LES PERLES DE SAGESSE DE SAI
NO. 12
ANIL KUMAR
5 février 2003
Mes hommages aux Pieds de lotus de Bhâgavan.
Mes chers amis, me voici de retour ; je suis heureux d'être à nouveau parmi
vous pour terminer nos " dialogues divins ". Je pense que nous avons
passé en revue au moins la moitié des choses qui ont été imprimées dans
le Sanâtana Sarathi, édition telugu, et j'espère conclure avant que Bhâgavan
ne quitte Puttaparthi, afin que vous ayez ensuite tout le temps nécessaire
pour traduire et éditer ces " Perles de Sagesse de Saï ".
Janvier 2002
Après les rencontres sportives du 11 janvier, Bhâgavan s'adressa aux étudiants
et leur donna quelques instructions qui sont d'immense valeur pour nous tous.
Bhâgavan saisit cette occasion pour nous transmettre Son message. Voici ce
qu'Il dit :
- Il est absolument indispensable de parler moins. Pourquoi ? En parlant trop,
on perd son énergie, on perd la mémoire, on est porté à dire des mensonges,
on exagère facilement les faits ; ainsi, pour éviter ces quatre erreurs de
la langue, Bhâgavan veut que l'on parle moins.
Il dit aussi que le manque de confiance en soi et la vieillesse étaient également
dues aux bavardages excessifs. Puisque nous souhaitons tous être jeunes, nous
devrions suivre Son conseil.
- Eviter les mauvaises compagnies. Bhâgavan dit aux étudiants "
Souvenez-vous toujours de l'A-B-C. " Que signifie cela ? Avoid Bad
Company - Evitez les mauvaises fréquentations - " Dis-moi qui tu hantes,
je te dirai qui tu es. " Nous devons donc être très attentifs aux
personnes que nous fréquentons. Swami dit combien il est nécessaire de
rechercher les bonnes compagnies et de s'écarter des mauvaises. Qui se
ressemblent s'assemblent. Vous devenez comme les personnes que vous fréquentez.
En compagnie de l'air, le sable monte, mais en compagnie de l'eau, le même
sable descend. En compagnie de l'herbe verte, une étincelle de feu s'éteint,
mais en compagnie de l'herbe sèche, elle déchaîne un feu dévorant. Il faut
dont être très attentif à fréquenter la juste compagnie.
- On devrait toujours chercher l'opportunité de s'engager dans de bonnes
actions. Dans la vie, les actes positifs sont essentiels. Ils nous enseignent
le sentier spirituel. Personne ne peut être spirituel ni religieux, sans
entreprendre quelques bonnes activités de service.
- Il vaut mieux avoir moins de contacts. Le fait d'entretenir trop de contacts
avec les gens nous mène à socialiser, et cela troublera notre état d'esprit
et notre processus de réflexion. Donc, moins de contacts, pour être en
mesure de vivre par nous-mêmes, conserver nos idéaux et nous baser sur notre
propre caractère, poursuivre notre processus de pensée et suivre notre
propre sentier de vie. Pour obtenir tous ces avantages, il faut que l'on réduise
les contacts.
- Veillons à ne toucher personne. Lorsque nous sommes en groupe et que nous
vivons ensemble, veillons à ne pas toucher les autres. Lorsque nous touchons
quelqu'un, ses vibrations entrent en nous. Il faut donc prendre garde à ne
toucher personne. Par le contact constant avec d'autres personnes, nous
perdons notre concentration.
- La méditation est possible dans la solitude, pas en communauté ni en
groupe. Certaines personnes veulent méditer dans le Kulwant Hall. Est-ce
possible ? Un sevadal vous dit de vous avancer, un autre vous priera de vous
reculer, un autre encore vous dira de vous asseoir au coin et le suivant vous
donnera l'ordre de vous en aller ! Comment pouvez-vous méditer en ce lieu ?
La méditation est possible, si vous êtes seuls et indépendant.
- Vous devriez rester dans la conscience de la Divinité omniprésente. On
devrait avoir la conscience de la présence divine en tout atome, en toute
cellule de matière. Cette sorte de conscience est expérience spirituelle véritable.
