LES PERLES DE SAGESSE DE SAI
NO. 13
ANIL KUMAR
7 février 2003
Om Sai Râm, mes hommages aux Pieds de Lotus de Bhâgavan.
Mes chers frères et sœurs,
Aujourd'hui, nous allons passer en revue les conversations que Swami a eues
avec les étudiants, à Whitefield, dans le courant du mois de mai 2001. En
effet, nous avons terminé l'an 2002, et à présent nous passons à 2001. Je
vous remercie pour le vif intérêt que vous manifestez et j'apprécie votre
service spirituel, grâce auquel vous partagez ces notes avec les autres fidèles
à travers le monde.
Bhâgavan fit un commentaire qui est d'une valeur immense pour nous tous :
" Si vous agissez selon Mes paroles, si vous suivez Mon commandement,
vous serez libérés de tous les maux, vous n'aurez plus aucun problème.
"
Il fit une deuxième déclaration : " Dieu est semblable à un aimant. Et
ce Dieu au pouvoir magnétique attire à Lui tous les êtres. L'aimant est
parfait ; il attire tout un chacun. "
Je désire à présent vous expliquer ces deux affirmations de Bhâgavan. Dans
le Râmayana, nous trouvons un personnage très important appelé Hanuman. Cet
Hanuman suivait très scrupuleusement les ordres du Seigneur Râma et
atteignit ainsi une condition telle qu'il reçut la vénération et le respect
de tout le monde.
Lorsque vous obéissez au commandement divin, vous méritez de recevoir le
respect de la communauté. La société vous considérera comme un idéal,
comme le meilleur exemple. Dans le Mahabharata, les Pandavas obéissaient méticuleusement
à Krishna et ils en furent récompensés ; à la fin, ils remportèrent la
victoire et furent chaudement acclamés par le monde, même jusqu'à nos jours.
Ici, je voudrais vous raconter une petite anecdote mentionnée par Bhâgavan
dans un discours. Vous avez entendu parler de l'enfant Krishna, qui avait
l'habitude de dérober la crème de lait et le beurre dans les maisons
voisines. Ceux d'entre vous qui ont une certaine idée du Maha Bhagavatam
comprendront. Il ne s'agit pas de vol pur et simple, mais d'un geste revêtant
une signification profonde. Toutefois, l'histoire raconte ceci : Krishna
s'introduisait furtivement dans les maisons voisines et y buvait le lait et
mangeait le beurre, sans qu'on Le remarque.
Le beurre représente le cœur humain ; le lait est le symbole de la dévotion
; le vase est le corps humain. Les larcins de Krishna signifient que Dieu
capture en secret le cœur humain, à l'insu de l'homme.
Un jour, Krishna commença à boire du lait ; Comment s'y prenait-Il ? Il
avait les deux pieds dans le vase le plus bas et buvait le lait du vase supérieur.
Il renversait simplement le vase et buvait. Yashoda partit à sa recherche et
finit par le trouver là. Krishna sauta immédiatement de son perchoir et se
mit à courir. Sa mère ne pouvait plus Le voir, mais elle suivit les traces
de Ses pas, car Il avait mis les pieds dans le lait. Grâce à ce lait,
Yashoda put suivre les traces de Ses pas et Le retrouver.
Cet épisode tiré du Bhagavatam nous enseigne ceci : si nous suivons les
traces de pas de Dieu, nous arriverons à Lui. Krishna est Dieu ; Sa mère,
représentant le fidèle, suit les traces de Ses pas et Le rejoint. Nous
devrions agir ainsi et atteindre Dieu.
Il y a encore une autre chose. Certains parmi nous peuvent penser qu'ils ne
sont pas attirés par Baba, c'est à dire que Baba ne leur permet pas de
s'approcher de Lui. Si nous pensons cela, nous sommes dans l'erreur. Dieu est
un aimant et nous sommes des clous en métal. L'aimant fonctionne parfaitement,
mais les clous sont couverts de terre et de rouille et par conséquent,
l'aimant ne les attire pas à lui. L'erreur est donc à imputer aux clous, non
à l'aimant. Il faut que les clous soient propres, de façon à être attirés
par l'aimant.
Dieu est l'aimant et les fidèles les clous ; ceux-ci doivent se libérer de
la terre de l'attachement et de la rouille de l'ego. Lorsque ces deux aspects
ont disparu, les clous seront automatiquement attirés par l'aimant.
Évaluant la situation et la bonne humeur de Bhâgavan, je me risquai à poser
une question à Swami.
- (A.K.) " Bhâgavan, pourquoi trouvons-nous des obstacles sur le sentier
spirituel ? "
- (Baba) " Il n'existe absolument aucun obstacle sur le sentier spirituel.
Ta faiblesse et ton manque de foi sont responsables des obstacles. En réalité,
le sentier spirituel est tout droit et dépourvu de tout obstacle. "
Donc, Bhâgavan dit que les obstacles rencontrés sur le sentier spirituel ont
deux causes : le manque de foi et le karma des vies passées. Ces deux choses
nous interdisent de cheminer sur le sentier spirituel. Et Bhâgavan ajouta -
et ceci est très important pour chacun de nous - : " Nous pensons être
sur la voie de la spiritualité, mais en réalité, nous n'y sommes pas.
Pourquoi , ? Parce que nos visées sont de type mondain, matériel, physique.
Voici un petit exemple : je souhaite passer la session des examens. Je me
rends au temple, brise une noix de coco et fais une offrande à Dieu. Est-ce dévotion
? Non ! Je me rends au temple uniquement pour obtenir la réussite de mes
examens ; l'intention est tout à fait matérielle et égoïste ; on ne peut
pas parler de dévotion dans le vrai sens du terme ". Ainsi, Baba affirma
ceci : " Tout ce que l'on fait par égoïsme ou égocentrisme n'a rien à
voir avec la spiritualité " Le sentier spirituel requiert un amour
inconditionné pour Dieu, sans regard pour les avantages physiques et sans
aucune intention matérialiste.
