rejeté au-delà
des frontières du pays. "
Peu après, Swami fit référence à deux autres personnages du Mahabharata,
Bhismâcharya et Drônâcharya. Acharya signifie " instructeur ". Bhîsma était un
instructeur véritable, car il pratiquait ce qu'il enseignait. En revanche,
Drôna était un acharya seulement de nom, car il ne pratiquait pas ce qu'il
prêchait.
Bhâgavan parla encore du Râmayana. Il y avait un être, Parasurâma, qui avait
fait le vœu de tuer tous les Kshatriyas - les guerriers -. Il tua tout le
monde, mais deux rois guerriers eurent la vie sauve : l'un était Dasaratha et
l'autre Janaka. Dasaratha devint le père de Râma et Janaka celui de Sîta.
Je demandai à Bhâgavan : " Swami, comment purent-ils échapper au massacre ? "
Bhâgavan répondit : " C'est très simple. Les gens respectaient certaines
normes ; l'une d'elles stipulait que l'on ne pouvait pas tuer un homme à peine
marié. Dasaratha eut trois femmes, qu'il épousa l'une après l'autre. Ainsi,
lorsque quelqu'un était sur le point de le tuer, il pouvait toujours déclarer
être jeune marié ! Janaka eut également la vie sauve, car les normes
prévoyaient de ne pas tuer un homme accomplissant des yagnas. Janaka passait
la vie à accomplir des yagnas. Leur vie fut sauvée pour qu'ils deviennent les
pères de Râma et Sîta, afin de servir le grand jeu divin. "
19 octobre 2002
Bhâgavan parlait aux professeurs. Les étudiants ont l'habitude de monter une
pièce de théâtre pour le jour de la Convocation des Instituts Sri Sathya Sai,
le 22 novembre de chaque année. Swami demanda d'un ton anodin : " Quelle pièce
avez-vous l'intention de mettre en scène ? "
- (Etudiant) " Une pièce au sujet des différentes religions, Swami. "
- (Baba) " Je vois ! (se tournant vers un autre étudiant) Quelle pièce
préparez-vous ? "
- (L'autre étudiant) " Swami, il y a tant de violence dans le monde ; nous
montrons dans la pièce ce qu'est l'amour, ce qu'est l'unité. "
- (Baba) " Ecoutez ! Je ne veux pas que vous critiquiez les autres religions.
Je ne veux pas que vous fassiez le procès aux autres pays. Je ne veux pas que
vous fassiez une exposition des différences, ni que vous projetiez rien de
négatif. Ne projetez jamais aucune négativité sur le public. Non, focalisez
votre attention sur les choses positives. Je vous ai toujours dis qu'il
n'existe qu'une seule caste, celle de l'Humanité, qu'il n'existe qu'une seule
religion, celle de l'Amour. Je désire que vous épanouissiez la paix, avec cet
amour. Ne parlez pas de religions, de castes, de différences d'opinion, de
violence, etc. Je ne veux pas cela. "
Puis Swami ajouta : " Dans cet Institut d'Education Sri Sathya Sai, vous
devriez l'avoir compris à présent, le but de l'éducation, la philosophie à la
base du système éducatif consiste en cette affirmation : L'Amour est Dieu,
vivez dans l'Amour. Nos étudiants devraient le savoir et le pratiquer. Notre
institution n'a aucun autre but. Les étudiants devraient projeter cet Amour
dans leur pièce de théâtre. Pas de violence, pas de discussions stériles. "
21 octobre 2002
Bhâgavan demanda à deux jeunes gens de prendre la parole en public. L'un,
nommé Srirâm Parsirâm, avait étudié chimie dans notre Institut et revenait à
présent d'un séjour en Californie, où il avait fait un stage en Administration
des Hôpitaux. Il dit : " Un morceau de charbon est transformé en diamant par
l'attouchement de Bhâgavan. Nous, les étudiants, nous sommes semblables à des
morceaux de charbon, totalement sans valeur ; mais grâce à Swami, nous sommes
transformés en diamants précieux. "
Il fit ensuite une considération : " Voyez, les jeunes élèves de l'école
primaire sont capables de parler sans aucune crainte. Vous l'aurez remarqué le
dimanche. Lorsque Swami en invite un à parler à haute voix, plusieurs
compagnons se mettent en file pour avoir eux aussi l'occasion de s'adresser à
l'assemblée, sans aucune peur. Si Swami demande aux grands de parler, ils
hésitent et se mettent à trembler, en pensant aux réactions de l'auditoire.