Ensuite, quelqu'un demanda : " Swami, quelle voie emprunter pour obtenir
la conscience ? "
- (Baba) " Il n'existe aucune voie pour la conscience. L'expérience de
la conscience est la dernière à venir. Il n'existe pas de voie ; s'il en
existait une, cela impliquerait le facteur espace-temps. La conscience véritable
se situe au-delà du temps et de l'espace ; l'expérience même de la
conscience est un centre et n'a rien à voir avec un sentier relatif à
l'espace-temps.
A présent, je désire partager avec vous ce que Bhâgavan dit habituellement
aux étudiants, après les compétitions sportives. Comme vous le savez, le 11
janvier de chaque année a lieu la Journée des Sports ; Bhâgavan s'adressait
aux étudiants et au corps professoral. Il dit : " Pour les Institutions
Sri Sathya Sai, la Journée des Sports n'est pas une affaire de routine. Toute
rencontre sportive est spéciale et unique en son genre. Les Institutions Sri
Sathya Sai mettent l'accent sur trois types d'expression : les sports, la
musique et l'art dramatique. Les étudiants sont bien exercés dans ces trois
domaines. " Lorsque des étudiants nous donnent un récital de musique,
ils font preuve de compétences professionnelles. Je pense que vous êtes
d'accord avec moi. Et ces mêmes étudiants sont excellents dans le domaine
sportif. De plus, il est surprenant de constater que ces étudiants obtiennent
des mentions " O " (outstanding = excellence) pour leurs titres académiques
; c'est ce que vous appelez " développement intégral de la personnalité
". Les étudiants démontrent des capacités supérieures dans tous les
domaines, études, sports et musique.
Habituellement, les gens passent beaucoup de temps à préparer un spectacle.
Croyez-le ou pas, les étudiants ont au maximum quinze jours à leur
disposition pour préparer la Journée des Sports ; si vous jetez un coup d'œil
au programme, vous ne le croirez pas : en quinze jours, ils sont capables de
préparer un spectacle aussi minutieux !
Vous savez aussi combien d'argent est dépensé dans le monde sportif. Ici, il
n'est pas question de dépenser de l'argent. Le croyez-vous ? Aucune somme
d'argent n'est dépensée pour ces Jeux. Les étudiants emploient le matériel
qu'ils trouvent dans l'internat. Ils réalisent tout le nécessaire avec le
matériel qu'ils trouvent, sans rien acheter ni dépenser. Dans les autres
institutions, on dépenserait des centaines de milliers de roupies. Ici, rien
de tout cela. C'est vraiment surprenant !
Habituellement, les sportifs du dehors sont très bons dans leur domaine
d'expression, mais bien moins dans leur vie privée. Ils sont excellents en
sport et athlétisme, mais leur vie privée manque de discipline. Ici, tous
les étudiants sont disciplinés.
Lors des premières années de mon service d'enseignant ici, je ne pouvais pas
croire que ce fut possible. Si les étudiants ordinaires sont bons en sports,
ils sont généralement faibles dans les matières d'étude ; les étudiants
qui sont excellents en art dramatique ne se présentent pas en classe et ceux
qui ont de l'intérêt pour la musique dédaignent les autres cours. Ici les
étudiants sont impliqués dans tous les domaines et montrent leur excellence
; Ce ne peut être qu'à cause de l'influence de Bhâgavan et de Son impact
sur les étudiants.
Les étudiants des autres institutions peuvent être d'excellents joueurs de
football pour une année et tomber en disgrâce l'année suivante. Ici, les
groupes d'étudiants se donnent le change d'une année à l'autre, mais la
qualité de leur jeu continue de s'améliorer, car Swami ne fait aucun
compromis en ce qui concerne la qualité.
Certains dignitaires et invités d'honneur sous le dais me disent : "
Anil Kumar, il faudrait au moins à nos étudiants six mois de préparation
pour présenter un spectacle de cette importance. Il est vraiment surprenant
que les étudiants de cette Institution le montent en quinze jours.
En fait, quelle est la cause de cette présentation splendide et victorieuse ?