Dans la mythologie hindoue, on trouve deux types d'êtres : les devas - anges
- et les rakshasas - démons -. La dévotion des Devas est totalement
spirituelle et altruiste. Ils sont donc vénérés. Les démons aussi firent pénitence
pendant des années, mais ils furent condamnés, parce que leurs motivations
étaient égoïstes. C'est pourquoi notre dévotion devrait être dépourvue
d'ego.
Swami ajouta une autre affirmation : " Si vous avez une foi solide, si
vous renforcez votre foi, vous serez capables de surpasser tous les obstacles
du sentier, aussi nombreux soient-ils " Ceci s'avère vrai pour chacun de
nous. Je ne pense pas que nous menions ici une vie confortable, mais nous
sommes capables de surpasser tous les problèmes, d'affronter tous les
obstacles, parce que notre foi en Dieu est robuste. Si notre foi est forte,
nous n'aurons jamais peur.
- (A.K.) " Bhâgavan, je Vous prie de m'excuser pour cette question, mais
j'ai un doute. Nous savons que Vous êtes Dieu, mais pourquoi ne sommes-nous
pas capables de Vous suivre ? " C'est une question qui requiert le
courage de la poser (rires) et Sa compassion de la tolérer.
- (Baba) " Tu vois, à la maison la mère prépare des gâteaux et des
mets délicieux, mais le fils préfère manger au restaurant ! (rires) Il ne
veut rien avaler de ce que sa mère a préparé pour lui. Il veut manger les mêmes
mets dans un restaurant. Voilà la fatalité ! De la même façon, bien que
Dieu soit présent avec Son amour, vous ne comprenez pas les dons qu'Il vous réserve.
" Puis Baba ajouta : " La mère peut priver de gâteaux un fils et
en servir abondamment à un autre fils. Le premier ne devrait pas en être
attristé, car la mère sait qu'il est diabétique et que les gâteaux lui
feraient du mal. D'une façon similaire, Dieu comble les désirs de certaines
personnes et pas d'autres, simplement parce qu'Il sait ce qui est le meilleur
pour nous. Certaines personne ne sont pas capables de Me suivre, parce que Je
ne satisfais pas leurs désirs. "
Soudain, les étudiants élevèrent la voix en chœur et plaidèrent auprès
de Bhâgavan : " Swami, venez au pensionnat, venez au pensionnat. "
Swami répondit : " D'accord, Je viendrai ; Attendez. Mes enfants, Je désire
que vous viviez ensemble comme des frères. Vous devriez être unis. Vivez
ensemble, apprenez ensemble, croissez ensemble en tout amour et fraternité,
c'est essentiel. L'Inde a obtenu l'Indépendance, mais jusqu'à nos jours,
elle n'a toujours réalisé l'unité. L'unité est ce qu'il y a de plus
important. Par exemple, vous pouvez couper un fil avec deux doigts, mais pas
un tissu. Les fils d'un tissu sont entre-noués et ensemble, ils sont très résistants.
Des fils séparés sont faciles à couper, mais pas lorsqu'ils sont entre-noués
et forment un tissu. D'une façon similaire, si vous êtes unis, personne ne
peut vous attaquer ni vous vaincre. L'unité est très importante. Lorsqu'il y
a unité, il y a rakti - attachement, affection - ; l'unité est bhakti - dévotion
- et elle mène à mukti - libération -"
Bhâgavan se rendit à l'internat. Il passa un peu de temps avec les étudiants
et leur donna de la joie.
Le jour suivant, Bhâgavan parlait du tremblement de terre advenu dans l'Etat
du Gujarat (Nord de l'Inde). Il y avait d'énormes pertes en vies et en biens.
Swami fit un commentaire sur le séisme.
- (A.K.) " Swami, pourquoi les calamités naturelles existent-elles ?
"
- (Baba) " Si vous êtes esclaves de vos sens, vous êtes destinés à
devenir l'esclave du monde entier. Si vous conquérez vos sens, au contraire,
le monde deviendra votre esclave. Soyez donc maîtres de vos sens et ne vous
permettez jamais d'en être les esclaves. Non ! Actuellement, les gens ont
davantage de désirs, ils se créent des châteaux en Espagne. Ils sont mangés
par les âshalu - désirs -, mais ils n'ont plus d'âshayalu - idéaux -.
Ainsi est faite la société d'aujourd'hui.
- (A.K.) " Swami, quelle différence y a-t-il entre âsha - désir - et
âshaya - idéal - ? "
- (Baba) " âsha le désir est individuel ; âshaya l'idéal est
fondamental. Nous avons perdu de vue cet idéal fondamental, pour ne garder
que des désirs individuels. De cette façon, vous vous ruinez l'existence.
"
Bhâgavan expliqua la nécessité de l'esprit de sacrifice - tyâga -. Ce sens
du sacrifice est essentiel. Il dit : " Ce que vous faites pour embellir
votre réputation n'est pas tyâga. Si vous continuez à donner aux autres,
vous recevrez de plus en plus de la part de Dieu. Apprenez à donner, afin que
Dieu vous donne à Son tour. Mais si vous ne donnez rien, si vous amassez des
biens et les cachez, les gardant pour vous-mêmes, rien ne croîtra. Si vous
distribuez et partagez, tout augmentera. Puisque vous êtes nés en qualité
d'êtres humains, menez votre existence de telle sorte que vous méritiez d'être
appelés " hommes de bien ". Vivez pour être bons et pour vous
forger une bonne réputation dans la société. "
" Mais comment est notre vie à l'heure actuelle ? Beaucoup de gens déclarent
en face de vous que vous êtes bons, mais à votre dos, ils n'ont pas les mêmes
sentiments. Les gens devraient pouvoir dire, en face de vous et derrière
votre dos, que vous êtes de bonnes personnes. Cela signifie que vous devriez
être parfaits de toutes les façons. "
- (A.K.) " Swami, la vie est-elle si artificielle ? "
- (Baba) " Oui ! "
- (A.K.) " Comment puis-je être victorieux, en menant une vie
artificielle ? "
- (Baba) " C'est simple ! Ta nature artificielle ne peut pas s'exprimer
indéfiniment. Il viendra un temps où ta qualité naturelle apparaîtra au
grand jour. Par exemple, toute personne mise en une situation difficile révèle
la vérité. Lorsqu'un homme est sous jugement, lorsque sa vie est en danger,
la vérité jaillit de sa bouche. "
Swami raconta l'histoire suivante : un grand expert en textes scripturaux
pouvait parler magnifiquement aussi bien de Narayana que du Seigneur Shiva ;
on ne pouvait pas déceler s'il était fidèle de Narayana ou de Shiva. Les
gens se demandaient à qui il était voué. Une femme astucieuse prit un fer,
le plaça dans le feu et le pointa sur le dos de l'expert. L'homme hurla immédiatement
" Ouille! Narayana, Narayana, Narayana ! (rires) Ainsi tout le monde sut
qu'il était fidèle de Narayana. La vérité sort, lorsque votre vie est en
danger ou que vous vous trouvez en difficulté.