Les petits n'ont absolument aucune crainte. Pourquoi ces enfants de l'école
primaire sont-ils toujours prêts à prendre la parole, à n'importe quel moment
? Parce qu'ils sont innocents et l'innocence est divine. Grâce à leur
innocence, leur amour pour Bhâgavan est total et sans condition. Grâce à leur
amour, ils réussissent à cent pour cent tout ce qu'ils entreprennent. "
L'innocence nous conduit donc à l'amour et l'amour nous permet de réussir ce
que l'on entreprend. Par contre, les grands ont de l'ego et s'ils sont invités
à parler en public, ils se demandent avec angoisse combien d'applaudissements
leur causerie récoltera. Avec l'âge, notre ego se développe et cet ego
provoque en nous un sentiment de crainte ; la crainte conduit à la faillite.
L'autre jeune homme, Arun Kumar, fit des études d'ingénieur en technologie
dans une institution prestigieuse ; il prépara ensuite une licence en
administration des affaires dans notre Institut et il travaille actuellement à
la radio " Global Harmony ". Ce garçon mentionna des expériences. Il raconta
qu'il se trouvait dans un train roulant à grande allure. Un ivrogne se
trouvait dans le compartiment et commença à parler vulgairement et à insulter
les voyageurs. Une jeune fille était assise en face d'Arun Kumar et elle
craignit que l'homme en état d'ivresse ne vienne s'asseoir à la place vacante
juste à côté d'elle. Elle pria Swami de la sauver de cette situation
embarrassante. Un passager dit à l'ivrogne : " Asseyez-vous là. Il y a une
place libre ! " indiquant le siège à côté de la jeune fille. L'ivrogne
s'approcha et fut sur le point de s'asseoir, puis s'écarta d'un bond en disant
: " Pourquoi me dites-vous de m'asseoir là ? Il y a déjà un homme assis à
cette place, ne le voyez-vous pas ? Vous ne voyez pas cet homme chevelu, à la
tunique orange ? Etes-vous aveugle ou quoi ? "
De cette façon, Swami sauva la jeune fille d'une situation pénible.
Arun Kumar raconta une autre chose : " Vous vous sentez heureux de la vie du
monde. Mais c'est une erreur ; le bonheur ne se trouve pas dans le monde
extérieur, il est en vous-mêmes. Vous êtes l'expression de la joie, du bonheur,
de la béatitude. Chercher le bonheur à l'extérieur est une erreur. "
Il donna un exemple (puisé dans un discours de Swami) : un chien rongeait un
os et se blessa la gencive. Le sang coula sur l'os et le chien, imaginant que
ce sang venait de l'os, jouit intensément à le lécher. Il ne comprenait pas
que le sang venait de lui-même. Ainsi, nous pensons trouver le bonheur en des
personnes ou des objets extérieurs et perdons de vue que le bonheur est en
nous-mêmes. "
27 octobre 2002
Cet après-midi là, Swami demanda à un jeune homme de faire une causerie. Ce
garçon est un ancien étudiant, un garçon brillant, diplômé en sciences et en
administration des affaires. Il travaille actuellement comme assistant
technique dans le Superspeciality Hospital. Swami lui demanda de parler au
public. Il raconta deux miracles advenus à l'hôpital : un père se présenta
avec sa fillette qui souffrait de problèmes cardiaques et les médecins, après
l'avoir examinée, déclarèrent qu'il fallait l'opérer d'urgence. Mais ils
avertirent le père que, après l'opération, la petite devait prendre des
médicaments pendant deux ans et que ce traitement lui coûterait environ 200
roupies par mois. Le père dit : " Nous ne pouvons pas payer deux cents roupies