Qu'est-ce qui est à la base de ces merveilleuses performances ? Posons-nous
ces questions. La première raison est la discipline, une discipline de très
haut niveau. La deuxième est la ferme détermination de réaliser ce
spectacle. La troisième est leur dévotion inébranlable envers Swami, leur dévotion
et leur esprit de sacrifice.
La première motivation qui pousse les étudiants à agir ainsi, est celle de
rendre heureux Swami. Ils pensent : " Tout ce que je fais, gymnastique,
athlétisme, motocross ou karaté, doit satisfaire Swami. " Si Swami est
heureux, tout le monde est heureux ; si Swami est mécontent, il est
impossible de rendre les autres heureux.
Si vous demandez aux étudiants : " Quel avantage en tirez-vous ? ",
ils vous répondent : " Monsieur, nous ne le faisons pas pour des prix,
des médailles, des trophées, de l'argent, une publicité dans les journaux,
ni rien de ce genre. Il nous suffit de recevoir de la part de Bhâgavan une
tape sur l'épaule et de poser avec Lui pour la photo ; il nous suffit de mériter
Son sourire. Nous serons heureux si Swami nous dit : " Je suis content !
" Des sentiments aussi nobles chez ces jeunes gens, sont vraiment émouvants.
Durant les Jeux sportifs de cette année 2003, vous aurez probablement remarqué
qu'un garçon est tombé de cheval. Habituellement, dans ces cas, le cheval s'éloigne
au galop et l'écuyer reste au sol, arrêtant toute autre performance. Mais
ici, le garçon se releva immédiatement, courut vers le cheval et lui sauta
en croupe. Il exécuta tous les numéros programmés et sauta les obstacles.
Vous avez vu un autre étudiant, assis à l'arrière d'une moto, heurter le
mur et tomber. Il n'en reporta aucune conséquence. Il se releva sur le champ,
reprit la moto et continua ses numéros.
- (Baba) " Vous voyez, rien ne leur est arrivé. Savez-vous pourquoi ?
Ils ont la ferme conviction que rien de mal ne leur arrivera, parce que Swami
est là ! "
Et les spectateurs ? Ils ne sont pas venus en vacances, pour se divertir. Ils
sont venus pour voir Bhâgavan et pour assister aux performances des étudiants.
Par conséquent, la discipline et l'atmosphère sereine de la Journée des
Sports sont extraordinaires. Normalement, des tribunes de terrains de sports,
vous entendez des applaudissements, des slogans, des hurlements et toutes
sortes de troubles. Ici, l'atmosphère est calme et pacifique, à tel point
que les sports et les jeux peuvent être considérés comme spirituels, ils se
déroulent comme une cérémonie religieuse. C'est fantastique !
Vous avez remarqué un point particulièrement intéressant : lorsque les étudiants
du Collège de Brindavan, Bangalore, entrent en jeu, ceux de Prashanti Nilayam
applaudissent et les encouragent chaudement. Lorsque c'est le tour des étudiants
de Prashanti Nilayam d'exécuter leurs performances, ceux de Brindavan leur
donnent tout le support nécessaire. Il n'existe entre eux aucune rivalité
malsaine, aucun sens borné de la compétition. Il est uniquement question de
partager, d'être attentifs et d'exhiber leurs talents en face de Bhâgavan.
Cette sorte de fraternité entre équipes " rivales " est un signe
de bonne santé morale.
Vous constaterez également combien il est divertissant de compéter, sans que
personne ne soit vainqueur ou perdant. Bhâgavan a donné des coupes de la même
taille à tous les participants (rires). Qui était le premier ? Tout le monde
! Qui était dernier ? Personne ! Il s'agit d'un effort collectif, pas
individuel. Chacun a un rôle : ceux qui ont fait les découpages, ceux qui
ont monté les panneaux, ceux qui ont préparé les décorations, etc. Sous
cet aspect, c'est vraiment magnifique.
Mars 2002
Bhâgavan sortit comme d'habitude et me demanda gracieusement de Lui poser une
question.