Peu après, Swami s'informa au sujet des étudiants. Il appela le Directeur
auprès de Lui et demanda :
- (Baba) " Directeur, comme vont les garçons ? "
- (Directeur) " Ils vont bien, Swami ! "
- (Baba) " Comment est leur nourriture ? "
- (Directeur) " Très bonne, Swami ! "
- (Baba) " Hum ! "
- (Directeur) " Bâga tintunnaru - ils mangent bien, Swami "
- (Baba) " Tintam kadu - Je ne parle pas de manger, mais untam - vivre -.
Bâga untunnaru - ils vivent bien - c'est cela que Je désire entendre. Ils
devraient bien vivre et pas seulement bien manger. "
Tout à coup, Swami se mit à parler en Italien : " Amore " Il dit :
" C'est de l'italien, de l'italien ! " Se tournant vers moi, Il me
demanda : " Sais-tu ce que signifie Amore ?
- (A.K.) " Je ne sais pas, Swami "
- (Baba) " Cela signifie que tu l'aimes. "
- (A.K.) " Oh, je vois ! "
Aucun langage n'est étranger à Swami. Il connaît toutes les langues. Nous
étions très surpris. Puis Il se moqua d'un étudiant de l'Etat du Bihar, qui
ne connaissait pas le telugu. Il l'appela auprès de Lui.
- (Baba) " Mon garçon, sais-tu ce que signifie le mot telugu kânti ?
Dis-le ! "
- (Etudiant) " Swami, kânti signifie " lumière ".
- (Baba) " Oh ! Bonne réponse ! Et connais-tu le mot kânta ? "
- (Etudiant, après quelques hésitations) " Kânta est le donneur de
lumière, Swami " (rires)
En fait kânta veut dire " femme " ; aussi les étudiants s'esclaffèrent-ils.
- (Directeur) " Swami, Votre amour est infini, il est plus profond que
l'océan. Il est immense ! "
- (Baba) " Oui ! Je suis prêt à vous donner cet amour infini, mais
personne n'est en mesure de le recevoir ! Personne n'est prêt à recevoir de
Mes mains cet amour sans limite. Que puis-Je y faire ? "
- (A.K.) " Swami, bien que Dieu soit présent aujourd'hui sous forme
d'Avatar, d'Incarnation divine, pourquoi ne sommes-nous pas en mesure
d'obtenir la réalisation et d'œuvrer à notre libération ? Pourquoi la libération
n'est-elle pas accorder à tout le monde ? "
- (Baba) " A une course, les participants sont nombreux, mais un seul se
trouve en tête. Vous pouvez êtres Mes contemporains, mais peu de personnes
atteignent la libération. Ceci est dit également dans la Bhâgavadgîta :
parmi les milliards de personnes, un petit nombre s'intéressent à Dieu. De
ces gens intéressés à Dieu, un tout petit nombre pense à la libération et
parmi ceux-ci, une poignée seulement l'atteint réellement ".
Donc, bien que nous soyons heureux d'être les contemporains de l'Avatar, nous
devrions aussi savoir si nous méritons ou non la libération. Voici un
exemple de la vie de Shirdi Saï Baba. Que disait-Il ? " Un manguier
porte des fleurs abondantes, mais la plupart d'entre elles tombent à terre ;
seulement un petit nombre de fleurs se développent en fruits. De même, vous
pouvez venir ici en grand nombre, mais seulement quelques-uns d'entre vous
atteindront la libération ".
Juin 2001
- (A.K.) " Swami, quelle est la différence entre cœur et mental ?
"
- (Baba) " Ce n'est pas le cœur physique qui importe, mais le cœur
spirituel. Le mental est chancelant, tandis que le cœur spirituel est
constant. Le cœur physique est logé sur le côté gauche de la poitrine ; le
cœur spirituel est présent dans le corps tout entier. "
- (A.K.) " Swami, je ne comprends pas. Vous parlez de cœur spirituel
constant et de mental vacillant. Veuillez nous expliquer davantage. "
- (Baba) " Les valeurs morales, tels que la Vérité, l'Amour, le
sacrifice, la tolérance, la force d'âme, la patience, sont toutes nées de
votre cœur spirituel. Par contre, l'intelligence, la logique, les sciences,
etc. font partie des connaissances du monde. Elles sont contenues dans le
mental. "
- (A.K.) " C'est juste, Swami, mais lorsque je prie, je fais usage de mon
mental. Que puis-je y faire ? "
- (Baba) " C'est le cœur qui importe. Quoi que vous fassiez par votre
mental, vous en obtiendrez une satisfaction temporaire. Les efforts que vous
faites mentalement vous procurent une satisfaction momentanée, mais si vous
priez de tout votre cœur, vous emporterez le succès ; vous obtiendrez la béatitude
permanente, non seulement le bonheur et le contentement du mental, qui sont
tout à fait temporaires ".