par mois. Voyez, j'ai aussi un garçon, c'est mon unique fils ; si je dépense
deux cents roupies par mois pour cette fillette, comment pourrai-je supporter
les frais d'éducation de mon fils. Notre fils pourra un jour gagner de
l'argent, tandis que la fille ne le pourra pas. Pourquoi dépenser de l'argent
pour elle ? "
Les médecins référèrent cette conversation à Swami, disant que le père
refusait de prendre en charge les frais médicaux de sa fille. Swami fondit
littéralement. Il donna immédiatement aux médecins l'ordre de prendre tous les
frais à charge de l'hôpital. " Envoyez chaque mois deux cents roupies à cette
petite. Et non seulement à elle, mais dites à tout patient dans
l'impossibilité d'affronter les frais médicaux post-opératoires, que nous les
leur payerons entièrement. "
Je ne crois pas qu'il existe au monde un autre hôpital de ce type où, non
seulement on opère gratuitement, mais on donne également la nourriture et même
les médicaments pendant deux ans !!
Ce jeune homme mentionna un autre miracle. Un homme vint de la frontière
pakistanaise ; il souffrait de problèmes cardiaques. Là, à la frontière, à
Ladhak, quelqu'un lui avait dit : " Allez à Puttaparthi ; là, tout est gratuit
(opération, frais d'hospitalisation et médicaments). Ne vous inquiétez pas,
vous allez chez Dieu. Il ne vous laissera jamais les mains vides. Vous
reviendrez certainement fort et en bonne santé. "
Cet homme vint donc ici, subit une opération et retourna chez lui,
complètement rétabli. Par gratitude et amour, il écrivit une lettre à Swami :
" Comment Vous exprimer ma gratitude, Swami ? Vous m'avez sauvé la vie. "
28 octobre 2002
Les étudiants devaient tous revenir de vacances ce jour-là, car le collège
reprenait les leçons à partir du 29. (Plusieurs étudiants étaient restés à
Puttaparthi pendant leurs vacances scolaires.) Swami appela le Directeur du
Collège de Whitefield et lui demanda : " Tous les garçons sont-ils revenus ? "
- (directeur) " Oui Swami, les trois cents élèves sont revenus. "
- (Baba) " Pourquoi bluffer ainsi ? Trois garçons ne sont pas encore revenus,
Je le sais ; pourquoi dire ce qui n'est pas ? "
- (directeur) " Excusez-moi, Swami, c'est vrai ! Trois élèves manquent à
l'appel. Pour quelle raison tardent-ils ? "
- (Baba) " L'un d'eux a une fracture. Un autre souffre de jaunisse et le
troisième est bloqué en chemin, à cause des grèves des transports dans l'Etat
du Karnataka. "
-
29 octobre 2002
C'était un après-midi très doux, frais et agréable. Le climat de Kodaikanal
semblait s'être installé à Puttaparthi et la brise fraîche nous donnait une
impression d'air conditionné. Les étudiants déclarèrent tout à coup : " Swami,
nous voudrions chanter les Védas. La récitation des Védas est très favorable
et les fidèles en seront heureux. Nous donnez-nous Votre permission ? " Swami
répondit : " Allons, chantez ! "
Les grands garçons se mirent à chanter les versets sanskrits. Au bout de leur
rangée, il y avait quelques petits de l'école primaire, qui récitaient les
versets avec les grands. Je le remarquai et dis : " Swami, les petits chantent
aussi ; j'ai vu leurs lèvres se mouvoir. " Swami dit : " Oh ! Les petits
connaissent les Védas bien mieux que ces grands garçons. " Il ordonna aux
grands de s'arrêter et invita les petits à s'avancer vers Lui. Ils
commencèrent à psalmodier les versets sanskrits. Baba me dit : " Tu entends ?