- (A.K.) " Swami, comment se fait-il que toutes les personnes bonnes et
nobles de cœur doivent affronter des difficultés ? Pourquoi ? Toutes les
bonnes personnes passent par de grandes épreuves. "
- (Baba) " Ces choses te semblent des difficultés, mais pour ces
personnes, elles ne le sont pas, elles les prennent comme un défi. Elles
considèrent être soumises par Dieu à un test, afin de passer l'examen avec
succès. Elles ne voient pas les difficultés de la même façon que vous. Ces
gens ne considèrent pas les circonstances comme des épreuves, mais comme des
devoirs, des responsabilités.
Ensuite, tout en parlant aux étudiants, Swami matérialisa soudain un joyau,
ce que nous appelons cudamani. Le cudamani est un bijou spécial que les
femmes portent au sommet de leur front. Sîta le portait. Hanuman partit à la
recherche de Sîta et celle-ci lui confia son cudamani, afin qu'il le montre
à Râma, comme preuve de son identité ; sinon, comment aurait-Il eu la
preuve que Hanuman avait réellement vu Sîta. C'était un très beau bijou,
de grosse taille, serti de diamants. Swami nous l'a montré : " Ceci est
le bijou que Sîta portait sur sa tête ". Tout le monde fut surpris et
le regarda attentivement.
Puis dans le Kulwant Hall, sous la véranda, Swami était assis dans son
fauteuil au centre, avec à sa gauche le vice-recteur et d'autres membres de
l'Université, entre les deux lions de bronze. Ce jour-là, un autre homme était
assis en leur compagnie ; c'était un constructeur, un industriel d'une grosse
entreprise de constructions : la Nagarjuna Builders. Cet homme s'appelle Raju.
Swami parlait à tout le monde ; soudain, Il fit ondoyer Sa main et matérialisa
un gros fruit appelé atti pandu - figue sauvage -. Je suis enseignant de
botanique, mais j'ai honte de devoir reconnaître que j'étais incapable
d'identifier ce fruit.
- (Baba) " Anil Kumar, quel est ce fruit ? "
- (A.K.) " Je ne sais pas, Swami ! "
- (Baba) " Tu es botaniste et tu ne sais pas cela ! "
- (A.K.) " Je suis navré, Swami, mais je ne le sais pas. " (rires)
- (Baba) " C'est juste. Ce fruit ne croît pas ici, on ne peut pas en
trouver dans cette zone. Comment pourrais-tu le connaître ? Il a été apporté
d'un lieu que tu ne connais pas. "
Merci Swami ! Très bien ! Supposons que je ne puisse pas identifier un fruit
qui croît ici ; qu'en serait-il de mon prestige, en face des étudiants ? (rires)
Mais un fruit venu d'une région lointaine que je ne connais pas, peut-être
de l'Himalaya, comment puis-je le reconnaître ?
Swami demanda aux présents de regarder le fruit, puis Il le coupa en deux
parts et donna une moitié à ce Raju, l'industriel. Je pensai : "
L'autre moitié est peut-être pour moi " (rires) mais les choses ne se
passèrent pas ainsi. Baba donna l'autre moitié au vice-recteur et dit aux
deux personnes de manger le fruit immédiatement. C'est ce qu'ils firent.
- (Baba s'adressant à Raju) " Comment est ce fruit ? "
- (Raju) " Swami, j'ai visité tous les centres de pèlerinages de l'Inde.
J'ai mangé tous les fruits qui croissent dans ce pays, mais je n'ai jamais vu
un fruit semblable à celui-ci. Sa saveur est d'une douceur indicible. Tout
est doux jusqu'au nombril ! " Oh ! Il décrivit ainsi la profondeur de la
douceur et jusqu'où elle descendait !
- (Baba) " Vous ne trouverez ce fruit nulle part. Je voulais simplement
vous le montrer. "
Après cela, Bhâgavan raconta une petite histoire. Il y avait une grande fidèle,
nommée Hemireddy Malamma. Elle était mariée à un fou. Les gens pensaient
que le fiancé était fou, mais qu'il était Shiva en personne et que cette
Hemireddy Malamma était Parvati. Ils voyaient les jeunes mariés comme le
couple divin descendu sous une forme humaine. Les gens considéraient le mari
comme lunatique et malade mental, mais pour eux il était Shiva. La belle-mère
de cette Malamma lui rendit la vie difficile, comme font toutes les belles-mères.