Mon esprit n'était toujours pas libéré des doutes et se trouvait dans
l'incapacité de recevoir ce que Bhâgavan nous disait. Je posai donc une
autre question :
- (A.K.) " Swami, je Vous en prie, permettez-moi de Vous poser une autre
question ; Nous disons souvent qu'une personne a bon esprit ou un mauvais
esprit. Quelle différence existe-t-elle entre bon et mauvais esprit ? "
- (Baba) " Le mental est semblable a une eau calme, mais en surface, des
vagues ou de petites ondes se forment ; celles-ci sont vos pensées. Les pensées
déterminent la qualité du mental ; si elles sont mauvaises, vous avez un
mauvais esprit et si elles sont bonnes, votre esprit est bon. "
A ce moment-là, je pensai être intelligent (rires) et avoir une certaine
connaissance de la philosophie. Je voulais l'exhiber devant Swami.
- (A.K.) " Swami, j'ai encore un doute. "
- (Baba) " Dis-Moi, quel est-il ? "
- (A.K.) " Swami, dans le sommeil profond, où est le mental ? "
- (Baba) " Le mental est présent en toute tranquillité ; il est là,
mais il est indifférent, passif. Il n'est pas absent ni ne s'échappe, non !
Il est passif et silencieux, il maintient un état de neutralité. "
Je n'avais jamais entendu cette interprétation auparavant.
- (A.K.) " Très bien, Swami ! J'ai un mental, tout artificiel ou naturel
qu'il soit, bon ou mauvais, passif dans le sommeil profond ou actif à l'état
de veille, et de quelque façon, il me fait devenir semblable à un singe. Mon
mental court en tout sens, il vacille. Que puis-je faire ? "
- (Baba) " Laisse-le courir, mais ne cours pas après lui. (rires) Un
petit enfant court dans toutes les directions, mais il revient toujours chez
sa mère. Il peut jouer ici ou là, mais il revient. Le mental est semblable
à un petit enfant. Laisse-le faire, laisse-le jouer, il reviendra à toi.
Mais si tu cours après lui, tu te perdras totalement. Le mental n'est pas indépendant.
"
Oh ! Je vois ! Je pensais être contrôlé par mon mental. Non ! Swami dit :
" Le mental n'est pas indépendant, vous en êtes le maître. Il n'est
pas votre maître. Le mental n'est qu'un instrument, tandis que vous êtes le
maître. Donc, il dépend de vous de savoir comment le contrôler. Le même
mental peut vous conduire à la libération ou vous tenir en esclavage. "
- (A.K.) " Swami ? Le même mental me tient en esclavage ? "
- (Baba) " Oui ! "
- (A.K.) " Comment cela ? "
- (Baba) " Si tu tournes la clé vers la gauche, la serrure sera fermée
; au contraire, si tu tournes la clé vers la droite, elle s'ouvrira. C'est la
même clé dans les deux cas. La différence réside dans la façon de la
tourner. Ainsi, tenant votre mental tourné vers le monde, vous restez dans
l'illusion, la serrure est fermée. Si vous le tournez vers Dieu, tout s'ouvre
; c'est la libération. Tourne-t-on le mental vers Dieu ou vers le monde ?
"
- (A.K.) " Quel exemple magnifique, Swami ! A présent je comprends.
C'est parfait ! Vous me dites de ne pas suivre mon mental ; dès lors celui-ci
me suivra. "
- (Baba) " Au-delà du mental, il y a la buddhi ou intellect ( raison
pure). L'intellect est la détermination faisant partie de la personnalité.
Il juge et décide ; il est muni du pouvoir de discernement. " Que
devrais-je faire à présent ? " C'est l'intellect qui en décide. Ce qui
est décidé par l'intellect devient pour le mental matière de réflexion et
ce qui est pensé par le mental est transformé en acte par les sens. "
Dans la famille idéale, ce que le père dit doit être compris par la mère
et les enfants doivent obéir. Le père est l'intellect, la mère le mental et
les enfants les sens. Je parle bien entendu d'une famille idéale ! (rires)
Rien à voir avec les familles modernes : le père ne dira rien à la mère,
et les enfants ne sont pas à la maison. Ils sont occupés au-dehors. Non, je
parle d'une famille traditionnelle où les enfants obéissent à la mère et
la mère suit respectueusement les paroles de son mari. Donc, l'intellect
devrait prendre la décision et le mental devrait recevoir de lui les
instructions et les passer aux sens, afin qu'ils agissent. C'est ce que Bhâgavan
expliqua.
- (A.K.) " Très bien, Swami ! Parfois je suis confus sur le choix à
prendre, quoi faire et ne pas faire, être ou ne pas être, voilà la
question. La plupart du temps, tout va bien, mais parfois je me demande :
vais-je faire ceci ou cela ? Je suis dans un état de grande confusion. Dans
ce cas, que dois-je faire ? "
- (Baba) " Cette confusion naît du fait que le mental n'agit pas en
accord avec l'intellect ; il y a conflit. Si ton mental suivait l'intellect,
il n'y aurait aucun conflit, mais parfaite entente, car toute décision prise
par l'intellect est irréversible, elle sert tes propres intérêts. Mais ton
mental ne lui obéit pas, car il préfère ses propres rêveries, ses propres
fantaisies. Il y a conflit et confusion, lorsque mental et intellect sont en désaccord.
"
Pendant que Bhâgavan parlait ainsi, un homme au corps corpulent et massif -
quatre d'entre nous mis ensemble ne pourraient contre-balancer son poids (rires)
- marchait sous la véranda et cherchait à rejoindre sa place. Bhâgavan le
remarqua et dit : " Hum ! (rires) Voyez cela ! Vous le voyez ? Son
estomac est comme un point d'interrogation (rires). Oh ! Mais voyez cela !