Es-tu capable de réciter les Védas aussi bien qu'eux ? "
- (A.K.) " Non, Swami ; je n'ai pas fait mes études dans vos Collèges !
Comment pourrais-je réciter correctement les Védas ? "
Tous les garçons et toutes les filles qui étudient dans nos Institutions, de
l'école primaire jusqu'à l'université, connaissent les Védas. Nos institutions
alimentent très fortement la connaissance de notre culture antique.
Après la récitation des Védas, Swami expliqua : " La récitation des Védas
comprend deux parties. La première s'intitule Namakam et l'autre Chamakam. La
première partie, le Namakam , déclara en substance : " Je ne veux rien ". Na
est la négation et ma vouloir. Donc, je ne veux rien. La deuxième partie, le
Chamakam, est au contraire l'expression du désir : " O Dieu, accorde-nous de
l'air pur, de l'eau pure, de la bonne nourriture, etc. " "
Comme vous le savez déjà, je n'arrive pas à contenir mes paroles et je prends
le risque divin d'intervenir, affrontant d'énormes dangers spirituels ; que
faire , je suis né avec cette tendance à l'expression ouverte. Je demandai
donc : " Swami, si je ne désire rien, Namakam, pourquoi devrais-je déclarer
que je veux toute chose, Chamakam , dans les prières ? "
Swami répondit : " Les deux aspects sont contemplés par les Védas. Les gens
qui ne désirent rien récitent le Namakam et les autres, ceux qui sont pleins
de désirs, préfèrent réciter le Chamakam. Voyez, après s'être soumis à de
longues pénitences, les sages du passé déclarèrent :
Vedaham etam Purusham Mahântam
Aditya Varnam Tamasah Parastât
Tam eva viditvâ atimrtyum eti nânyah panthâ vidyate yanâya
Je connais l'Etre suprême qui brille de la splendeur du soleil
Et qui se situe au-delà de tamas, l'obscurité de l'ignorance
C'est seulement en Le connaissant que l'on surpasse la mort. Il n'y a pas
d'autre chemin.
(Svetâsvatara Upanishad III,8)
Vedaham etam Purusha Mahântam : j'ai vu Dieu (vedaham de vid, voir ou
connaître)
Tamasah Parastât : au-delà de l'obscurité (de l'ignorance)
Donc, au-delà de l'ignorance, on peut voir la splendeur de la Divinité. Les
sages déclarèrent que Dieu est omniprésent, qu'Il demeure en nous comme hors
de nous (antarbahisca Tat sarvam...) "
Swami expliqua ainsi les Védas aux étudiants.
1er novembre 2002
Ce jour-là, comme le 28 octobre, Swami s'entretint avec un homme de Grèce,
nommé George. Swami resta debout en face des fidèles et appela " Eh, Grèce,
viens ici ! " L'homme se précipita littéralement aux pieds de Swami.
J'observais la scène et Swami me dit : " Il se jette à Mes pieds par pure
dévotion ; il n'est pas rudimentaire comme vous ! " Ensuite Swami s'adressa à
cet homme et lui demanda : " Comment t'appelles-tu ? "
- (Le fidèle) " George, Swami ! "
- (Swami) " Oh ! George ! Et quelles sont tes occupations ? "
- (Le fidèle) " Je gère une librairie, Swami, intitulée " Ananda " "
- (Swami) " Ah ! Et qui t'assiste dans ce travail ? "
- (Le fidèle) " Ma sœur travaille avec moi. "
- (Swami ) " Et que faites-vous ? "
- (Le fidèle) " Nous vendons des livres, nous nettoyons le local et chantons
des bhajans pendant toute la journée. "
- (Swami, se tournant vers A.K.) " Vous voyez, ceci est pure dévotion ; vous
n'êtes pas comme ça ! (S'adressant au fidèle grec) Et comment es-tu venu à
Puttaparthi la dernière fois ? "
- (Le fidèle) " Je suis venu à pied, Swami, de l'aéroport de Bangalore jusqu'à
Puttaparthi. "
- (Swami ) " Combien de kilomètres as-tu parcouru ainsi ? "
- (Le fidèle) " Cent-soixante-quinze kilomètres, Swami. J'ai mis quatre jours
pour arriver ici. " Ce n'est pas tout, il portait un sac à dos de 18 kg.