Un jour, elle imposa à sa belle-fille de moudre quinze sacs de maïs. Il
fallait les moudre au mortier et avoir terminé le travail pour le lendemain
matin. Que pouvait faire cette pauvre femme ? Le lendemain, lorsque la belle-mère
arriva, à sa grande surprise, elle trouva les quinze sacs bien moulus.
Comment était-ce possible ? C'était parce que son fou de mari était Shiva
en incognito. Swami conclut : " Dieu exprime Sa divinité de la façon
qu'Il choisit et qu'Il préfère. Celui que vous appelez " fou " est
réellement Dieu. C'est ainsi que Dieu Se manifeste. "
Ensuite, Bhâgavan parla en style poétique, car ce Raju est écrivain. Il
fallait donc lui faire savoir que Dieu est poète ! Il dit : " Quelle est
la vraie beauté d'un village ? C'est un groupe de maisons " En bon poète,
Swami choisissait des mots spéciaux : grama - le village - et griha - les
maisons -. Donc griha constitue l'embellissement du grama. Nous avions notre
plein de sourires et de métaphores.
" En quoi consiste la beauté d'un océan ? La beauté de l'océan réside
dans les fortes ondes de sa surface. Et celle du ciel ? Les étoiles
scintillantes ajoutent à la beauté du ciel. Qu'est-ce qui constitue la beauté
du paon ? Ce sont ses plumes colorées ! " Swami composa un poème et
expliqua ceci.
Raju l'écrivain se leva, se prosterna aux pieds de Swami et dit : "
Swami, quel poète Vous êtes ! "
- (Baba) " Ah ! Bon ! Essayez-vous ! " (rires)
Bhâgavan démontre clairement Sa Divinité ; Il est médecin en compagnie des
médecins, Il est ingénieur parmi les ingénieurs ; Il est écrivain et poète
en compagnie des érudits ; Il est un diamant à mille facettes.
Peu après, Swami regarda un médecin du Super Speciality Hospital et demanda
:
- (Baba) " Alors, docteur, qu'est-il arrivé à ce patient ? "
- (Docteur) " Il va bien, Swami ! "
- (A.K.) " Swami, qu'y a-t-il de particulier dans son cas ? "
- (Baba) " Un patient a été admis dans notre hôpital. Il est affecté
de troubles cardiaques, ses poumons sont malades et par-dessus le marché, il
a un cancer à l'estomac. Dans son état, tous les hôpitaux le refusaient.
Qui prendrait un tel risque ? Même dans notre hôpital, les médecins dirent
: " Swami, ce malade ne survivra pas ; il vaudrait mieux le renvoyer chez
lui, afin qu'il meure en paix. " Mais Je leur répondis : " il n'en
est pas question. Acceptez-le dans l'hôpital et donnez-lui les traitements nécessaires
". Ils n'avaient pas le choix. Ils durent lui faire une opération qui a
duré huit heures. "
Swami resta là jusqu'à ce que l'opération soit achevée. Le soir même, Il
s'informa de l'état du patient. Les médecins dirent qu'il allait bien. Un
patient qui n'avait plus aucun espoir de s'en sortir, se reprenait peu à peu
! Là, c'est le travail de la main invisible de Bhâgavan ! Swami fit une déclaration
que nous devrions tous garder en mémoire : " Là où est Dieu, la
victoire est certaine, le succès est assuré. Aussi ne pouvez-vous pas
refuser de traiter un patient. "
Cette affirmation implique que Baba est Dieu.
Swami raconta une petite histoire. Un grand érudit était extrêmement pauvre.
Il n'avait pas de quoi se nourrir correctement tous les jours et il n'arrivait
pas à maintenir sa famille. Chaque jour, il donnait un discours sur la Bhâgavad
Gîta dans un temple et vivait une vie de démuni. Certains jours, il était
furieux avec la vie et il tombait même en dépression, c'est naturel. Nous
sommes humains, n'est-ce pas ; il nous arrive de nous sentir frustrés.