Vous ne devriez pas devenir obèses. Si vous grossissez trop, vous risquez des
problèmes cardiaques ; votre cœur en souffrira. Vous devriez donc contrôler
votre corps. Lorsque vous marchez, vous ne devriez pas être à court de
souffle, comme cela (Swami donne un exemple). Si vous êtes essoufflés en
marchant, cela signifie que votre cœur commence à souffrir. Prenez garde à
vos habitudes alimentaires. Hurry, worry, curry - hâte, souci et nourriture
huileuse et pimentée - ces trois choses sont responsables des problèmes
cardiaques. "
- (A.K.) " Je Vous demande pardon, Swami, soyez compatissant envers moi,
mais j'ai encore un doute. "
- (Baba) " Voyons, quel est-il ? "
- (A.K.) " Vous dites que je ne dois pas me soucier, mais comment est-ce
possible. Nous sommes des hommes mariés, nous avons des enfants et une épouse
; elle est pour moi source de soucis et je suis pour elle une source constante
de préoccupations. Les enfants sont pour l'un et l'autre une source de soucis
(rires) et nous le sommes pour eux. Ainsi, chaque individu est un souci pour
son prochain. Comment pouvons-nous être libres de tout souci ? Nous sommes
mariés. Les sannyasins, les célibataires, nous les envions, car ils vivent
confortablement (rires) ; nous les envions, mais il est trop tard pour les
imiter (rires). Mais nous, pauvres chefs de familles, comment pouvons-nous réduire
les préoccupations ? "
- (Baba) " Le fait de se préoccuper ne solutionne pas les problèmes. Si
les soucis effaçaient les problèmes, allons-y, soucions-nous autant que
possible ! Mais ce n'est pas une solution. "
- (A.K.) " Alors, Swami, que vais-je faire ? "
- (Baba) " Souviens-toi toujours que ce qui doit arriver arrivera. Ce qui
ne doit pas arriver n'arrivera pas. Les choses se passent pour leur propre
compte, ne te soucie pas d'elles. Laisse-les faire. "
- (A.K.) " Oh ! Je vois ! Est-il possible, pratiquement, de ne pas se préoccuper
? "
- (Baba) " Bien sûr ! "
- (A.K.) " Comment, Swami ? "
-(Baba) " Regarde-Moi. J'ai entrepris plusieurs projets, J'ai tant de
responsabilités, et pourtant Je ne me soucie jamais de rien. "
- (A.K.) " Swami, Vous ne Vous souciez pas, parce que Vous êtes Dieu !
"
- (Baba) " Noru musko - tais-toi ! "
Swami quitta sa place et puis se tourna vers nous et dit : " Aujourd'hui,
J'ai parlé longuement et ces gens assis là-bas ne sont pas en mesure de
M'entendre ? Quelle pitié ! "
Pouvais-je répondre " oui " ? Si je répondais " oui ",
Bhâgavan pouvait ne pas venir le jour suivant. Je ne pouvais pas répondre
" non ", car c'était vrai. Je dis donc :
- (A.K.) " Swami, les fidèles sont heureux d'avoir un darshan prolongé.
Ils en sont ravis. Ils ne Vous entendent probablement pas, mais ils Vous
voient pendant longtemps à distance. "
- (Baba) " Très bien ! S'ils sont heureux, tout est parfait. " (rires)
Le jour suivant, il y avait une sorte de discussion au sujet des plaisirs et
des peines. Bhâgavan expliquait ce qu'est le plaisir et ce qu'est la peine.
- (A.K.) " Swami, je veux le plaisir et je refuse la peine. Qu'y puis-je
? Si l'on pose la question aux gens : voulez-vous des peines ? Personne n'en
veut ; tout le monde désire le plaisir. Que faire, Swami ? "
- (Baba) " C'est impossible ! (rires) Non ! Tes pieds et ta tête
appartiennent au même corps. Tu ne peux pas dire : je veux seulement la tête,
je ne veux pas des pieds ! Les deux sont nécessaires. La tête représente le
plaisir et les pieds la peine, dans le même corps de la vie. Ils marchent
main dans la main. Il n'existe pas de peine sans plaisir ni de plaisir sans
peine. Le plaisir est un intervalle entre deux peines ; tu ne peux pas l'éviter.
"
- (A.K.) " Comme je Vous vois sous une forme physique, je ne m'attends à
aucune peine, car je Vous vois. Je n'attends que du bonheur. "
- (Baba, en riant) " Lorsque tu te rends dans un temple ou une église,
demandes-tu cela à Dieu ? Lorsque tu pries Râma ou Krishna dans un temple,
ou Christ dans une église, demandes-tu : " ô Seigneur, pourquoi les
peines ? Je ne veux que le plaisir ". Le demandes-tu ? Mais parce que,
aujourd'hui, tu vois Dieu sous une forme humaine, parlant avec toi et se
tenant en face de toi, tu as des doutes. Si tu vois Dieu sous la forme d'une
idole, tu ne doutes jamais. Comprends bien ceci : quoi qu'il arrive dans ta
vie, c'est pour ton bien. Il n'est donc pas question de plaisir ou de peine ;
Même les peines se transforment en plaisir. Si tu comprends que les
situations qui se présentent à toi sont pour ton bien, tu chercheras à te réconcilier
avec elles. "
Ensuite, Swami demanda : " Que s'est-il passé ce matin au collège ?
Quel programme aviez-vous au collège ? "
- (A.K.) " Swami, un Américain nous a parlé des valeurs et de
l'administration. "
- (Baba) " Hum ! Que sont les valeurs ? "
Nous avions entendu une conférence d'une heure, mais nous n'étions pas en
mesure de répondre à Sa question ! C'est fini !