contenant ses bagages. Il marcha pendant quatre jours pour arriver à Prashanti
Nilayam. Swami nous fit remarquer : " Etes-vous prêts à en faire autant ? Cela
est dévotion ! (Au fidèle) Combien de fois es-tu venu en ce lieu ? "
- (Le fidèle) " Je viens ici depuis 29 ans, Swami ! J'avais l'habitude de
recueillir un peu de sable là où Vous aviez posé vos pieds pendant le darshan
(jusqu'en 1987, la cour en face du temple était couverte de sable) ; je le
conservais en Grèce, dans ma chambre de prières. "
- (Swami, s'adressant aux étudiants) " Vous voyez, les enfants ! Vous avez
l'occasion de voir Swami chaque jour. Voyez cet homme de Grèce, observez sa
dévotion ! (Se tournant vers le Grec) George, es-tu marié ? "
- (Le fidèle) " Non, Swami, je ne suis pas marié. Je ne désire pas me marier "
et il semblait pleurer en disant cela. Swami se tourna vers moi et me demanda
" Anil Kumar, pourquoi pleure-t-il ? "
- (A.K.) " Swami, ceux qui sont mariés versent des pleurs ; et cet ami, qui
n'est pas marié, pleure aussi ! Il n'y a pas de différence. En fait, la peur
du mariage nous fait pleurer ; la vie de mariage nous fait également pleurer !
"
- (Swami au fidèle ) " Es-tu venu seul ? "
- (Le fidèle) " Non Swami, je suis venu avec un ami. C'est un champion
olympique de réputation mondiale pour le saut en hauteur. "
Swami fit venir le champion et le pria de raconter son expérience aux
étudiants ; il raconta un fait étrange. Sa femme était enceinte et le temps de
l'accouchement s'approchait. Elle consulta différents médecins et passa
plusieurs tests ; ils étaient unanimes à lui annoncer la naissance proche d'un
garçon. Sa femme et lui prièrent Swami, car ils souhaitaient une fille et non
un garçon. Swami leur demanda "Croyez-vous fermement ? " - " Oui, Swami ! "
dirent-ils. Ils s'en retournèrent dans leur pays et la femme accoucha d'une
fille !
Swami dit aux étudiants : " Oui, J'ai changé ce bébé mâle en bébé femelle.
Vous les garçons, si vous ne vous conduisez pas bien, Je vous changerai
immédiatement en filles ! (rires)
- (Swami) " George, tous tes parents sont-ils en Grèce ? "
- (Le fidèle) " Je n'ai plus personne, Swami. Les fidèles Saï sont mes proches.
"
- (Swami) " Très bien ! Resteras-tu ici pour l'Anniversaire ? "
- ( Le fidèle) " Non, Swami, je dois retourner en Grèce. Nous célébrerons
l'Anniversaire là-bas, avec tous les fidèles Saï. Il y aura des ballons, des
illuminations, des distributions de bonbons, etc. Les fidèles sont nombreux,
parmi eux figurent des ministres et de hauts fonctionnaires. Ils participent
tous aux célébrations de l'Anniversaire de Swami. "
- (Swami) " Très bien ! Retourne en Grèce ! " Swami fit entrer le fidèle dans
la chambre des interviews et lui offrit une pièce d'étoffe pour qu'il se
confectionne un nouveau costume pour l'Anniversaire.