Parfois la vie est décourageante. Comme nous sommes ici, nous sortons
rapidement de ces périodes, mais dans nos pays d'origine, nous aurions peut-être
besoin d'un psychiatre. Ainsi, cet érudit très pauvre était profondément déprimé
et frustré. Il tira un verset de la Gîta :
Ananyas cintayanto mâm
Ye jnaâh paryupâsate
Tesâm nityâbhiyuktânâm
Yogaksemam vahâmyaham
A ceux qui M'adressent leur adoration
Sans aucune autre pensée,
Toujours unis à Moi,
J'assure ce qu'ils ne possèdent pas
Et préserve ce qu'ils possèdent.
(Bhâgavad Gîta 9, 22)
Il arracha ce verset de son livre et le déchira en morceaux. Pourquoi ? Il
dit mentalement à Krishna : " Je pense à Toi, je parle à Ton sujet,
mais je vis dans la misère. Tu as promis de prendre soin de moi, mais Tu ne
le fais pas ! " Il déchira donc le verset de la Gîta. C'était un geste
compréhensible ; mais il ne s'en arrêta pas là : il prit une lame de rasoir
et coupa le livre avec un sentiment de vengeance. Après cela, il se coucha.
C'était l'après-midi et l'homme fit une sieste.
A ce moment-là, deux garçons se présentèrent à sa maison, l'un au teint
très clair et l'autre un peu plus sombre. La femme de l'érudit les reçut et
leur demanda : " Que désirez-vous, mes enfants ? " Un garçon dit :
" Madame, nous sommes venus pour donner deux sacs de riz. Nous avons reçu
l'ordre d'apporter ici ces deux sacs. Permettez-nous de les déposer ".
Ils posèrent les sacs de riz dans la maison et se lamentèrent auprès de la
femme : " Voyez, madame, votre mari n'est pas une bonne personne " -
" Que dites-vous ? " - " Il nous a fait des entailles dans le
dos avec une lame de rasoir. Vous voyez ? Nous saignons ! " La femme s'écria
: " Non, c'est impossible ! Mon mari n'est pas un homme de ce type. C'est
un prédicateur, il fait des discours sur la Gîta. Il n'est pas violent ; il
ne blesserait jamais personne à coups de lame ! " - " Regardez ce
que votre mari nous a fait ". Sur ces mots, les deux garçons prirent
congé d'elle et partirent.
Après un sommeil profond, l'érudit se leva et entra dans la maison. Il vit
les deux sacs de riz et appela sa femme : " D'où viennent ces sacs ?
" - " Deux garçons sont venus les apporter, disant qu'ils avaient
reçu l'ordre de les poser dans notre maison. " - " Oh ! Qui sont
ces garçons ? " demanda le mari. " Pourquoi me poses-tu cette
question ? Ce sont ceux à qui tu as coupé la peau du dos avec une lame de
rasoir " - " Moi ? Couper la peau du dos ? Je n'ai jamais rien fait
de semblable ! Comment sont-ils ? Quel est leur âge ? " - " Ils
sont très jeunes, l'un au teint clair et l'autre un peu plus foncé ".
L'érudit comprit alors que le garçon au teint sombre était Krishna et celui
au teint clair était Balarama, son frère. Alors il se prosterna aux pieds de
son épouse et dit : " Quelle chance as-tu ! Tu as vu Krishna et Balarama.
J'ai parlé au sujet de la Gîta pendant tant d'années, mais je n'ai pas eu
cette chance ! "
Bhâgavan conclut cette histoire en disant : " Ceux qui trouvent refuge
aux Pieds du Seigneur ne se verront jamais rien refuser en ce monde, ils ne
seront jamais dans la misère, car Dieu prendra soin d'eux, puisqu'ils
s'abandonnent totalement à Lui. "
Bhâgavan parla ensuite de deux personnages, l'un du Mahabharata : Bhîsma et
l'autre du Râmayana : Vibhishana. Swami dit : " Vibhishana est plus
noble que Bhîsma. Bhîsma, cet homme célèbre, ce grand érudit et cet
expert en archerie, cet homme profondément ascétique, est inférieur à
Vibhishana, tout simple et ordinaire qu'il est ".
- (A.K.) " Pourquoi, Swami ? "
- (Baba) " Après avoir appris quel mauvais acte son frère Râvana
commettait, Vibhishana l'attaqua immédiatement et lui dit : " Tu ne
devrais pas faire cela ; tu ne devrais pas enlever la femme d'un autre homme.