- (Baba) " Les valeurs sont de deux types. Celles qui changent en rapport
au temps, aux circonstances, à la civilisation, l'ordre social ou les noms de
la société, sont des valeurs individuelles. Mais celles qui ne subissent
aucune modification, telles que la vérité, la paix, l'amour, sont des
valeurs fondamentales "
- (A.K.) " Bhâgavan, j'ai une question à poser. Nous savons que les
temples sont gérés par un conseil d'administration que l'on appelle
devasthanam "
- (Baba, faisant un jeu de mots) " Ce n'est pas un devasthanam mais nâ
sthanam - Mon lieu de résidence -"
Nous devrions donc savoir qu'un temple n'est pas la propriété de l'édifice
et de la terre tout autour. Non, non, non ! Un temple est un lieu où Dieu réside
; il n'est donc pas devasthanam, mais nâ sthanam. C'est là toute la différence.
Prions dans les temples où nous sentons la présence du Divin.
La conversation suivante eut lieu un dimanche. Habituellement, Swami parle aux
étudiants dans l'après-midi. Cette fois, Il voulut leur parler le matin,
avant les bhajans, je ne sais pas pourquoi.
Après les interviews, Swami sortit de sa chambre à 8.15 heures environ et
les bhajans commencent à 9 heures ; Il avait dont 45 minutes à Sa
disposition.
Bhâgavan nous parla du grand poète telugu nommé Pothana. Son nom est formé
de trois syllabes : po-tha-na. Voyez quel grand poète est Baba ! Il dit :
" Po signifie " va-t-en ! " et thana représente le Soi. Donc
le nom même de Pothana signifie : toutes les mauvaises tendances en moi
doivent s'en aller, afin que le Soi puisse rester en maître. Pothana, ce
grand poète, menait une vie de grande pauvreté, une vie d'indigence. Il
n'avait jamais assez d'argent, mais sa dévotion était immense. Son beau-frère
était également un poète renommé et était très riche ; il s'appelait
Srinatha. "
- (A.K.) " Swami, quel paradoxe ! L'un est riche et l'autre misérable,
mais tous les deux sont de grands poètes. Comment justifier cela ? "
- (Baba) " Srinatha était riche du point de vue matériel, mais Pothana
était riche en dévotion ; Srinatha était misérable en dévotion et Pothana
très riche. Donc ils étaient l'un et l'autre à la fois très riches et très
pauvres "
- (A.K.) " Swami, Vous seul pouvez déclarer cela. Nous ne comprenons
pas. Les gens disent que Pothana était un yogi, un homme spirituellement réalisé.
Un réalisé peut-il être un poète ? Car dans la réalisation, rien ne reste,
on est un avec Dieu ; où est donc la place de la composition poétique ?
"
- (Baba) " Non ! Avec la réalisation, on peut faire n'importe quoi en
pleine conscience. Comme Pothana est un homme réalisé, ses compositions poétiques
sont pleines de dévotion. C'est ce que l'on appelle " Yoga ". Le
Yoga est perfection. Pothana est un yogi, parce qu'il atteignit l'état de
perfection dans le domaine de la littérature. "
- (A.K.) " Swami, existe-t-il d'autres personnes de ce type ou Pothana
est-il l'unique exemple ? "
- (Baba) " Il y en a beaucoup. Qui sont-ils ? Annamacharya, Tulsidas, Tyâgaraja,
etc. Ces personnes étaient des yogis, des réalisés et aussi d'excellents
musiciens, des artistes. Pourquoi pas ? "
Ensuite, un homme demanda : " Swami, comment faire l'expérience de la béatitude
? "
- (Baba) " Par les sens, vous ne pouvez pas faire l'expérience de la béatitude.
Vous ne le pouvez pas davantage par votre mental. La béatitude n'est pas un
objet d'expérience, elle est l'expérimentateur lui-même. "
- (A.K.) " Oh ! Swami, qui est l'expérimentateur et qu'est-ce que l'expérience
? "
- (Baba) " Vous êtes présent en état de veille, dans le rêve et dans
le sommeil profond. Vous êtes là ; ce " vous " réel est béatitude,
il n'est pas simplement l'état de veille, de rêve ou de sommeil profond.
L'expérimentateur, le vous véritable, existe dans les trois états de
conscience. Ce Je réel, l'Atma, l'Esprit, est béatitude et non une expérience.
- (A.K.) " Magnifique ! A présent je comprends, Swami ! "
D'une façon ou d'une autre, je veux centrer le problème et obtenir la réponse
; je ne veux pas dire simplement " merci ! " et m'en aller. Non !
Laissez-moi insister et obtenir la réponse directe. Swami était si bon de répondre
! Tout était favorable. Pourquoi ne pouvons-nous pas en tirer le meilleur
parti ? Je continuai donc.
- (A.K.) " Swami, sous quelle forme cette béatitude existe-t-elle ?
"
- (Baba) " Dans un corps grossier, elle a une forme subtile. Et dans un
corps subtil, elle a une forme grossière. "
Oh ! A présent la confusion est plus grande ! (rires)
- (A.K.) " Swami, je ne comprends pas, excusez-moi. Comment peut-elle être
grossière dans un cas et subtile dans un autre ? Je ne comprends pas. "
- (Baba) " Prenez un noyau de mangue. Si vous le plantez en terre, il
germera et deviendra un manguier, n'est-ce pas ! Donc, où se trouve le
manguier ? Il est dans le noyau. Ainsi, le noyau est subtil et l'arbre est la
forme grossière présente dans la forme subtile. Et le grand manguier aura
des fruits dans lesquels se trouvent des noyaux ; l'arbre grossier a des
graines subtiles. Ainsi, la béatitude est présente sous une forme subtile
dans un corps grossier et sous une forme grossière dans un corps subtil.
"
- (A.K.) " A présent, je comprends mieux, Swami ; cela prend forme dans
ma tête. Bhâgavan, qui nous enseignera toutes ces choses ? "
- (Baba) " Qui veut ces choses ? Les gens veulent des faveurs, une amélioration
de leur vie physique, de l'argent, une situation, une famille. Je suis prêt
à vous parler de ces choses, mais qui veut les entendre ? Non, non ! Personne
! Ne Me dis donc pas " Qui nous enseignera ces choses ? " Je suis
ici pour vous les exposer, mais qui est prêt à M'entendre ? Les gens ont
leurs propres désirs et leurs propres problèmes. Je ne vous parle pas de ces
sujets, simplement parce que personne ne les désire et personne ne peut les
comprendre. En vérité, J'aimerais vous en parler. "
Le festival de Shivaratri de cette année 2001 était passé et Swami fit
certaines déclarations très intéressantes.