3 novembre 2002
Swami sortit de Sa chambre et s'adressa directement à moi : " Sais-tu ce qui
s'est passé ? " - " Non ! Que s'est-il passé, Swami ? " - " Un élève de onze
ans a été opéré pour un problème cardiaque. L'opération était bien réussie,
mais peu après, des complications se présentèrent à l'abdomen. L'enfant
souffrait d'un blocus intestinal et de douleurs lancinantes dans l'abdomen ".
Les médecins étaient très préoccupés. Ils vinrent chez Swami et référèrent que
l'opération avait bien réussi, mais qu'il y avait des complications. Swami
matérialisa de la vibhuti pour l'enfant. Les docteurs lui administrèrent cette
vibhuti et peu après l'avoir ingérée, l'enfant se sentit bien, les douleurs
avaient disparues et il consomma un repas normal !
Dans ce contexte, je voudrais attirer votre attention sur un point très
important. Chaque jour, le Docteur Safaya, directeur du " Superspeciality
Hospital " de Puttaparthi, consulte Swami au sujet des patients qui doivent
être opérés, de ceux qui doivent être hospitalisés et Lui demande de la
vibhuti pour eux. Swami donne de la vibhuti pour tous les patients. C'est
Swami qui décide de tout : " Cette personne ne doit pas être opérée ; cette
autre n'a pas la grippe, mais la malaria ; donnez ce traitement à un tel ;
opérez un tel autre... " Je suis témoin de ceci. Bhâgavan Baba, le Médecin des
médecins, fait les diagnostiques et donnent les prescriptions pour chaque cas.
4 novembre 2002
Swami dit à l'assemblée : " La plupart des gens ne comprennent ni Mes actes ni
Mes paroles. Vous ne comprenez pas la signification de Mes actes et vous vous
méprenez sur Mes paroles. Certains éprouvent même une profonde affliction pour
certaines de Mes paroles qui les blessent ; ils ne comprennent pas. Cela Me
préoccupe beaucoup. Je ne vous livre jamais le sens profond de Mes actes, Je
ne les explique pas, mais Je suis triste de constater que vous ne comprenez
pas l'esprit qui les détermine. Tout ce que Je fais est à votre avantage ; Je
ne fais rien par égoïsme. "
Pourquoi Swami parlait-Il ainsi ? Je fis une brève introspection. Le 4
novembre matin, Swami avait été très dur avec moi, je ne sentais heurté.
L'après-midi, Il dit que certains ne comprenait pas Ses paroles et se
sentaient blessés ! Pourquoi ne pas me le dire en privé ? Pourquoi en face de
toute l'assemblée ?
5 novembre 2002
C'était hier après-midi ; Bhâgavan parlait de Son enfance et des traditions
populaires et coutumes en vigueur dans cette partie de l'Andhra Pradesh. Les
villageois vivaient dans l'unité et dans un esprit de coopération mutuelle, en
particulier pendant cette saison des pluies, marquée par le festival de
Dîpavali. Ce mois est appelé Kartîka ; dans le courant de ce mois, les gens
ont l'habitude de prendre un bain d'eau froide à l'aube, même avant 5h du
matin ; ils occupaient les fins de semaine en pèlerinages ou retraites, ou
bien ils organisaient des sortes de pique-nique, ils s'asseyaient sous un
arbre et échangeaient les nourritures apportées des maisons, jouaient,
chantaient et dansaient en toute allégresse. Ils s'assemblaient et
échangeaient leurs opinions, promouvant la compréhension mutuelle et un
sentiment d'unité entre les habitants du village.
Bhâgavan disait qu'avant cinq heures du matin, ils avaient déjà pris leur bain
dans l'eau froide du Chitravati et étaient revenus chez eux.