C'est une faute grave. Si quelqu'un faisait la même chose à ton égard, ne
serais-tu pas furieux ? " Il s'opposa à lui et voulut lui donner une leçon,
mais Râvana refusa d'écouter. Alors, Vibhishana le quitta et se rendit à Râma.
Bhîsma, en dépit de sa grandeur, continua à fréquenter les Kauravas, ces
êtres brutaux. Il ne quitta jamais leur compagnie. Ainsi, on peut être avisé,
avoir de l'expérience, de l'érudition ou être expert en n'importe quel
domaine, si l'on continue à soutenir les mauvais sujets, nos qualités seront
toutes annulées. Par contre, vous pouvez être simples et ordinaires, mais si
vous quittez vos parents et amis lorsqu'ils sont mauvais et que vous vous
abandonnez à Dieu, vous êtes réellement plus grands que n'importe quel
homme puissant en ce monde. "
Swami cita un autre exemple. Je voudrais que vous écoutiez tous attentivement,
car ceci contient une leçon. Vous avez certainement entendu parler de King
Kong (rires) Oui, King Kong ! Un type bien développé, une espèce de boxeur
; ce King Kong tout chair et muscles, incapable de soulever son propre poids,
faisait chaque matin des exercices pour maintenir son corps en forme (rires),
un corps semblable à une montagne de chair. Un jour, alors qu'il était engagé
dans ses exercices physiques, une jeune fille passa dans la rue ; elle lança
un regard à cette créature étrange, pleine de muscles et elle se mit à
rire, car King Kong ne portait que des shorts. Plus la jeune fille riait et
plus King Kong devenait furieux : " Pourquoi se moque-t-elle de moi ?
" Il était prêt à lui administrer un ou deux coups de poing (rires) La
jeune fille riait de plus en plus. King Kong lui demanda : " Qu'y a-t-il
de si risible ? " La fille répondit : " Monsieur, vous avez une si
grande force musculaire, mais vous n'arrivez pas à contrôler votre colère !
A quoi sert ce corps ? Il est tout à fait futile, car vous n'êtes pas en
mesure de maîtriser vos humeurs !
Après tout, si une fillette rit de vous, qu'y perdez-vous ? Vous ne perdez
pas un gramme de chair. Alors, pourquoi vous fâchez-vous ? " A ces mots,
King Kong réalisa son erreur.
Swami ajouta : " Mes enfants, il ne suffit pas d'avoir de la force
physique ; il ne suffit pas d'avoir un esprit en alerte. Ce qui importe
vraiment, c'est de vous contrôler et de maintenir votre équilibre mental
".
Après cela, Bhâgavan se tourna vers le Directeur du Collège et dit : "
Prenez soin de nos enfants ; veillez à ce qu'ils étudient correctement,
qu'ils soient en bonne santé et robustes. Si Mes étudiants sont heureux, Je
le suis aussi. Nos institutions ne sont pas une affaire commerciale, elles
n'apportent aucun profit. Non ! Ne comparez pas nos institutions à d'autres,
non ! Nous sommes totalement différents. Je ne veux pas que vous réalisiez
des bénéfices ni que vous fassiez du commerce. Je veux que vous veilliez à
ce que nos enfants soient vigoureux et en bonne santé, c'est cela qui importe.
Nos garçons devraient assimiler les valeurs morales, bien plus que les matières
d'enseignement. C'est dans cette optique que J'ai institué ces collèges.
Un professeur se leva tout à coup et dit quelque chose à Swami. "
Swami, il s'est passé ceci et cela. " Swami répondit immédiatement :
" Je sais, pourquoi Me le dites-vous ? Où suis-Je ? Je sais tout. "
Sans proférer un mot, je pensai : " Comment le savez-Vous ? " Baba
dit : " Qui enseigne à nager à un poisson ? (rires) Il n'est pas nécessaire
de Me raconter les choses ni de Me les enseigner. Je sais tout. "
Ainsi, Bhâgavan répondait aussi à ma question tacite.
Par ceci, nous terminons la conversation de ce jour. Nous continuerons à la
prochaine session.
Om Sai Râm