Pendant le festival, Swami avait demandé à un étudiant de prendre la parole
avant Son discours ; devant l'assemblée, l'étudiant dit : " Bhâgavan,
nous ne désirons pas voir le lingam aujourd'hui, car Vous devez faire de
grands efforts pour l'émettre. Nous ne pouvons pas supporter de Vous voir
souffrir ainsi. Bhâgavan, ne prenez pas cette peine sur Vous, nous ne le
voulons pas. "
De toute façon, Bhâgavan matérialisa un lingam pour nous tous. Le lendemain,
Il appela l'étudiant.
- (Baba) " Hé toi, viens ici ! Qu'as-tu dit hier ? "
- (Etudiant) " Swami, j'ai simplement dit de ne pas Vous efforcer, de ne
pas Vous soumettre à cette souffrance ; de ne pas produire de Shivalingam
cette fois, car nous ne supportons pas de Vous voir souffrir ainsi. "
- (Baba) " Non ! Pour vous rendre heureux, pour vous donnez un sentiment
de satisfaction, Je suis prêt à souffrir. Ce qui peut M'arriver n'importe
pas. " Puis, regardant Anil Kumar " Hier, ce garçon a dit : "
Ne matérialisez pas de lingam, Swami, nous ne pouvons pas Vous voir souffrir
". Il ne voulait pas que Swami matérialise de Shivalingam. Mais Swami
l'a fait. Dis-Moi à présent s'il a gagné ou perdu ? "
- (A.K.) " Swami, je pense qu'en exposant une attitude de son cœur à
Votre égard, de ne pas vouloir Vous voir souffrir par l'émergence du lingam,
ce garçon est victorieux. Mais Vous ne l'avez pas écouté, Vous avez matérialisé
le lingam. A ce point de vue, il est perdant. Il est à la fois victorieux et
perdant. " (rires)
Ainsi, nous apprenons de temps en temps à exercer l'art divin (rires). En
passant autant de temps avec Lui, nous apprenons, n'est-ce pas !
- (Baba) " Non, non ! Il est vainqueur à tout point de vue. "
Il doit avoir le mot final, Il n'accepte le dernier mot de personne. Il est
l'ultime.
- (A.K.) " Comment, Swami ? "
- (Baba) " En priant du fond du cœur, il a eu la victoire. Très bien !
Mais d'autre part, si Je n'avais pas matérialisé de lingam suite à sa prière,
les gens l'auraient blâmé et auraient dit : " C'est à cause de ce garçon
que Swami n'a pas matérialisé de lingam cette année. " Ils
auraient parlé mal de lui. A présent, les gens ne le blâment pas et en cela
aussi, il est victorieux. Nâ ku noppulu levu - Je n'ai absolument aucune
douleur -, anni oppule - tout est correct -. Tout ce que Je fais est juste.
" Il fit ce jeu de mots telugu.
- (A.K.) " Swami, je désire Vous remercier pour une chose. "
- (Baba) " De quoi s'agit-il ? "
- (A.K.) " Lorsque Vous restez assis et matérialisez un lingam, les fidèles
ne peuvent pas tous voir. Je Vous priais intérieurement : " Bhâgavan,
pourquoi ne faites-Vous pas installer des télés en circuit fermé, afin que
tout le monde puisse voir le Shivalingam émerger ? " Mais, sans disposer
ces télés, Vous avez été si bon de Vous lever au moment où le Shivalingam
sortait de Votre bouche. Ainsi, tout le monde a pu voir. Tout le monde fut très,
très heureux. "
- (Baba) " Je ne me laisse pas impressionner par tes louanges. Non ! Ni
éloges ni blâmes ne M'affectent. Je l'ai fait pour Mon bonheur, pour Ma
joie. Quelle est cette joie ? La joie de Mes fidèles Me rend heureux. C'est
tout. "
- (A.K.) " Swami, cette année, dans Votre discours de Shivaratri, Vous
avez mentionné mâyâ - l'illusion -. Que devrais-je faire pour me libérer
de cette illusion ? "
- (Baba) " Rien ! Tu ne dois rien faire ! Il te suffit de savoir ce
qu'est mâyâ, l'illusion. Ainsi, elle disparaîtra. "
- (A.K.) " Si je le sais, elle s'en ira ? "
- (Baba) " Oui ! "
- (A.K.) " Et je ne dois rien faire ? "
- (Baba) " C'est ainsi ! "
- (A.K.) " Qu'avez-Vous dit ensuite, Swami ? S'il Vous plait, je ne
comprends pas. "
- (Baba) " Voici un exemple : Tu marches le soir et tu vois un serpent en
travers de la rue. Tu en éprouves une frayeur soudaine. Tu allumes ta lampe
de poche et vois qu'il ne s'agit pas d'un serpent, mais une corde que tu avais
prise pour un serpent. Ayant compris que ce n'est pas un serpent, tu es libre
de toute frayeur. De la même façon, une fois que tu sais que les choses sont
illusoires, cette illusion disparaîtra. Ta prise de conscience elle-même
t'en libérera. "
Ensuite, Bhâgavan donna quelques autres exemples. Parfois, à l'âge de
quarante ou cinquante ans - car aujourd'hui, même les jeunes en souffrent -
les gens ont des problèmes de cataracte. Vous savez de quoi il s'agit. Il se
forme une pellicule sur la cornée des yeux et vous n'êtes plus en mesure de
voir clairement. Cette pellicule qui couvre les yeux a été formée par les
yeux eux-mêmes, elle ne vient pas de l'extérieur. Un autre exemple : l'eau
stagnante est couverte de mousse. La mousse est formée par l'eau elle-même
et recouvre l'eau. Encore un autre exemple : la cendre se forme par le feu et
recouvre le feu lui-même. Le soleil forme les nuages, et ces nuages couvrent
le soleil. D'une façon similaire, mâyâ surgit de vous-mêmes ; personne ne
vous a plongés dans l'illusion. Aussi, devez-vous vous en libérer, c'est
votre devoir. "
- (A.K.) " Alors, que puis-je faire, Swami ? Très bien, elle est formée
en moi-même, mais que puis-je faire ? (rires) "
- (Baba) " Si les cendres couvrent le feu, que feras-tu ? Tu souffleras
sur elles, n'est-ce pas. Les cendres seront écartées et tu pourras voir le
feu. Si la mousse couvre l'eau, que feras-tu ? Tu écarteras la mousse et tu
verras l'eau. Si les nuages couvrent le soleil, que feras-tu ? Tu attendras.