- (A.K.) " Swami, un bain d'eau froide en cette saison fraîche ? "
- (Swami) " Pourquoi pas ? Une fois que vous êtes plongés dans le fleuve, vous
ne sentez plus le froid. Tant que vous restez sur la rive, vous grelottez,
mais dans l'eau, cette impression de froid passe tout de suite. Ensuite, nous
nous asseyions sous un arbre et mangions une préparation dite " perles de
milet " à base de milet, très appétissante et pimentée ; nous mangions aussi
du malte de raghi . Nous chantions et dansions, et nous nous balancions aux
branches des arbres. Il y avait en particulier une danse populaire appelée
kolâkam, que l'on exécutait avec deux bâtonnets dans les mains. Les gens
sautaient et dansaient. Le grand-père Kondamma Raju sautait au milieu du
groupe "
- (A.K.) " Swami, dansiez-Vous aussi le kolâkam ? "
- (Baba) " Non, non ! Je ne dansais pas cela. "
- (A.K.) " Oh ! Que faisiez-Vous alors ? "
- (Baba) " Je rassemblais les jeunes enfants du village et nous chantions des
bhajans. Le groupe des Pandari Bhajans commença à cette époque. C'était le
premier groupe de musique dévotionnelle. "
Bhâgavan rappela également la question des Haridras, hors-castes ou "
intouchables ", en ce temps-là ; ils séjournaient au-dehors du village. Un
jour, Swami promit de rendre visite à l'un d'eux. Cet homme s'appelait Mâdigha
Narayana ; il avait invité Swami dans son logis et Swami s'y rendit, suivi par
Karnam Subbamma. Or, Subbamma était de famille brahmane ; les Brahmanes ne
visitent pas les intouchables, même pas en rêve. A cette époque, si un
Brahmane rencontrait du regard un intouchable, il prenait immédiatement un
bain purificateur ! (rires) Telle était la situation en ces jours-la. Mais
Subbamma voulut suivre Swami. Baba lui dit " Ne le faites pas. Les villageois
s'en ressentiront (Subbamma était l'épouse de chef du village). Pour Moi, tous
les êtres sont Un ; Je Me rends chez n'importe qui, mais cette attitude ne
convient pas à une personne telle que vous "
Subbamma répondit : "Oh ! Swami, je ne me préoccupe pas de la société ni de ce
que les gens pensent de moi. Je ne veux que Vous. Je Vous suis, où que Vous
alliez. "
Swami rappela également que les villageois de ce temps-là ne fermaient jamais
à clé les portes de leurs maisons. Il n'y avait de verrous nulle part ; on ne
volait pas, il n'existait pas de voleurs. Les gens célébraient leurs festivals
dans les campagnes hors du village, sous un grand arbre, laissant leurs portes
grandes ouvertes. Rien de fâcheux ne se passait. L'honnêteté et l'intégrité
régnaient en maîtres dans le village en ces jours-là, dit Bhâgavan. Et après
avoir joué et chanté pendant toute la journée, ils allaient se coucher sur le
sable, sans aucun besoin de lits ni d'oreillers. Ils dormaient simplement sur
le sable.
Swami raconta encore un autre fait peu connu : Sa mère Isvaramma et Ses deux
sœurs étaient expertes en natation. Elles enseignaient à nager aux enfants du
village, même aux tout petits enfants. Elles les tenaient en surface et puis
les laissaient nager seuls. Elles nageaient aussi elles-mêmes dans le fleuve.
Peu après, Swami me demanda : " As-tu vu ce docteur ? "
- (A.K.) " Swami, comment puis-je le voir, de la position que j'occupe ici,
sur les marches du temple ? "
- (Baba) " Ce médecin vient d'Allemagne. Sa femme et lui sont de grands
spécialistes en cardiologie et ils voulaient voir comment fonctionne notre
hôpital. Ils pratiquent des greffes du cœur et sont actuellement invités par
le Gouvernement d'Australie à offrir leurs services dans ce pays. Avant de s'y
installer, ils sont venus ici pour avoir le darshan de Baba. Ils ont entendu
parler de Bhâgavan Baba et du travail du Superspeciality Hospital.
Que Swami vous bénisse.
Om Sai Râm.