Le vent se chargera de chasser les nuages et le soleil déploiera sans aucun
doute ses rayons. Tu verras la lumière du soleil. Ainsi, les actions de
souffler sur la cendre, d'écarter la mousse ou de chasser les nuages sont
comparables à la prise de conscience ou à la connaissance du Soi, de la Réalité,
par laquelle l'illusion couvrante se dissipera. "
Une explication magnifique ! Ceci est ce que l'on appelle conscience ou
connaissance du Soi. Bhâgavan seul peut l'expliquer d'une façon aussi
simple. Mais il reste encore un doute dans un coin de mon esprit. Je suis un
homme faible ! (rires)
- (A.K.) " Swami ! "
- (Baba) " Oui ! Qu'y a-t-il ? "
- (A.K ) " Mâya s'est dissipée. Mais existe-t-il quelque danger qu'elle
ne revienne ? A-t-elle quitté définitivement ? "
- (Baba, riant) " Souviens-toi de ceci : premièrement : une fois venue,
elle ne partira plus. Deuxièmement : si elle s'en va, elle ne reviendra
jamais. Troisièmement : il n'est ni venu ni partira "
- (A.K.) " Oh ! J'ai posé une seule question et je reçois trois réponses
! Que signifie ceci, Swami ? "
- (Baba) " Le premier est : une fois venue, elle ne partira plus. C'est
la connaissance spirituelle ou Conscience. Le deuxième : si elle s'en va,
elle ne reviendra jamais, c'est l'ignorance. Et le troisième : il n'est ni
venu ni partira. C'est ton Soi, l'Atma. "
Ce jour-là, un grand personnage politique, un ministre important vint voir
Swami. Il dit : " Swami, Vous êtes unique. Faisons en sorte que tous les
collèges et les universités du pays soient gérés par Vous. C'est la prière
que Vous adressent tous les ministres. Dirigez les hôpitaux et les universités.
Ce serait excellent ! "
- (Baba) " Mon administration n'a rien à voir avec la politique. Vous
allez et venez, vous changez de partis ; Moi, Je ne change pas, Je suis le
seul sans second. Je continue à agir, c'est tout. Je tiens toujours la
politique à l'écart de Moi. Je ne veux pas de politique dans nos affaires.
Vous les politiciens, vous êtes capables de faire danser votre langue :
aujourd'hui, vous dites " oui " et demain vous direz " non
". Je ne suis pas de ce type. Je n'ai qu'une parole et J'y tiens
fermement. J'applique ce principe ".
Il ne fallait pas conclure notre session de l'après-midi sur cette note dure
et grave. Je voulais donner un adieu joyeux à notre entretien.
- (A.K.) " Swami, le lingam que Vous avez matérialisé est doré ; il
est sorti de votre corps. Est-il en or ? "
- (Baba) " Oui, certainement ! "
- (A.K.) " Oh, je vois ! "
- (Baba) " Tous les métaux sont présents dans le corps de chaque être
humain ; l'or aussi est présent. Et sous l'effet d'une forte chaleur, cet or
assume une certaine forme. Ce lingam sort avec une force terrifiante ; vous
l'aurez certainement remarqué l'autre jour : le lingam a été propulsé vers
l'extérieur et est tombé à terre. "
Donc, à cause de la chaleur générée, l'or assume une certaine forme, celle
d'un lingam et est propulsé hors du corps avec une force soudaine. "
C'est ce que l'on appelle Hiranyagarbha lingam. Il est également en vous. La
seule différence, c'est que Je peux l'extraire de Mon corps, et vous ne le
pouvez pas. "
Encore une petite note. Le jour suivant, Bhâgavan parla de Ses jeunes années
et de Ses visites à Madras et Delhi. Il mentionnait les noms des rues de
Madras et des localités des environs.
- (A.K ) " Swami, connaissez-Vous tous les noms des rues de Madras ?
"
- (Baba) " Je visitai Madras déjà à l'âge de onze ans. Je connais
tous les soins de la ville "
Swami mentionna les noms de ministres du Gouvernement central, ministres
d'Etat, artistes, maharajas, zamindars, juges, qui Lui rendaient visite. Puis
Il dit : " Les gens sont attirés par ce lieu comme des abeilles à miel
butinent la fleur du lotus, pour en sucer le nectar. Beaucoup de gens venaient
en ce lieu et Me prièrent de Me déplacer en ville, car Puttaparthi est un
petit village ; en ce temps-là, il n'y avait pas de route d'accès au
village, pas de bus ; les gens devaient voyager en charrettes à bœufs. Ils
leur semblait très difficile d'atteindre ce lieu. Les gens vinrent dont Me
supplier de M'installer à Bangalore, où il y a des trains, des bus et des
avions. Mais Je leur dis : " Non ! L'arbre doit se développer au lieu même
où la graine a été plantée. "
Aujourd'hui, nous comprenons la signification de ce lieu : ce petit village
est devenu une cité, attire des gens de tous les pays du monde, leur donnant
paix, réconfort et joie. Cela est le divin Propos de Bhâgavan Sri Sathya Sai
Baba.
Om Sai Râm